Le hip hop, de Gardanne à la cité des anges Energies n°472 - 4 avril 2017 - Jeremy Noé

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Un groupe de jeunes danseurs entre Gardanne et les Pennes-Mirabeau s’est qualifié pour un championnat de hip-hop à Los Angeles.

NE DITES PLUS « LES CH’TIS À LAS VEGAS, » MAIS « LES GARDANNAIS REPRÉSENTENT À L.A ! »

Cinq styles de danse différents, six minutes sur scène... et une énergie à vous atomiser n’importe quelle piste de boîte de nuit. C’est tout ce qu’il aura fallu à cette troupe de seize danseurs entre 9 et 15 ans, dont quatre Gardannais, pour gagner leur ticket vers la mégalopole américaine et participer à la finale du championnat de hip-hop World of Dance. Avec, éventuellement... un million de dollars à la clé.

Une belle récompense pour Youssef Tikellaline et Amine Belhassane, 24 et 23 ans, qui ont grandi tous deux à Gardanne, dans la culture hip-hop, jusqu’à fonder, avec Emmanuelle Calafat, la compagne de Youssef, deux écoles de danse en 2014 : Dance 4 peace à Gardanne, et Transcendance aux Pennes-Mirabeau. Lesquelles dispensent des cours de hiphop, dance hall, salsa, bachata, lady’s style (un hip-hop plus accessible aux femmes).

Ces influences se retrouvent dans la chorégraphie qui a valu au groupe, majoritairement féminin, de monter 3e et seul français sur le podium qualificatif junior du World of Dance en février dernier. « Avoir des jeunes qualifiés pour un championnat à Los Angeles, c’est énorme ! Lance Youssef. C’est un aboutissement après un travail fou et cinq ans de concours. Vous savez, pendant les vacances, les élèves se sont donnés à fond, on les avait de 14h à 19h tous les jours. »

Si Youssef et Amine nous confient voir déjà leurs petits protégés sur le podium à L.A, Emmanuelle, qui enseigne avec eux, est plus terre à terre : « Je ne veux pas qu’ils se disent que tout est fait. Le vrai travail commence maintenant, car tout le monde va nous attendre au tournant. C’est un milieu où il est difficile de garder sa place, beaucoup de groupes montent et dégringolent. Et comme dans tout concours artistique, il y a un facteur chance. Alors je relativise... »

HIP HOP AU FÉMININ

Les jeunes en question sont évidemment ravis. Ilana, 15 ans dont huit ans de hip-hop, explique : « Il y a aucun autre endroit où j’ai autant de sensations que sur scène. Je suis trop contente de ce qui nous arrive. C’est un rêve. Pas seulement d’aller aux États-Unis, mais aussi pour le niveau qu’il y aura en finale, pour apprendre de nouvelles choses. » Manon, 13 ans et sept de hiphop, complète : « d’abord j’ai fait du classique, c’était ma mère qui avait choisi mais ça m’ennuyait un peu... alors je me suis dirigée vers le hip-hop. Aujourd’hui j’ai besoin de danser. Je retrouve mes copines. Et puis ça m’aide à canaliser mon énergie. Sans ça je sais que je réussirais moins. J’aimerais devenir pédiatre, mais je sais déjà que pour ça il faudrait que j’arrête la danse pendant au moins un an. Là, j’hésite... »

Les Bratz Killer Crew (c’est leur nom de scène) s’envoleront pour la finale du World of Dance 2017 à Los Angeles en juillet.

Vous pouvez regarder leur vidéo qualificative sur Youtube ; mots clés World of Dance Bratz Killer. Et leur donner un petit coup de pouce pour les billets d’avion via un financement participatif sur https://www.leetchi.com/c/brats-killers-crew-wod

 

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