Urbanisme

L’accessibilité, une préoccupation qui s’affirme Energies 355 - Stéphane Conty

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Pour que les personnes souffrant d’un handicap puissent vivre la ville au même titre que les autres, la commune a entrepris un programme pluriannuel de mise en accessibilité des bâtiments et autres installations municipales. Des aménagements qui d’ailleurs profitent aussi aux personnes âgées, femmes enceintes, personnes malades...

Aujourd’hui toute nouvelle construction doit légalement prendre en compte la question de l’accessibilité aux personnes handicapées, et l’existant doit être mis en conformité sur ce point. En 2005 la commune a réalisé un diagnostic d’accessibilité des bâtiments communaux, soit une centaine d’établissements recevant du public.

En 2010, elle a réalisé un ensemble d’aménagements avec notamment l’Hôtel de ville qui a fait l’objet d’importants travaux. Il a été équipé d’un ascenseur spécifique, de picots au sol pour faciliter le cheminement des non-voyants, de nouveaux sanitaires et d’un système de boucle magnétique destiné aux malentendants qui équipe l’accueil, l’état-civil et la salle du conseil municipal.

Autres réalisations de 2010, le bâtiment Bontemps dont la salle d’exposition a été rénovée a été mis aux normes en matière d’accessibilité. La piscine est pour sa part équipée d’un accès à l’eau pour les handicapés en fauteuil.

Entre 2010 et 2011, les écoles Château-Pitty au quartier Notre-Dame ainsi qu’aux Terrils Bleus et Frédéric-Mistral à Biver ont bénéficié d’aménagements avec, suivant les cas, révision de la hauteur des interrupteurs, lavabos et toilettes aménagés ou création d’une rampe d’accès.

Pour l’année 2011 un nouveau programme de travaux de mise en accessibilité est prévu et va concerner plusieurs installations communales et notamment la mairie annexe de Biver. A l’extérieur, les escaliers doivent être mis en conformité avec la pose d’une main courante et d’une bande d’éveil. L’entrée dans les lieux se fera via une porte coulissante automatique et le cheminement à l’intérieur du bâtiment sera matérialisé par des bandes de guidage.

Comme la salle du conseil à l’Hôtel de ville, la grande salle de réunion de la mairie annexe va être équipée d’une boucle magnétique, équipement destiné aux malentendants. Enfin, les sanitaires seront réaménagés en conséquence. Un ensemble de travaux pour un coût d’environ 18 000€.

En travaux jusqu’au mois d’août, le bâtiment des affaires scolaires situé rue Borély est lui aussi concerné par des aménagements PMR (personnes à mobilité réduite). Une place de stationnement réservée devant les locaux et une rampe d’accès faciliteront l’arrivée jusqu’à l’accueil. Dans le bâtiment tout est prévu au rez-de-chaussée pour faciliter la circulation des personnes handicapées, avec notamment des aménagements spécifiques de la salle de réunion et des sanitaires.

Située avenue de Nice, l’entrée du stade de la Palun va être équipée d’un portail automatique et 3 places de stationnement PMR normalisées sont prévues dans le projet. Depuis le parking un cheminement piéton longeant le stade permettra d’accéder aux terrains de tennis situés derrière. Ce cheminement d’1,80 m de large réalisé en stabilisé doit notamment permettre aux personnes à mobilité réduite de se rendre jusqu’aux deux terrains de tennis qui leurs sont accessibles. Le coût de ce projet est de 57 000€.

La commune est propriétaire de locaux au faubourg de Gueydan qui aujourd’hui accueillent l’association Contacts. S’agissant d’un bâtiment ancien, il est difficile de le rendre entièrement accessible. Toutefois le rez-de-chaussée va bénéficier d’une mise en accessibilité avec un changement de la porte d’entrée, la pose d’une rampe et d’une signalétique adaptée, soit un total de 15 000 € engagés par la Ville.

A Valabre, la Ville a mis un terrain à disposition de l’association Les jardins de Gaïa qui y a monté un projet de chantier d’insertion de maraîchage biologique. L’entrée principale, située chemin du Moulin du Fort, va être déplacée et un parking de dix places dont une PMR, réalisé. Un cheminement stable d’1,5 mètre de large donnera accès au point de vente. Un éclairage figure aussi au programme de ce chantier.

D’autres travaux seront réalisés plus tard sur lesquels nous reviendrons.

Didier Touat* : « L’important c’est que l’accessibilité soit réellement prise en compte »

Quelle est la situation actuelle en matière d’accessibilité ?
En France nous avons pris un tel retard dans ce domaine qu’il reste énormément de choses à faire. Depuis peu on progresse, et en étudiant la question on se rend compte que les aménagements réalisés pour les personnes handicapées servent aussi à d’autres comme les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, jeunes mamans... Évidemment ça coûte cher et l’État ne met pas plus que ça de moyens financiers. Pourtant c’est l’État qui devrait prendre ça en charge et non essentiellement les communes. Faire des lois c’est bien, mais mettre les moyens pour les appliquer c’est mieux.

Quels sont les grands axes de la politique communale dans ce domaine ?
A Gardanne nous avons mis les moyens que nous pouvions y consacrer. Et je dois dire que par rapport à d’autres communes, même bien plus grandes, ces investissements sont conséquents. L’accent est mis sur les écoles, car l’accès à l’éducation et aux loisirs est essentiel pour les enfants et les jeunes. Plus généralement, tout ce qui peut favoriser l’implication citoyenne est une bonne chose, c’est pourquoi l’Hôtel de ville et la Mairie annexe ont aussi été priorisés. Ce qui est important c’est que l’accessibilité soit réellement prise en compte dans toute nouvelle construction.

Y-a-t-il des écueils quant à la mise en application de la loi ?
Les communes ont jusqu’à 2015 pour se mettre aux normes. Mais ce n’est pas facile car il y a différents types de handicaps, et pour chacun d’eux différents niveaux. De fait, anticiper tous les besoins est difficile. Par exemple pour les travaux du Cours, tout est sensé avoir été pensé pour l’accessibilité face à tous types de handicaps. Pourtant il y a toujours des problèmes qui subsistent et dont on me fait part, ce qui se règle au cas par cas. Le plus difficile est finalement de faire évoluer les mentalités. Par exemple il y a encore pas mal de personnes qui ne respectent pas les places de stationnement PMR. Je tiens d’ailleurs à souligner le bon travail qui a été fait par la police municipale à ce niveau. On leur a demandé d’être attentif à ce problème et depuis la situation s’est nettement améliorée.

* Conseiller municipal délégué à la place des handicapés dans la ville