Economie

Projet Biomasse, une valse à trois temps Energies 400 - Stéphane Conty

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Après avoir annoncé la transformation du groupe 4 de la centrale thermique en unité biomasse (bois) en mai dernier, le groupe E.On a remis le projet en question et menacé de supprimer une vingtaine d’emplois à Gardanne. Face à la forte mobilisation syndicale, l’intervention des élus de la ville et à l’implication du Préfet Parant et du Sous-préfet Lucchesi, E.On a fait marche arrière.

C’EST EN 2001 que la Société Nationale d’Électricité Thermique (Snet), unité de production électrique issue de Charbonnages de France dont fait partie la centrale thermique de Gardanne/Meyreuil, est privatisée. En 2004 la Snet passe aux mains du groupe espagnol Endesa, puis en 2008 est vendu au groupe allemand E.On.

Celui-ci envisage aujourd’hui de transformer le groupe 4 de la centrale de Gardanne qui utilise le charbon comme combustible, en unité biomasse fonctionnant à partir de plaquettes de bois, de déchets verts et de bois de récupération, soit environ 850000 tonnes de combustible par an, projet que le groupe confirme au mois de mai 2013.

EN PARALLÈLE, E.On France engage un plan social qui prévoit la suppression de 215 emplois au sein des sites de la Snet, qui est suspendu par le Tribunal de grande instance de Paris (lire énergies 399). A cette nouvelle, la direction d’E.On France annonce la fermeture de la tranche 4 de Gardanne, l’abandon du projet biomasse ainsi que la fermeture de quatre autres groupes de production électrique en France, soit 535 emplois de supprimés dans le cadre de la loi de sécurisation de l’emploi.

Alors que les organisations syndicales se mobilisent de plus belle, le 21 juin le Maire Roger Meï interpelle le gouvernement en demandant que l’État intervienne pour qu’E.On tienne ses engagements sur le projet biomasse à Gardanne et revienne sur son plan social.

Le mardi 9 juillet un accord a finalement été conclu entre E.On France et les organisations syndicales. Dans un communiqué la CGT précise que l’accord prévoie notamment « la validation de la réalisation du projet biomasse à la centrale de Gardanne, l’étude des possibilités industrielles sur le site d’Émile- Huchet en Lorraine, un engagement de maintien d’emploi jusqu’en 2015 sur les unités de productions soumises aux directives environnementales européennes, un engagement sur des études de reconversions des unités en arrêt d’exploitation ainsi que l’engagement de l’État à veiller à la bonne application de cet accord. »

LE PROJET BIOMASSE va permettre de pérenniser 68 emplois à la centrale de Gardanne. « C’est un grand projet pour la région, qui va favoriser la mise en place d’une filière forestière avec des dizaines d’emplois à la clé, souligne Roger Meï. Il faut aussi favoriser l’utilisation de chaudières à bois comme nous en avons à Gardanne, et la production de plaquettes et pellets. C’est un marché important qui est en train de voir le jour qui doit toutefois s’accompagner d’une saine gestion de la ressource forestière. »

Pour l’heure les travaux, dont notamment le démantèlement de la chaudière à lit fluidisé circulant, sont en cours sur le groupe 4, le démarrage du projet biomasse étant prévu pour début 2015.