Jeunesse

De Gardanne à Bobodioulasso Energies 375 - Carole Nerini

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Samedi 21 avril, l’association “Street Elements Factory” et le service Jeunesse ont invité le public et les partenaires à assister à une rencontre autour du projet d’échange culturel mené à bien le mois dernier au Burkina Faso. En soirée, Adama Dramé a donné un concert au profit de la campagne de vaccination contre la méningite, au Hang’art. L’histoire continue...

Dans la ceinture subsaharienne, du mois de mars jusqu’à la saison des pluies, la méningite fait des ravages, terrassant des milliers de personnes chaque année. La solution existe pour mettre un terme à ce fléau, mais elle coûte cher. Au Burkina Faso, ceux qui en ont les moyens se font vacciner, les autres achètent un sac de riz qui permettra à toute une famille de ne pas mourir de faim...

C’est dans ce contexte et pour venir en aide aux enfants, orphelins plus particulièrement, que 5 ans après leur premier séjour en Afrique, les jeunes membres de l’association Street Elements Factory ont rejoint le Burkina Faso autour d’un grand projet où les échanges culturels au service de la santé se sont enchaînés. Tout a débuté en 2007 où deux danseurs hip-hop de l’atelier du service Jeunesse décident d’un échange autour des cultures urbaines au Burkina Faso.

Accueillis par Adama Dramé, grand maître du djembé et fondateur du centre Sindi international sur place, le désir de pérenniser cette collaboration se renforce. A l’époque, il est nommé Citoyen d’honneur de la ville de Gardanne par Roger Meï où il est depuis 2002 accueilli chaque année pour des rencontres culturelles, mais également pour rendre compte de la situation épidémiologique du pays.

Lors d’une soirée organisée le 21 avril, les partenaires et les jeunes ont entendu la plus belle des récompenses : « Depuis cinq ans, les pouponnières et orphelinats qui sont au centre de ce projet n’ont plus connu de décès dus à la méningite, les remercie Adama Dramé. Les campagnes de vaccination sont difficiles à mettre en oeuvre là-bas, la santé n’est pas la priorité du gouvernement burkinabé et je suis fier que cette collaboration culturelle permette un début de prise de conscience. Il faut continuer nos efforts. Tout ce que vous apportez sauve des vies. »

Autour de photographies qui en disent long, de panneaux explicatifs, de reportages effectués durant le séjour, Roger Meï est fier de l’implication de ces jeunes. « On voit ici des images d’une belle initiative comme on n’en voit pas à la télévision. Adama, la municipalité a eu raison de te faire confiance et de croire en la solidarité de ces jeunes. Tu es sur le terrain, tu es un lien direct entre nos actions ici et leur réinvestissement au Burkina auprès des enfants. Il est important que les jeunes aient pu se rendre compte où va l’argent.  »

Entre 2007 et 2012, Amine, Youssef, Mohamed, Kamel, Mehdi, Nicolas, Mokhtar, Anouar et Anne ont eu raison d’y croire. Mener à bien un tel projet n’est pas facile, il y a eu des moments de démotivation qui ont été remarquablement dépassés grâce à leur volonté et aux aides qu’ils ont reçus. Comme ils le soulignent, « on a eu la chance de trouver sur notre chemin des personnes, des associations, des institutions qui nous ont poussés à continuer malgré les difficultés. Nous avons organisé des rencontres culturelles pour récolter des fonds. Nous avons également eu la chance de rencontrer Christine Verilhac, responsable du CCFD à Gardanne, parrain de notre projet. Ce séjour n’aurait pu se dérouler sans l’aide humaine et financière de la JSI, un dispositif du Ministère des Affaires étrangères, du Lion’s club, de la ville de Gardanne, du centre socio-culturel Jean-Paul-Coste, des associations All school, Solidarité pour tous, Break 2 mars, Street’art, de la société Signe et bien entendu du centre Sindi international. »

Entre le 28 février et le 13 mars, le groupe a vécu des moments très forts. Dans le documentaire retraçant leur séjour, des images sont encore difficiles à regarder, l’émotion est palpable et les souvenirs bien présents. Sur place, ce projet d’échanges culturels leur a notamment permis de découvrir les orphelinats pour lesquels ils ont oeuvré en France pendant cinq années, mais aussi de proposer des stages de danse hip-hop, de mettre en place des activités sportives et d’autres autour de la photographie et du lightgraff, de participer à une grande fête culturelle autour d’Adama Dramé et de ses 46 ans de carrière musicale.

« Ce voyage nous a fait grandir, on a compris beaucoup de choses, on a reçu une leçon de tolérance, confie le groupe. Depuis notre retour, on se demande comment fait-on pour se plaindre après ce qu’on vient de voir ? Les classes à 120 élèves, dès qu’ils voient un ballon, un appareil photo, c’est l’euphorie ! Les différentes religions cohabitent, ça nous a fait réfléchir. »

Une chose est sûre, ces jeunes ne sont pas partis faire du tourisme. Lors des rencontres sportives, les trois animateurs du projet ont vu arriver... 500 enfants ! « Trois animateurs, 500 gamins qui courent partout plus la barrière de la langue, c’est impossible ! » entend-on sur la vidéo. Mais ils ont su s’adapter. Autour du breakdance, les habitants sont assidus, « on n’avait jamais vu ça ailleurs qu’à la télé, » déclarent les participants.

L’échange autour du slam initié par les Burkinabés restera à jamais gravé dans leur mémoire. Aujourd’hui, le groupe est plus motivé que jamais à poursuivre ses actions et ce partenariat. « Avoir vu ces enfants sans famille, se dire que c’est peut-être grâce à nous qu’ils sont encore en vie, c’est très touchant. » Tout ce qu’ils espèrent, c’est ne pas attendre cinq ans avant de repartir.

Ce même soir du 21 avril, après la rencontre, le service municipal de la Jeunesse a organisé un concert au Hang’art au profit des actions contre la méningite avec Adama Dramé, Antoine Bordage au piano,Thibault Maudru à la batterie, Seydou Dramé aux percussions, Patrick Cascino au piano, Charlie Thomas à la contrebasse, Miloud Achir aux percussions et Seydou Abatcha humoriste et comédien.

A la danse les membres de l’assocation Street Elements Factory  : Kamel - Youssef - Amine
- Kamel - Médhi - Mohamed en présence de plus de cent personnes. Au total 875 euros ont été récoltés. D’autres projets sont d’ores et déjà à l’étude pour pérenniser cet échange et permettre à l’association Street Elements Factory de poursuivre cette action de solidarité, humblement.