N°03 - Avis de la commune sur l'enquête publique pour la seconde phase de la modernisation de la ligne ferroviaire Marseille - Gardanne - Aix-en-Provence Rapporteur Monsieur le Maire

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M. MEI : C’est une question importante aussi, pour laquelle, si je citais Monsieur Amic, il y a 40 ans que je me bas, pour le doublement de la ligne Aix-Marseille. Ma première intervention, quand j’avais été élu au Conseil Général, c’était pour dire : "quand est-ce qu’on va doubler la voie Aix-Marseille". Et aujourd’hui, on est en train d’avancer. 40 ans après, on va doubler une partie entre Simiane-Gardanne et Aix.

Donc, là on ne peut être que satisfait et donner un avis positif, sauf dans un domaine où j’ai fait des observations fortes et par écrit : ils veulent, en doublant la voie en face du Pavillon de Chasse du Roy René, en face de la Protection Civile, démolir le tunnel et creuser une tranchée en pleine colline en doublant la voie. Moi je voudrais rappeler que dans le passé, les Bâtiments de France avaient émis une objection forte : il faut préserver le paysage, c’est un paysage remarquable et là moi j’ai demandé qu’on double le tunnel mais qu’on ne fasse pas une saignée dans la colline.

Alors le parking, je l’ai évoqué, c’est une bonne chose mais il faut que ça soit gratuit pour les Gardannais. C’est un projet important et je souhaite que le Conseil Municipal donne un avis positif, assorti des remarques que j’ai faites.

M. LEPOITTEVIN : Je voulais quand même vous donner mon avis sur cette question. L’enquête publique a été publiée sur le site de la SNCF et en quoi elle est publique en fait ? Il y a des diapos, des registres, il y a des circulaires, et il n’y a rien d’autre en fait. En quoi elle est publique ?

M. MEI : Vous avez été vous exprimer à l’enquête publique ?

M. LEPOITTEVIN : Non parce qu’il y en a beaucoup des documents, les imprimés, ça aurait été beaucoup d’encre de gaspillé. En tout cas, j’ai quand même quelques éléments à donner parce qu’il faut quand même décrypter un petit peu le projet et je l’ai divisé en cinq éléments :

Premièrement qui finance le projet ? Ce sont les collectivités. Or aujourd’hui, elles sont surendettées les collectivités. Ce projet c’est 190 millions d’euros, et pourtant rien n’a commencé, donc si c’est 190 millions d’euros sur l’affiche, j’imagine ensuite lorsque ce sera les travaux ! Ça va nous amener quoi ? Les collectivités à contracter de nouveaux crédits ou à augmenter les impôts. Dans tous les cas, le contribuable, il est perdant.

Deuxièmement, ce projet, en quoi il est urgent ? Mais il n’est pas urgent du tout ! Parce qu’il y a un élément qui n’est même pas souligné dans le rapport et qui est essentiel, c’est le réseau Cartreize. Le réseau Cartreize aujourd’hui transporte plus de 10 millions de passagers dans les Bouches-du-Rhône. C’est considérable le réseau Cartreize et on le met de côté, on ne parle que du train, on ne parle que du rail. Il n’y a pas que moi qui ait cet avis là. J’ai eu quand même la patience d’écouter Guy Teissier qui donne les mêmes avis que moi sur cette question. Pourtant je ne suis pas un pro Guy Teissier.

Troisièmement, la SNCF ferait mieux d’assurer la maintenance de ses lignes que de doubler les voies. Non mais c’est ça aussi les problèmes de transport, c’est lié à un problème de maintenance, essentiellement.

Quatrièmement, c’est l’impact environnemental, parce que comme il l’est dit dans le rapport, et comme je l’ai vu sur les images satellitaires sur le site de la SNCF, il y a une partie forestière dont on ne sait pas ce qu’elle va devenir, dont on ne sait pas si elle sera rasée. Il est dit que plus de 4 hectares de forêt seront défrichés au début. Donc on ne sait pas. Peut-être que ça peut être ramené à 10 hectares, on ne sait pas. Magnifique pour l’impact sur l’environnement, le paysage...

