Ville de Gardanne
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N°01 - Voeu de soutien du Conseil Municipal pour l'avenir de la Centrale Thermique de Gardanne/Meyreui
Rapporteur M. le Maire
jeudi, 4 avril 2019
/ Bruno Colombari

Monsieur le Maire : Une question importante sur l’avenir de la centrale thermique. Je vous rappelle que la dernière fois nous avons émis le principe d’un vœu et donc vous avez sur votre bureau le texte de la motion. Il y a une modification que vous voyez en rouge. Je vous rappelle que nous nous battons "bec et ongles" pour l’avenir de la centrale thermique et pour sa prolongation au-delà de ce qui est prévu pour 2022. Nous demandons que la prolongation, le moratoire soient beaucoup plus importants. J’ai écrit au Président de la République, une lettre sur le modèle de la motion que vous avez sous les yeux et en particulier, je lui ai dit Monsieur le Président de la République, je m’étonne que vous prolongiez les délais à 2035 pour les centrales du Havre et de Cordemais près de Nantes et que vous assumez les délais pour la centrale de Gardanne et de St Avold.

Le Premier Ministre était le maire du Havre et De Rugis était le Député de la circonscription ou d’une circonscription voisine de l’endroit où se trouve la centrale de Cordemais. Je lui ai dit que ce n’était pas acceptable, parce qu’on est ministre, on puisse avoir de tels avantages. Je suis prêt, "je ne l’ai pas écrit", à devenir ministre si c’est pour sauver la centrale de Gardanne. C’est absolument scandaleux que l’on puisse faire "deux poids et deux mesures" parce qu’on est ministre ou autre. C’est donc une vraie bataille pour l’avenir. Vous savez que pour notre centrale, mais on aura l’occasion de l’évoquer, le charbon c’est une énergie d’avenir et qu’on peut utiliser des méthodes modernes "l’ultra-carbo-fluide" ce qu’on appelle le charbon réduit en poudre très fine, on peut transformer le CO2 en pierre…on peut trouver tout un tas de solutions d’avenir.

Ce que les Chinois commencent à trouver, que les Allemands déjà mettent en pratique dans une centrale de Bavière. Des solutions existent et nous demandons qu’elles soient prises en compte, parce que demain quand il n’y aura plus de pétrole, quand il n’y aura plus de gaz de schiste, quand il n’y aura plus de gaz et bien on utilisera le charbon, il reviendra à l’ordre du jour. Permettez-moi de rappeler que pendant la guerre, les Allemands, alors c’est plus cher, avaient transformé du charbon en essence et qu’ils avaient tout un tas de solutions. J’étais gosse pendant la guerre, les voitures elles marchaient avec un gazogène, donc avec du gaz de charbon de bois. Il y a des possibilités énormes et je ne les cite pas toutes, pour qu’on puisse utiliser en priorité le charbon. Le charbon pour moi est une énergie d’avenir, encore faut-il le vouloir ? Que l’on puisse donner cette chance et que la France regarde dans l’avenir, pas en 2022, pas en 2024 mais au-delà. Je vous laisse la parole.

Monsieur Garella : Merci Monsieur le Maire de me donner la parole. Bien évidemment sur un sujet aussi grave on va être solidaire et aussi voter avec vous. On sait que notre ville a été frappée de plein fouet au niveau des fermetures. On aimerait que ce ne soit pas uniquement focalisé sur le charbon, mais Mme Apothéloz élargira un petit peu, si vous avez la gentillesse de l’inclure dans la motion "que toutes les solutions peuvent être envisageables au niveau de l’énergie". Je sais que vous avez un attachement au charbon puisque vous le répétez assez souvent que "Meï" en chinois cela veut dire charbon. Juste un point qui est un peu étonnant, vous avez mis dans la boucle, tous les élus, la Métropole, le Département avec M. Jorda qui est un ardent défenseur, la Région, mais vous avez oublié le Député et j’aurais aimé qu’on le mette dans la boucle. A l’Assemblée Nationale, il nous représente, il peut interpeller le ou la ministre et je ne vois pas pourquoi il ne le fait pas ? Ce serait peut être intéressant de le solliciter aussi et qu’il défende l’emploi à Gardanne ou qu’il est une position claire, parce que c’est un des acteurs majeurs de notre ville.

