Budget en crise, Gardanne résiste Energies 448 - 10 février 2016 - Jeremy Noé

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L’effort d’austérité demandé aux communes par l’État et les effets des réformes territoriales se traduisent par une perte de cinq millions d’euros de budget pour Gardanne entre 2013 et 2016. Un manque à gagner qui laisse craindre pour l’autonomie de la Ville dans les années à venir. Celle-ci se bat pour limiter les dégâts auprès de la population et développer ses projets.

ONZE MILLIARDS, CE SONT LES ÉCONOMIES DEMANDÉES PAR L’ÉTAT AUX COLLECTIVITÉS TERRITORIALES JUSQU’EN 2017. Très concrètement, Gardanne a perdu cinq millions d’euros entre 2013 et 2016, quand son budget (hors investissement) est d’environ quarante millions d’euros annuels. Un sacré trou dans le portemonnaie que la Ville a pris à bras le corps, en demandant depuis plusieurs années à l’ensemble de ses services municipaux de baisser leur budget sans sacrifier à la qualité du service public municipal : la qualité des repas à la restauration scolaire, les transports de la maternelle au lycée, l’aide aux personnes âgées et dépendantes, l’entretien des rues...

Cette situation financière inédite dans l’histoire des communes (et dont rien ne dit qu’elle ne perdurera pas) se couple à des réformes administratives qui voient les compétences municipales petit à petit absorbées par la communauté d’agglomération et bientôt la métropole. Ces compétences enlevées des communes se voient elles aussi très logiquement accompagnées de baisses de crédits.

TOUS LES SERVICES SONT MOBILISÉS

« Ce qu’il faut retenir du graphique ci-dessous, c’est la baisse de la fiscalité directe des entreprises (en bleu) au profit des compensations fiscales de l’État (en rouge), explique Rachid Abdelali, à la direction des finances de la ville. Les recettes fiscales, comme la taxe professionnelle supprimée en 2010 par l’État, sont les recettes “historiques” sur lesquelles les villes avaient un vrai pouvoir de décision puisqu’elles agissaient sur les taux. En outre c’étaient des recettes qui étaient mécaniquement en augmentation année après année. Les compensations de l’État qui viennent remplacer ces recettes sont figées, n’offrent pas de croissance et la Ville n’a aucun pouvoir sur elles. »

On observe ce phénomène deux fois dans le diagramme ci-dessous : en 2011, après la suppression de la Taxe professionnelle, et en 2014, après l’entrée dans la Communauté d’agglomération, en attendant prochainement les effets de l’intégration de la ville dans la Métropole avec moins de rentrées d’argent, et moins de pouvoir de décision... La Ville craint pour son autonomie et sa capacité à rendre un service public de qualité accessible à tous.

À deux mois du vote du budget 2016, ces éléments sont sur la table des élus et des chefs de service. Tous sont à l’offensive pour travailler à des budgets réduits qui ne pénalisent pas les ménages déjà durement éprouvés par la crise, et lancer la réflexion pour une meilleure adéquation du service public avec les attentes des habitants, sans avoir recours à l’emprunt.

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