Gardanne, ville numérique Energies 488 - 15 février 2018 - Bruno Colombari

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Outre le déploiement de la fibre optique pour les particuliers, l’année 2018 va voir la mise en place du portail Citoyen, la poursuite de l’équipement informatique dans les écoles, des nouveaux services en ligne pour les habitants et un portail des projets participatifs.

La “ville numérique” avance. En créant une délégation en 2014, Roger Meï en a fait un des axes prioritaires de ce mandat. Quatre ans plus tard, l’équipement des sept écoles élémentaires est achevé, celui des six écoles maternelles commence. Les services municipaux changent de logiciels métier et intègrent la dématérialisation des démarches administratives pour simplifier la vie des habitants.

Le service des eaux, par exemple, propose depuis la fin 2017 de payer les factures en ligne et d’accéder à un historique de sa consommation. Le réseau de fibre optique, installé depuis quelques années pour les services municipaux, s’ouvre en 2018 aux particuliers. Dans les bâtiments municipaux, le contrôle d’accès par badge, déjà en place à la Maison de la vie associative, se généralisera. Et, depuis mi-février, a été mis en ligne le portail citoyen.

SIMPLIFIER LES DÉMARCHES ADMINISTRATIVES

Pour y accéder, le plus simple est de passer par le site de la ville (ville-gardanne. fr) et de cliquer sur l’onglet “portail Citoyen” qui a été ajouté sous l’actualité. Vous pouvez aussi le retrouver dans la rubrique “Vos démarches.” Si, à terme, plusieurs dizaines de démarches seront accessibles via ce portail, pour l’instant il y en a une douzaine, concernant l’accueil et l’état-civil (demandes de carte grise, d’acte de mariage, de naissance, de décès, pré-demande de carte d’identité, de passeport ou de permis de conduire) et les élections (préinscription sur les listes électorales, changement d’adresse, bureau de vote).

Tout au long de l’année 2018 s’ajouteront des démarches concernant la voirie, la sécurité, l’urbanisme, l’emploi, la culture et bien entendu l’éducation avec l’intégration du portail Famille dans le portail Citoyen.

La Ville a également rejoint le dispositif national Comedec (Communication électronique des données d’état-civil) mis en place par le ministère de la justice. « Le principe est le suivant : vous n’aurez plus besoin de produire un acte de naissance, par exemple, quand vous ferez une démarche. C’est le service état-civil qui fera la demande en ligne à votre commune de naissance. L’objectif est de simplifier les démarches, et aussi de lutter contre la fraude, » explique Karine Mascle, responsable des affaires générales et juridiques à la ville de Gardanne. Et en 2019, la simplification touchera l’inscription sur les listes électorales. Celle-ci sera possible jusqu’à un mois avant une élection, et l’inscription d’un électeur dans une nouvelle commune entraînera la radiation dans la commune précédente via un répertoire électoral unique qui sera géré par l’Insee.

ACCOMPAGNER LA PARTICIPATION CITOYENNE

La dématérialisation peut aussi accompagner la participation citoyenne. Les Conseils de quartier à Notre-Dame et prochainement dans le centre-ancien et à Collevieille sont amenés à échanger régulièrement avec la Ville pour régler des problèmes du quotidien, mais aussi préparer des animations, participer à des initiatives collectives... La structure Moderniser sans exclure, qui accompagne la Ville à Notre-Dame, travaille depuis l’automne à la conception d’un portail auquel tous les habitants auront accès et pourront voir ce qui se fait dans les quartiers. Et éventuellement y piocher de bonnes idées...

Questions à Véronique Sémenzin conseillère municipale déléguée au développement de la ville numérique

Énergies : En quoi la dématérialisation des démarches administratives améliorera-telle le service rendu aux habitants ?

Véronique Sémenzin : C’est accessible 24h/24 et 7j/7, c’est plus rapide, ça ne nécessite pas de se déplacer, et ça correspond au mode de fonctionnement de la plupart des habitants aujourd’hui. Mais évidemment, ça ne doit pas remplacer le fait de faire des démarches dans les services : il y aura toujours quelqu’un pour accompagner, renseigner, répondre aux questions. La volonté de la commune, c’est d’ajouter un nouveau service à ceux existants. Ça permet aussi aux gens qui en ont besoin d’être accueillis dans de meilleures conditions en face à face. Il ne faut pas oublier que chaque personne est un cas particulier, on ne peut pas apporter la même réponse à tout le monde. Le numérique, c’est un outil facilitateur, pas un frein.

