Ville de Gardanne
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Géothermie : le chantier a commencé
mercredi, 6 février 2019
/ Bruno Colombari

L’installation du matériel de pompage des eaux souterraines est en cours au puits Morandat. Il permettra dans quelques mois de produire de la chaleur et du froid pour les bâtiments du pôle d’activités.

La dalle de béton d’un mètre d’épaisseur qui ferme l’entrée du puits Morandat a été percée le 14 janvier dernier, seize ans après avoir été coulée. C’est par là que vont être descendus les tuyaux, jusqu’à une profondeur de 330m, chargés de récupérer l’eau à 28 °C qui sera envoyée dans un réseau de chauffage et climatisation des bâtiments de surface.

Un fourreau est également prévu pour faire passer de la fibre optique chargée de mesurer la température de l’eau à des profondeurs variables. La pompe sera installée à la fin février, avant une phase de test du dispositif. L’alimentation électrique des pompes à chaleur sera assurée par des panneaux photovoltaïques placés sur les toits.

Le réseau d’énergie innovant du pôle Yvon Morandat

Il s’agit d’un projet global, donc la vocation première est de développer une offre à destination des entreprises en intégrant, de manière très engagée, les enjeux énergétique par une démarche qui porte à la fois sur la sobriété et l’efficacité énergétique et sur la production d’énergie renouvelable. Pour compléter la démarche, le projet intègre une dimension culturelle et éducative complémentaire, en synergie avec les démarches métropolitaines et régionales dans ce domaine.

Des solutions innovantes de chauffage et de climatisation seront mises en œuvre sur le lotissement en s’appuyant sur des ressources naturelles et renouvelables, en particulier les atouts géothermiques des eaux d’ennoyage de la mine via le plus grand puits minier d’Europe (1100 m de profondeur) présent sur le site. Dans ce contexte, la SEMAG a examiné avec le BRGM, sous l’égide d’un comité de pilotage élargi, les possibilités techniques d’utilisation du puits Y. Morandat sur le principe de la géothermie de minime importance, ceci afin de desservir les bâtiments du parc d’activités en cours de commercialisation. Les études de faisabilité en coûts globaux ont permis de mettre en avant une solution innovante techniquement et économiquement réalisable : utiliser le puits en équilibrant les usages de chaud et de froid sur l’année.

Ce projet est particulièrement innovant à plusieurs titres en terme de :

Captage : Le captage de chaleur dans le puits Yvon Morandat se situe à mi-chemin entre deux solutions éprouvées (géothermie profonde) et le stockage thermique de grand volume.

Gestion de la ressource : Il s’agit d’éviter une dérive de la température de la ressource dans le temps (la quantité d’énergie prélevée chaque saison hivernale sera restituée dans le puits à la saison estivale suivante). A cette fin, des stockages thermiques tampons seront créés entre le réseau primaire (2 tubes) et le réseau secondaire (4 tubes). une valorisation des énergies fatales (datacenter, ...) qui pourraient être récupérées auprès des entreprises qui vont s’installer sur le pôle sera mise en œuvre au niveau des sous-stations de production.

Recherche de l’autonomie énergétique : Il a été fait le choix de produire et d’autoconsommer une partie de l’énergie électrique nécessaire au fonctionnement de l’installation (pompes) à partir du photovoltaïque. Des stockages électrochimiques (issus du recyclage de batteries automobiles) sont prévus pour stocker l’énergie électrique non consommée. Les entreprises qui viennent s’installer sur le Pôle sont incitées également par l’aménageur à devenir producteur d’électricité, à autoconsommer cette énergie ou à la mettre à disposition pour une optimisation maximale de l’énergie sur le site et tendre vers l’autosuffisance. Enfin, des systèmes solaires hybrides (thermique et photovoltaïque) permettront sur certaines sous-stations d’utiliser la ressource solaire abondante pour le préchauffage de l’eau chaude sanitaire et l’électricité produite pour la consommation des installations ainsi que la production de froid.

Pilotage  : La gestion prédictive des besoins et le pilotage technique de l’ensemble du fonctionnement des installations, puisage, transport et production énergétique, sera assurée par un pilote énergétique global à la fois thermique et électrique de type Smart Grid avec gestion intégrée des flux physiques (mesures, suivi, prédictions...) et commerciaux. Ce pilotage centralisé sera renforcé par des régulations locales de gestion de l’énergie et une sensibilisation des occupants du Pôle à un fonctionnement sobre en énergie.

Montage juridique et co-construction du projet : Mise au point d’un projet partagé en concertation avec les collectivités territoriales, la DREAL, l’ADEME, le BRGM, la CDC et le CEA qui a abouti au déploiement d’un réseau privé dans lequel les collectivités territoriales maîtriseront la gouvernance de l’opérateur.

Ce réseau d’énergie sera unique en son genre. Innovant, il sera conçu pour s’adapter au profil de chaque utilisateur et ainsi récupérer les énergies fatales que les industriels pourraient mettre à disposition. L’installation permettra de foisonner et de mutualiser les besoins énergétiques entre les bâtiments. Aussi, les lots pourront procéder à des échanges énergétiques « transactionnels » de type « block-chain ».

Des panneaux photovoltaïques en autoconsommation permettront de couvrir, au moins, un tiers des besoins électriques de l’installation. A ce démonstrateur seront couplés des panneaux solaires hybrides ainsi que des installations de stockage électrochimique, assuré par la valorisation de batteries automobiles de récupération.

Grâce à cette utilisation innovante d’un puits de mine en stockage thermique et à la conception générale de l’installation permettant une solidarité énergétique entre lots, le bilan EnR du projet sera de plus de 80%, permettant une réduction des émissions de CO2 importante (440 tonnes de CO2 évitées par an). L’exploitation du réseau par la filiale de la SEMAG, dénommée Energie Solidaire.