Monsieur le Maire : Je ne peux pas mettre Monsieur Lambert, sans savoir son opinion.

Monsieur Garella : Même s’il ne veut pas le faire, qu’il l’écrive.

Monsieur le Maire : Il ne s’est pas manifesté.

Monsieur Garella : D’accord

Monsieur le Maire : La présidente de la Métropole et du Conseil Départemental, le président du Conseil Régional tous se sont exprimés.

Monsieur Garella : C’est bien, on sera solidaire avec vous.

Monsieur Jorda : Par rapport à ce que vient de dire Monsieur Garella, Francois-Michel Lambert a signé la lettre avec tous les élus et depuis il n’a plus participé à aucune réunion sur ce sujet. Mais c’est vrai qu’il a signé la lettre qui a été signée par la Métropole, par la Région, par les maires de Gardanne et de Meyreuil, par la représentante de Mme Vassal aussi et par les Conseillers Départementaux de Gardanne. Effectivement, il a signé cette lettre, puisqu’on lui avait proposé de signer conjointement avec tous les élus que je viens de citer, mais depuis il n’y a pas eu de réunion. Il y a eu une réunion en novembre à Paris où M. De Rugy a daigné recevoir les élus qui demandaient à être reçus depuis fort longtemps au moins aussi longtemps que les salariés.

Je vous rappelle que cela faisait partie des promesses de notre Président de fermer les centrales pendant la campagne électorale et il a réaffirmé cela en 2017. Depuis que cela a été réaffirmé officiellement, les salariés qui sont en grève comme vous le savez depuis le mois de décembre, mais aussi les élus, ont demandé à ce il y ait des réunions, des groupes de travail mis en place. Le premier groupe de travail officiel, c’était en novembre 2018 avec M. De Rugy, il y avait François-Michel Lambert et les élus qui étaient présents, puis après plus rien. Donc, par rapport aux groupes de travail qui sont mis en place aujourd’hui, il y a deux groupes de travail actuellement et pour y avoir assisté, avec M. Meï et d’autres élus qui ne sont pas là, mais qui y ont assisté, l’Etat dit, on ferme en 2022, il est au moins "droit dans ses bottes" à ce niveau-là. Il demande aux collectivités, à l’entreprise UNIPER qui entre parenthèse peut être rachetée du jour au lendemain par une autre entreprise, il demande y compris aux syndicats et aux salariés de bâtir des projets, bâtissez des projets.

D’abord un, comment vont être financés les projets, parce qu’à un moment il faut payer, donc qui finance ? Surtout pas l’Etat qui ne met absolument aujourd’hui aucun euro dans la balance et il se retourne vers les collectivités, ou vers les mairies, vers le Conseil Départemental, vers la Métropole et il demande à l’entreprise et aux syndicats de faire des projets. A la dernière réunion qui a eu lieu à Marseille en Préfecture, en gros un des spécialistes de la question, à la question de l’UD CGT13, représentée par M. Olivier Matheux, combien de temps faut-il pour qu’un projet soit de façon viable ? La personne qui est un technicien, ce que je ne suis pas, lui a répondu, il faut au moins 6 ans, voire 10 ans.

Donc, quand le Gouvernement nous dit aujourd’hui, nous sommes en 2019, construisez un projet d’ici un an, pour qu’on le valide et après peut-être on le mettra en application. Dans le temps c’est dément, c’est intenable. C’est donc un des arguments qui est développé dans la motion, on a un timing qui n’est pas tenable. Timing et financement, aujourd’hui le Gouvernement dit "on ferme" point, alors que c’est sa décision à lui, décision unilatérale. En plus, j’ajoute et cela je ne demande pas que cela soit dans la motion. Un certain député de la même majorité que Monsieur Lambert, pour ne pas le nommer Monsieur Laqhila qui est le Député de la 11ème circonscription, c’est la circonscription d’à côté de celle de Gardanne, je suis au courant puisque je suis Conseiller Départemental d’un canton qui est sur deux circonscriptions, je connais bien Monsieur Laqhila, du moins par rapport à la 11ème circonscription.

