Centrale thermique, taxe carbone : les salariés débrayent Energies 455 - 25 mai 2016 - Jeremy Noé

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On pensait la centrale thermique, désor -mais propriété d’Uniper, à l’abri avec l’opération biomasse. Le répit aura été de courte durée. À l’occasion de la Conférence pour l’environnement 2016, fin avril dernier, le gouvernement a fait savoir sa volonté de taxer fortement l’utilisation des énergies fossiles. Le site de Gardanne tournant encore en grande partie au charbon, ce dispositif « renchérira les coûts de production d’électricité produite à partir du charbon, » a rapidement réagi la direction d’Uniper (soit de 35 à 60€ le MW/h), ajoutant : « Sans mesures d’accompagnement, Uniper France ne sera pas en mesure de pérenniser son activité sans prévoir la mise en oeuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi qui devra inclure un nombre significatif de départs contraints. »

De quoi faire bondir les salariés de la centrale, qui, par la voix du syndicat CGT, ont dans la foulée de ces déclarations dénoncé « un chantage à l’emploi » et avancent : « Le cas de la centrale de Gardanne est exemplaire. En terme d’emplois, une centaine est menacée. En terme d’approvisionnement énergétique, l’usine est en situation de pivot pour la région. L’histoire récente de l’hiver 2012 le montre : les salariés grévistes ont été réquisitionnés pour que la Provence ne subisse pas un black-out électrique. » Une grande partie des salariés a ainsi observé un journée de grève le 10 mai pour manifester son inquiétude au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence.

Le lendemain, Roger Meï, rangé à leurs côtés, saisissait dans un courrier le Premier ministre Manuel Valls, la Région, le Département : «  Dans notre région très marquée par un déficit de la production électrique, la centrale de Gardanne est la seule à fournir Nice et tout l’Est de notre territoire. Il est incompréhensible de mettre en péril cet outil industriel et la pérennité de ses emplois. » À l’heure où ce numéro partait à l’impression le maire se rendait à la centrale pour soutenir un nouveau débrayage d’une semaine.