Economie

Les salariés de Rio Tinto arrivent à un accord Energies 379 - Stéphane Conty

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Mobilisés pour obtenir des garanties de Rio Tinto Alcan suite à sa décision de vendre son activité d’alumines de spécialités en Europe, les salariés de Gardanne ont partiellement obtenu gain de cause après d’âpres négociations.

Après l’annonce de la vente par Rio Tinto Alcan (RTA) de son activité d’alumines de spécialité en Europe au fond d’investissement HIG European Capital Partners, les salariés de l’usine s’étaient mobilisés à travers un mouvement de grève les 6 et 7 juin pour s’assurer de la survie de leur entreprise et réclamer des garanties.

Le 26 juin dernier les représentants de l’intersyndicale CFDT, FO, CGT et CFE-CGC ont donné rendez-vous devant l’entrée du site aux salariés de l’usine, pour leur faire part du résultat des négociations menées la veille avec les directions d’Aluminium Pechiney (filiale de RTA) et d’Alumines de Spécialité Gardanne (direction locale). L’entrée de l’usine de Gardanne dans le giron d’HIG European Capital Partners au sein d’une nouvelle entité, impliquait pour les salariés une complète remise à plat des accords d’entreprises passés avec RTA.

Et comme le volet social était absent des accords passés entre les deux sociétés, l’un des points majeurs de la négociation pour les syndicats portait sur cette question comme le précise Christian Merono, délégué FO et porte-parole de l’intersyndicale : « On partait d’une page blanche. Pour eux tout était réglé puisque HIG s’était engagé à ce qu’il n’y ait pas de réduction d’effectif ni de restructuration. Mais comme rien n’était précisé sur le volet social, il était hors de question que nous ne discutions pas de ce point avec eux, d’autant que l’expertise indépendante que nous avons commandée montre beaucoup d’incertitudes sur la viabilité de leur projet ».

Concernant les accords d’entreprise, suite aux négociations menées avec la direction du site, ils ont presque tous été reconduits. Pour l’ensemble des salariés l’intersyndicale a également obtenu une augmentation de 35 € de la participation patronale sur la mutuelle, ainsi qu’une prime de sortie de groupe de 4000€ par agent et une prime spécifique de sortie d’Aluminium Pechiney de 2 000 €.

« Nous avons également demandé à Rio Tinto une provision sociale en cas de fermeture, explique Christian Merono qui précise, en espérant qu’on n’ait jamais à l’utiliser ! » Rio Tinto a accepté de provisionner un fond de revitalisation pour un montant d’un million d’euros jusqu’en 2016.

Autre sujet mis sur la table des négociations par les syndicats, la question du comité d’entreprise (CE) qui doit être scindé en deux entités distinctes. A l’issue des négociations, la dotation au CE qui représentait 4,86 % de la masse salariale a été reconduite. Aluminium Pechiney a en outre pris en charge les frais engendrés par cette cession.

Le seul recul notable sur l’accord d’entreprise est la disparition du congé de fin de carrière (CFC) qui permettait une retraite anticipée, il concernait 24 salariés à Gardanne. Toutefois les nouveaux accords ne deviendront effectifs qu’après les élections du nouveau CE en septembre et sa mise en place début octobre. D’ici là, 9 des 24 salariés qui pouvaient bénéficier du CFC pourront quand même y recourir. Pour les autres, ils obtiennent en contrepartie une prime mensuelle de 200 € bruts.

Pour Christian Merono, « Nous sommes allés au bout de ce qu’on pouvait avoir. C’était risqué de rentrer dans un mouvement plus dur sans créer des risques de fermeture de l’usine. Nous avons conscience de faire quinze déçus, mais nous avons fait le choix du collectif. »