Ce Monsieur Laqhila défraie actuellement la chronique, puisqu’il demande tout bêtement et tout simplement de dissoudre c’est le mot, de dissoudre un syndicat. On peut lui rappeler un peu de décence à ce Monsieur Laqhila en sachant que le mot "dissoudre" fait penser à une triste mémoire de notre histoire en France et donc "dissoudre" c’est un grand mot et moi ce que je demande à Monsieur Laqhila c’est d’avoir un peu plus de décence. Surtout quand on sait tout ce qui peut se passer au niveau du Gouvernement, je ne reviendrai pas sur l’affaire Benalla, je vais m’arrêter, je ne vais pas aller plus loin, mais il y a effectivement des propos à éviter de tenir. Je voulais demander à M. Laqhila de revenir à un peu de décence par rapport à cette situation.

Monsieur le Maire : Avant de passer la parole à certains d’entre vous, il y a France 5 qui souhaite filmer les débats du Conseil Municipal si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je leur demande d’entrer.

Accord du Conseil Municipal pour que les débats soient filmés.

Monsieur le Maire : Je vais les accueillir. Vous avez manqué une partie, car on vient de commencer le débat depuis un quart d’heure. Je voulais avant de vous laisser la parole, rappeler toute l’action que nous menons pour préserver l’avenir de la centrale. En particulier, je disais que l’avenir du charbon est important pour la ville de Gardanne, mais aussi pour le monde entier et nous expliquions toutes les possibilités qui existent pour développer la centrale de Gardanne et d’autres. Je voulais vous dire que nous avons protesté avec force, j’ai écrit au Président de la République et en particulier, je vous le soumets, il y a deux centrales à charbon en France, une au Havre dont l’ancien maire s’appelle Edouard Philippe, une autre, située près de Nantes, dans une région où Monsieur De Rugy est député qui seront préservées. Je protestais contre le fait que ce n’est pas parce qu’on est ministre qu’on doit avoir une position comme celle-là.

Je souhaitais aussi, que les centrales de Gardanne et de Saint Avold soient maintenues dans l’avenir et qu’on leur laisse le temps en faisant un véritable moratoire. Je rappelle, Gardanne 21 000 habitants, un ancien bassin minier, 1 700 inscrits à Pôle Emploi. C’est très important et si on ajoute encore quelques centaines de chômeurs, on comprend les travailleurs que l’on soutient et le véritable désespoir qui s’exprime au travers d’une grève qui dure. Les travailleurs connaissent et défendent cette motion d’une façon très forte.

Monsieur Rigaud : Bonjour à tous. En l’occurrence, j’ai bien écouté vos interventions orales et je suis tout à fait d’accord avec Monsieur Jorda et Monsieur le Maire en tous les cas pour ce qu’il vient de dire maintenant et sur ce qui a été dit par Monsieur Jorda sur les délais imposés par le Gouvernement. Pourtant, je dois dire que dans la motion que vous proposez aujourd’hui et qu’on a reçue vendredi, il y a quand même quelque chose que je ne peux pas cautionner, c’est la phrase d’argumentation sur le niveau industriel "le développement d’une filière bois de ce fait pourrait être envisagé autour de la centrale biomasse de Gardanne/Meyreuil".

Or, vous le savez très bien depuis un débat fort en ville et ailleurs sur cette filière biomasse, aujourd’hui, je ne peux et je ne me sens pas de cautionner cette phrase. En effet, concernant ce développement, il y a peu de temps dans le journal la Provence, on nous a expliqué en quoi ces centrales biomasse étaient un outil de déforestation, un outil pour lequel on coupait les arbres à ras et pour lequel il n’y avait aucune perspective réelle d’un point de vue énergétique. De ce point de vue-là, autant les résolutions 1,2 et 3 de la motion me semblent tout à fait correctes en mettant quelques points de suspension pour tenir compte de ce que vient dire Monsieur Garella sur des autres énergies y compris renouvelables, parce que là, il y a une parenthèse qui se finit sur l’aspect charbon propre et filière bois, je pense qu’on peut mettre en avant d’autres alternatives possibles en élargissant la parenthèse avec des points de suspension si on ne veut pas les préciser en tous les cas.