É. : Qu’est-ce que ça implique pour la Ville en termes de matériel, d’équipement et de formation du personnel ?

V.S. : La numérisation des services nécessite de former les utilisateurs et de maintenir le matériel, c’est un travail supplémentaire qu’il faut anticiper et gérer, et ça a un coût pour la collectivité. La numérisation peut remplacer des démarches répétitives et fastidieuses et libérer du temps pour un accueil personnalisé, redonne de la disponibilité et recentre les services sur leurs missions. D’ailleurs, avant de numériser un service, il y a tout un travail préalable fait avec le personnel pour définir ses besoins. Le renforcement de la Direction des services informatiques, qui était indispensable, va dans ce sens.

É. : Où en est l’équipement des établissements scolaires ?

V.S. : Les écoles élémentaires sont désormais toutes équipées, avec pour chacune une salle informatique de quinze postes, des vidéoprojecteurs interactifs et des postes de travail pour les enseignants. C’est un déploiement qui s’est fait sur trois ans, depuis 2015. Cette année, on commence l’équipement des écoles maternelles, jusqu’à la fin de l’année 2019. Nous allons commencer en février avec Beausoleil, avec le câblage des salles (électricité et réseau). La Ville a fait le choix de ne pas installer de réseau wifi dans les écoles. Le système choisi, avec des serveurs centralisés, permet de limiter les pannes logicielles. Les retours que nous avons de la part des enseignants sont très bons.

Points de vue croisés

Maxime Breithaupt
Chargé de mission à “Moderniser sans exclure”

« En 2016, on a aidé la Ville à mettre en place le Conseil citoyen de Notre- Dame. L’idée, maintenant, c’est de déployer la démarche participative et de la structurer dans le temps. Les habitants dialoguent avec la Ville. Avec le portail des Projets participatifs sur lequel on travaille depuis octobre et qui sera mis en ligne au printemps, on pourra mieux communiquer sur ce qui est fait pour donner envie à d’autres habitants, dans d’autres quartiers, de participer eux aussi. C’est également un moyen pour la Ville de valoriser son action, et de faire de la pédagogie sur les contraintes de temps et de moyens liées à un projet. Ce portail, il est co-construit avec des membres de Conseils de quartiers, des services de la ville et des élus. »

Karine Rougon
Responsable du pôle dématérialisation à la ville de Gardanne

« Plusieurs dizaines de démarches ont été identifiées et seront présentes à terme sur le portail Citoyen. Toutes ne sont pas prêtes immédiatement, mais le choix a été fait de mettre en ligne le portail avec ce qui est actuellement disponible. Nous avons fait une étude sur ce qui existe dans des villes de taille équivalente. Ensuite, on fait du sur-mesure, en s’appuyant sur ce qui existe dans les formulaires papier. C’est ça qui prend du temps. La dématérialisation des démarches, ça touche aussi à l’organisation des services, il faut former les personnels, tester les formulaires. La plupart du temps, on profite d’un changement de logiciel métier (pour la comptabilité, l’état-civil, les services techniques, la police municipale...) pour ajouter la dématérialisation. On répond aux besoins des services, on étudie les possibilités et on s’adapte. »

Raymond Schiano,
Habitant, membre du Conseil de quartier centre-ancien

« J’habite dans la vieille-ville depuis 1995. J’ai participé à des réunions pour mettre en place un Conseil de quartier par l’intermédiaire de l’association “Contacts,” où je suis bénévole. On travaille sur le mode de fonctionnement en groupe, le respect des temps de parole de chacun. Je participe aussi au groupe de co-construction du site web pour les Conseils de quartier. Au début, je n’étais pas sûr de pouvoir y apporter quelque chose, mais je trouve intéressant l’idée de donner de la visibilité à ce qui est fait dans les quartiers, surtout si d’autres Conseils de quartier se créent prochainement. Pouvoir faire des démarches en ligne, c’est utile, mais il y aura toujours besoin d’un contact humain, les deux vont coexister à l’avenir. »