Economie

La centrale sous haute tension Energies 410 - Stéphane Conty

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Depuis plusieurs mois, une partie des salariés de la centrale thermique est en conflit avec la direction pour obtenir le maintien d’une vingtaine d’emplois statutaires au sein de l’entreprise. Le 27 janvier, deux responsables du syndicat CGT du site ont fait l’objet d’une mise à pieds conservatoire et d’une procédure vers un possible licenciement.

C’EST SOUS UNE PLUIE BATTANTE QUE LE 30 JANVIER DERNIER, salariés du site, syndiqués CGT des secteurs privés et publics et élus ont manifesté devant l’entrée de la centrale. En cause, la mise à pied conservatoire de trente jours avec perte totale de salaire et la convocation à un entretien préalable au licenciement dont font l’objet le secrétaire général et le secrétaire général adjoint du syndicat CGT du site.

Nicolas Casoni, le secrétaire général de la CGT à la centrale, dénonce une manoeuvre de la direction pour casser le mouvement de grève et détourner les salariés du site de leurs revendications. « Depuis septembre dernier nous alternons négociations et conflits avec la direction pour le maintien des emplois statutaires et l’abandon des externalisations. Depuis le 14 janvier nous avons déclenché une grève illimitée au service Manutention que la direction considère comme secondaire et qu’elle veut externaliser. Voyant qu’on ne cèdera pas et comme elle n’arrive pas à s’en sortir, la direction passe à l’offensive et s’attaque aux délégués syndicaux. Nous regrettons qu’il n’y ai pas de réactions des élus alors que va être versé de l’argent public dans le cadre du projet biomasse. Le gouvernement doit obliger E.On à assumer son rôle social du fait qu’il va percevoir de l’argent public et annuler les procédures à l’encontre des représentants du personnel. En ne faisant rien ils sont complices de ce qui se passe à la centrale. Mais nous on ne lâchera rien ! »

DANS UN COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 27 JANVIER, la direction d’E.On France explique sa décision par « La mise en cause des deux responsables syndicaux pour des suspicions de faits de harcèlement moral à l’encontre d’autres salariés de l’entreprise... Le groupe E.On a missionné un cabinet indépendant pour diligenter une enquête sur la réalité des faits. »

EN TOILE DE FOND REVIENT LA QUESTION DU PROJET DE BIOMASSE en cours de développement sur le site. E.On investit 240 millions d’euros pour convertir une tranche de production au charbon vers la biomasse (bois). Un projet pour lequel les pouvoirs publics doivent verser 2,6 milliards d’euros. Un projet soutenu par la commune de Gardanne comme le rappelle le maire, Roger Meï, présent à la manifestation avec certains de ses adjoints, aux côtés également du conseiller général Claude Jorda :

« Nous soutenons E.On dans sa reconversion du charbon en biomasse alors qu’il y a une levée de boucliers de maires, notamment du Luberon et du Var, qui craignent pour les forêts locales. Il ne s’agit bien évidemment pas de saccager nos forêts, mais de développer une filière qui soit respectueuse de l’environnement et créatrice d’emplois. Et là les salariés ont raison, le projet doit s’accompagner de créations d’emplois et d’un renforcement de l’emploi statutaire. J’ai appelé la direction d’E.On pour lui dire qu’en cette période où le projet biomasse est attaqué, l’essentiel est bien de préserver l’emploi. Dans ce conflit nous sommes aux côtés des salariés de la centrale, tout comme nous soutenons aussi ceux de LFoundry à Rousset. »

Au moment où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas les résultats de la rencontre entre la direction et les deux délégués convoqués. Nous y reviendrons prochainement.