Mais moi je serais partisan de supprimer l’alternative à la biomasse qui pose problème au niveau des Gardannais, qui pose problème au-delà de Gardanne, qui pose problème au-delà des mairies qui sont des producteurs en bois y compris dans les Alpes, y compris dans d’autres régions de France et y compris dans les pays dans lequel ce bois est importé. Le deuxième problème que je voulais soulever c’est la parenthèse sur Altéo, là aussi, il y a un grand débat à Gardanne et je ne vois pas pourquoi on apporterait une caution dans cette motion qui n’a rien à voir avec Altéo avec la phrase " Le dernier procédé inauguré le 22 mars dernier montre la volonté de l’industriel de faire rentrer ses effluents liquides encore rejetés à la mer dans les normes européennes qui lui sont imposées". La volonté est une chose, mais je crois que beaucoup de Gardannais attendent des faits. Aujourd’hui, cela fait plusieurs fois qu’Altéo remet en cause les dates d’échéances auxquelles ils doivent être aux normes européennes et bien attendons les faits et après nous donnerons notre caution en la matière. Je suis pour défendre les salariés qui soient à Altéo à Gardanne ou à UNIPER aujourd’hui, mais pour autant sans cautionner des choix qui seraient écologiquement dramatiques. Merci.

Monsieur le Maire : Sur le bois, savez-vous qu’en France la forêt se développe de + 4% chaque année. Alors, déforester comme vous le dîtes, nous sommes effectivement contre, mais à travers la sylviculture, vous coupez un arbre, vous en replantez un autre, ce qui veut dire que lorsqu’un autre arbre semblable a poussé, le bilan carbone est de zéro. C’est une façon intelligente et les propriétaires forestiers sont d’accord sur cette démarche. Nous sommes en train de voir avec eux, avec le soutien du Préfet Dartout de mettre en place une vraie filière bois qui permettra de créer des emplois de bûcheronnage et autres, des emplois qui ne seraient pas délocalisés en Chine et ce serait une nouvelle façon de cultiver.

J’ai vu un film qui a été tourné à Mimet, il y a quelques années c’est "Le Boulanger de Valorgues " à un moment la caméra fait le tour de Gardanne, il n’y avait presque pas de forêts, les forêts sont descendues. Comme dirait Mme Joissains, chaque année c’est 100 000 hectares de forêt qui poussent en plus sur notre territoire. En ce qui concerne Altéo, vous avez que tous les portables, les smartphones etc, à l’intérieur vous avez des alumines techniques. Vous vous brossez les dents le matin et dedans il y a des alumines techniques également. Il y a des efforts considérables de la part d’Altéo, rejeter à la mer on a été contre, rejeter dans la colline comme ils le font, on est contre. Il faut trouver des produits à fabriquer à partir de ce qui existe et il y a un travail important qui est fait avec la direction et les travailleurs de Péchiney pour trouver des solutions au stockage. On peut faire des produits, des briques, des tuiles, il y a tout un tas de possibilités et je le dis en toute honnêteté, la direction de l’usine est en train de faire des efforts, vous pouvez être rassuré, mais toute activité humaine a des impacts environnementaux.

Lorsqu’en 1985 on a relancé la production charbonnière, on a construit une haute cheminée de 300 mètres de hauteur, aussi haute que les monuments de la région parisienne car ils avaient prévu de répartir la pollution pour rester dans les normes. A l’époque, il n’y avait pas les écolos, il n’y avait pas les verts, les contrariants habituels et on disait oui à la centrale, mais il faut dépolluer. Mais toute activité humaine a un impact, vous êtes venus en voiture pour la plupart d’entre vous, et cela entraîne des pollutions et il faut savoir les traiter aussi. Soyez rassurés, la bataille de la ville sur ces deux aspects, elle date de très longtemps et d’ailleurs Nicolas Hulot avant de partir nous a désigné comme territoire à transition énergétique et solidaire.

