Environnement

Biogaz : écologique et économique Energies 391 - Stéphane Conty

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En septembre 2011 a démarré sur la décharge de La Malespine la production d’électricité à partir du biogaz. Un projet de la municipalité visant à produire autant d’électricité qu’elle en consomme sans effet de serre. Pour l’heure, cela représente une économie de l’ordre de 60 000 € sur le budget communal.

C’est en 2009 que la Semag, Société d’économie mixte d’aménagement de Gardanne et sa région, a lancé un partenariat avec Verdesis, une société du groupe EDF énergies nouvelles, pour une valorisation électrique et thermique du biogaz capté à la Malespine. Le biogaz est produit par la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l’absence d’oxygène. Cette fermentation appelée aussi méthanisation, se produit dans les décharges contenant des déchets organiques.

« Sur le site de La Malespine le biogaz est capté à l’aide de puits de forage et de drains horizontaux, et jusqu’à la mise en place de l’unité de production électrique il était brûlé à l’aide de torchères, commente Jean-François Velly, Directeur de la Semag. Parmi les possibilités envisagées pour répondre à l’attente de la Ville de contribuer à la lutte contre l’effet de serre et à l’utilisation d’énergie renouvelable, c’est la production d’électricité qui est apparue comme la plus intéressante au regard du contexte et de la localisation du site. Dans le cadre de cette exploitation, nous avons d’ailleurs obtenu les certifications de qualité ISO9 001 et environnementale ISO14 001. »

Grâce à la mise en place d’un moteur de 843 kWh, la production électrique générée représente les besoins d’environ 2 600 personnes, et chaque année, c’est l’équivalent de 1 950 tonnes de CO2 qui ne sont pas rejetés dans l’atmosphère. L’unité de Gardanne est à ce jour la plus performante des unités de Verdesis qui compte plus de trente sites en Europe, dont cinq dans la région Paca. « Nous disposons d’un procédé exclusif de traitement du biogaz par couches de charbons actifs. Il préserve l’environnement tout en maintenant les rendements moteur initiaux, ainsi que la possibilité d’utiliser les lixiviats, le liquide résiduel qui provient de la percolation de l’eau à travers les déchets, pour refroidir le moteur qui produit l’électricité, » explique Loïc Campillo, technicien supérieur de maintenance chez Verdesis, qui suit le site de Gardanne.

En 2012 la Semag a réalisé 250 000 € d’investissements pour la réalisation d’un réseau de drains pour capter le biogaz du nouveau site de stockage des déchets. « L’augmentation du biogaz aspiré va nous conduire à adapter la puissance du moteur ou compléter le moteur actuel par des turbines, » souligne Loïc Campillo. Le site fait l’objet d’une surveillance permanente de la part de la Semag et de Verdesis, qui sont équipés de moniteurs de suivis en temps réel qui rapportent les données prélevées sur le site par de nombreux appareils.

Outre un impact environnemental moindre, la valorisation de plus de 75% du biogaz capté permet à Gardanne d’obtenir une réduction de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) payée par les collectivités pour le traitement de leurs déchets. Cette réduction représente une économie non négligeable de l’ordre de 60 000 € sur le budget communal.

Comprendre le fonctionnement du biogaz en une minute

Copyright Watts-New (graphiste : Antoine Bourry) pour Cap Vert Bioénergie