Cinquièmement, moi je suis étudiant en histoire, et honnêtement, les conséquences dramatiques que ce projet va entraîner sur le site classé du pavillon, ça va dévaloriser la valeur de ce bâtiment. Déjà que le bâtiment est dévalorisé : vous avez la départementale d’un côté, vous avez la voie ferrée de l’autre. Déjà le bâtiment est totalement dévalorisé. Vous avez cet espèce de crépi salissant, on ne sait pas qui a foutu ce crépi sur ce bâtiment et puis c’est l’histoire de la ville, c’est l’histoire même de la Provence. C’est un bâtiment du 16ème siècle et aujourd’hui, on va le dévaloriser.

Alors vous avez dit qu’il ne fallait pas faire de saignée mais dans tous les cas, la voie, elle est à combien de mètres du bâtiment ? C’est ça qui est problématique. Donc il y a aussi une dimension patrimoniale qui certes n’est pas évoquée. Alors il y a l’Architecte de France qui est consulté mais honnêtement, est-ce que prendre autant de risques pour fluidifier le trafic parce qu’il est bondé de 7h à 9h, prendre autant de risques pour ça, est-ce que ça vaut le coup ? Non je ne pense pas.

M. GARELLA : Juste pour répondre à Monsieur Lepoittevin : mes enfants prenaient le train pour aller à Marseille et le train n’arrivait jamais à l’heure. Ce qui est un problème déjà quand on est à l’école, mais encore pire sans doute quand on doit travailler. Je pense que nous sommes très favorables au doublement de la voie et c’est une des raisons que les trains n’arrivent pas à l’heure.

Mme APOTHELOZ : Je voulais rajouter quelque chose et j’abonde dans le sens de Jean-Brice Garella. Je pense que pour ceux qui prennent les trains, ou ceux qui prennent la route pour aller travailler sur Marseille, il y a deux problèmes graves qui existent déjà depuis plusieurs années, et je l’ai pris moi le train. C’est qu’aux heures des travailleurs, on ne peut plus rentrer avec son vélo, on ne peut plus rentrer et certains sont obligés d’attendre le train suivant parce que le train est bondé, donc ça c’est quelque chose qui est inadmissible.

Et en ce qui concerne la route, l’autoroute est complètement saturée de 7h15 à 9h30 voire des fois jusqu’à 10h. Donc il est vrai qu’il s’agit en priorité de renforcer les transports en commun de type ferroviaire plutôt que le transport routier parce que l’on sait aujourd’hui, selon toutes les études qui ont été faites, notamment par le Conseil Régional et par le Conseil Départemental, qu’on ne peut pas continuer à sursaturer la route.

M. BASTIDE : D’abord, je voulais rassurer Monsieur Lepoittevin sur le financement. Ce n’est pas les communes, c’est un financement Etat/Région et le FEDER, les crédits européens. Deuxièmement, on parle d’avis de l’architecte du Bâtiment de France, ce n’est pas un avis, c’est un avis conforme, ça veut dire qu’elle peut bloquer le projet au moins au niveau des mesures compensatoires de débroussaillement. Monsieur le Maire a fait un courrier à Jean-Pierre Serrus, qui est le vice-président Mobilité de la métropole, je pense qu’il faut, à la marge, parce que le tunnel ils ne l’ont pas prévu dans le financement, alors ils vont vous dire "on ne peut pas".

Le reste, les mesures compensatoires, c’est possible. Je pense qu’il faut continuer. Vous parliez de retard des trains, il n’y a pas que le problème des voies. Il y a d’autres problèmes, le matériel et d’autres éléments. Vous parliez de Cartreize mais Cartreize ne va plus exister puisqu’ils vont passer à la Région. Ce qui est important, c’est les couloirs de bus qui permettront aussi aux gens de prendre le bus pour aller à Marseille dans des conditions de délais et d’horaires plus importantes.

M. MEI : Sur la gestion SNCF, nous sommes tous d’accord.

VOTE
POUR   ABSTENTION
Majorité municipale 26
M. Garella (2)
Mme Martinez
M. Rigaud
M. Amic
Mme Apotheloz (2)
 

M. Lepoittevin