Madame Apothéloz : Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Adjoints et Conseillers Municipaux, je dois reconnaître que je suis très ennuyée et déstabilisée par cette motion, vous connaissez mon point de vue, car j’ai suffisamment fait de questions orales. Alors, pourquoi je suis ennuyée, parce que telle qu’elle je ne peux pas la voter. En effet, dans les solutions que vous proposées ne figurent pas celles que Rosy Inaudi, Conseillère Départementale EELV et moi-même que nous portons.

C’est-à-dire la proposition d’une transition basée sur un mix-énergétique avec le vent et le soleil tout en s’appuyant sur une centrale biomasse beaucoup moins gigantesque de tri-génération permettant, et là on est d’accord, le développement d’une filière bois respectueuse de la forêt. Donc, cela n’apparaît pas dans les solutions et cela m’ennuie beaucoup et c’est peut-être quelque chose que l’on peut ajouter.

D’autre part, je suis tout à fait d’accord avec l’article 2 et l’article 3 puisque vous le savez aussi bien que moi, dans le dossier que nous portons depuis la mi-octobre Rosy Inaudi et moi-même, nous avons énormément axé nos interventions sur l’emploi et sur le fait que l’on ne peut pas fermer quelque chose sans avoir préparé la transition. Donc, là-dessus, je suis à 120% d’accord avec ce qui est écrit ici. Par contre, dans l’article 1 devraient y figurer effectivement toutes les solutions y compris la nôtre et pas seulement celles que je porte avec Rosy, mais toutes les solutions qui sont envisagées aujourd’hui au niveau des acteurs institutionnels. Je pense notamment à la proposition de Meyreuil, je pense aussi à la proposition de Gérard qui est propriétaire forestier et qui a travaillé sur l’aménagement du territoire, donc toutes ces solutions-là devraient figurer dans cette motion de soutien.

Effectivement le charbon, vous l’avez dit est une solution à long terme, mais il faut des solutions à court et à moyen terme. Je suis prête à participer à tous débats, toutes réflexions, je ne prétends pas détenir la solution avec le mix-énergétique et la filière bois, mais je prétends que depuis 2014, 2015, je travaille là-dessus et donc c’est quelque chose que l’on ne peut pas ignorer.

Monsieur le Maire : Je vous rappelle aussi, qu’il y a eu un appel à projet de la part d’UNIPER et j’avais aussi apprécié que la dernière fois qu’en tant que fille de mineur vous ayez défendu le charbon avec des arguments qui nous avaient touchés.

Madame Apothéloz : Bien sûr, il y a une partie de mon âme qui est liée à la Mine, mais à un moment donné, il y a aussi les réalités qui nous sont imposées et il faut travailler sur le moyen, le long et le court terme et donc ma proposition, c’est une proposition qui est sur du court terme et qui peut se mettre en place. Je l’ai dit à la CGT, donc je peux le répéter ici, quand on m’a posé la question, j’ai dit, il faut entre 5 et 7 ans pour pouvoir mettre cette solution en place et donc il faut prévoir quelque chose pour préserver l’emploi. Parce que moi, j’ai vu se déliter des territoires et notamment en Lorraine et je n’ai pas envie de voir ma ville se déliter.

Monsieur le Maire : Nous partageons et d’ailleurs on a déjà créé 150 emplois avec le projet qui existe sur le Puits Morandat. Je crois qu’on partage pour l’essentiel.

Monsieur Jorda : Je ne vais pas revenir sur ce que j’ai dit tout à l’heure par rapport aux délais. Je vais juste par rapport à Altéo et là aussi je ne roule pas pour l’entreprise Altéo on est bien d’accord. Par contre, la différence de ce que l’on voit à Altéo, on met en application ce qu’on appelle la recherche et avec de la recherche on trouve. Dernièrement, ils ont inauguré deux procédés de dépollution et cela prouve au moins une chose c’est que quand on met la recherche en place on peut trouver des solutions.

Ce que l’on peut reprocher aujourd’hui par rapport à la centrale de Gardanne, c’est qu’à aucun moment on nous propose de mettre en place une véritable recherche et cela c’est le rôle de l’Etat, la recherche c’est l’Etat. Je pense que par rapport à Altéo et ce n’est pas un contre-exemple, mais c’est ce qui peut se faire. Est-ce qu’il vaut mieux produire en France, ou est-ce qu’il vaut mieux délocaliser ? C’est la question que l’on peut se poser. Au moins en France, on arrive encore un petit peu, je dirais à contrôler et à imposer des choses. La recherche, il faut qu’elle soit au centre de tout cela et cela me paraît très important. Ensuite, sans aller plus loin dans le débat, peut se poser la question en dehors du mix-énergétique d’un pôle public de l’énergie, peut-être qu’il faut revenir aussi à cette idée-là. On a besoin, effectivement en France, comme ailleurs, d’un pôle public de l’énergie, cela me paraît très important. Quant aux solutions, la lettre des élus qui a été signée en Novembre, on ne s’interdit aucune possibilité technique et on ne s’interdit rien, mais c’est difficile de toutes les citer.

Monsieur le Maire : Bien sûr.

Madame Primo : Premièrement concernant Altéo, on a développé depuis longtemps, et d’ailleurs les deux choses rejoignent le même sujet. Aujourd’hui, la centrale thermique et Altéo font une peu "la une" de l’actualité pour des raisons diverses. Moi, ce que je voudrais rappeler, c’est que l’accent qui est mis par la municipalité de Gardanne, mais pas seulement, sur ce type d’entreprises c’est la nécessité à un moment donné de trouver des solutions qui respectent l’environnement, qui respectent les salariés, parce qu’il faut se rappeler quand même que les premiers qui sont touchés par les pollutions se sont les salariés des entreprises concernées.

Ces recherches-là, si on ne les fait pas dans les pays et les régions où, on a, un les moyens de le faire et deux la volonté à un moment donné de poursuivre l’activité, on va effectivement délocaliser et on va voir des choses dramatiques comme on l’a vu il y a quelques années avec les écoulements de boue rouge dans les pays du pourtour des Balkans. Ce que l’on porte et là où je voudrais insister, ce n’est pas depuis les quelques mois qui précèdent ces situations, ce que l’on porte depuis des années et Monsieur le Maire a raison de rappeler que concernant par exemple la centrale thermique, le fait qu’il y est cette cheminée de plus de 300 mètres, c’est lié à la bataille qui a été menée pour faire en sorte qu’il existe à la fois une production économique et à la fois un respect de l’environnement. Je crois que c’est important de le rappeler.

Le deuxième point, c’est en lien avec ce que disais Monsieur Rigaud concernant la forêt méditerranéenne et la biomasse. Aujourd’hui, mais ce n’est pas moi qui le dit, tous les spécialistes et se sont tenues là encore en mairie de nombreuses réunions avec les spécialistes de ces questions et y compris si les uns et les autres veulent vérifier c’est possible, je pense que tous les éléments existent pour pouvoir le vérifier. Qu’est-ce qui se passe avec la forêt méditerranéenne qui gagne du terrain par le recul de l’agriculture ? Il se passe que cette forêt aujourd’hui, elle est vouée à la disparition ou elle est vouée à brûler l’été. Si on entretient la forêt méditerranéenne et c’est à partir de cela qu’on récupère tout un tas de bois qu’il est nécessaire d’évacuer, on peut y compris et c’est les études qui ont été menées, faire en sorte que sur le territoire on puisse à la fois entretenir cette forêt, la rendre y compris en employant le mot "rentable" et ensuite qu’elle serve à un moment donné d’élément pour produire de l’électricité avec la biomasse.

Deuxième élément qui avait été porté à connaissance lors des différents débats, la possibilité d’utiliser tous les rémanents et tous les bois qui sont soit détruits, soit brûlés. Donc, ce n’est pas me semble-t-il aller vers de la déforestation, c’est au contraire créer les conditions pour que la forêt méditerranéenne, elle puisse être comme d’autres, une forêt qui est utilisée, qui est entretenue et qui permette à un moment donné de produire autre chose. Je crois que c’est important de rappeler cela, et donc, mon propos sur les deux sujets, c’est de dire ce ne sont pas des questions qui sont étudiées maintenant, ce sont des questions qui sont étudiées et portées à la connaissance de tous depuis déjà de nombreuses années. Ce qui est dramatique, c’est que, quand on n’est pas sous le feu des médias personne n’en parle. Ce qui serait intéressant aujourd’hui, c’est qu’enfin ces solutions qui ont été abordées et étudiées, on puisse, un, de nous laisser le temps de les mettre en œuvre et deux, faire en sorte qu’elles soient vraiment utiles pour l’avenir de la région.

Monsieur le Maire : Avant de vous passer la parole Monsieur Amic, Madame Apothéloz en mon nom et au nom du Conseil Municipal, je vous remets ce cœur de bauxaline.

Monsieur Amic : Monsieur le Maire avant de commencer vous avez rappelé la comparaison de votre nom en chinois, mais je voulais avant toute chose vous rendre hommage. Malheureusement, je n’ai pas pu à titre personnel assister à la cérémonie de votre légion d’honneur, je voulais m’en excuser et commencer par ces mots dans ce conseil municipal. Si le terme "meï" est associé au charbon, il est surtout associé à notre belle ville de Gardanne et que vous la méritez pour la majorité et pour l’opposition et pour un certain nombre de choses que vous avez faits pour cette ville, dont on sait tous la qualité et la quantité et avant de continuer sur la délibération, je tenais à vous dire cela.

Une fois que ceci est dit, je redeviens un contrariant habituel, c’est ainsi que vous nommez les gens qui n’ont pas le même avis que vous, Monsieur le Maire, j’en fais partie très souvent. Monsieur Rigaud a donné quelques remarques très importantes sur la biomasse et il faudrait l’écouter pour mettre à jour cette délibération. Vous offrez "votre cœur" à Brigitte, peut-être pouvez-vous lui offrir votre stylo pour changer la délibération. Peut-être cela l’intéressera davantage, parce que c’est plus une militant qu’une amoureuse notre Brigitte vous le savez et même si elle est flattée par recevoir votre cœur, elle préfèrerait que vous receviez ses idées.

Ceci étant dit, moi je note quand même un certain nombre de problèmes dans cette majorité, on ne peut pas tout dire, faire des choses et dire le contraire. Vous prônez un pôle public, c’est ce que vient de dire Claude Jorda, dans ce mandat et dans celui d’avant, la majorité a toujours refusé de rester sur ce pôle public de l’énergie. Quand on a fait le centre photovoltaïque on l’a donné à des Chinois je crois Monsieur le Maire vous le savez. Lorsqu’on a eu l’occasion de garder un certain nombre de choses publiques, vous avez mené comme à votre habitude une politique de centre droit. Donc, le pôle public vous le voulez à l’extérieur puis dès qu’on est à l’intérieur vous refusez de l’avoir.

D’ailleurs, Madame Primo parle de "rentabilité des forêts", il faut vraiment que l’on utilise un autre terme que "rentabilité". Oui, je suis désolé, cela surprend les gens, mais il est nécessaire qu’on parle en d’autres termes de la nature ou de ce qu’on a bien voulu nous laisser sur la planète, plutôt que de les lier tout de suite au terme économique de rentabilité.

Maintenant, je vais finir sur des choses politiques. Monsieur le Maire, Madame la Présidente de la Métropole a tenu son engagement de soutien, je crois qui avait été donné aux vœux. Vous avez le soutien de l’ensemble des autorités politiques de centre et de droite de la Région et du Département et puis vous n’avez pas eu celui de Monsieur Lambert, "porté disparu". C’est peut-être pour cela que nous avons la télé aujourd’hui pour le retrouver. Son local est là, mais on ne le voit plus, je compte parmi, certains d’entre vous qui font partie de ses soutiens, j’aimerais bien que ces personnes s’expriment, nous disent où est le Député ? Où est le Député sur cette idée ? Où est le Député par rapport au Gouvernement ? Le soutient-il ? Ne le soutient-il pas ? En tout cas, il ne soutient plus la ville, cela c’est une certitude, il n’est plus là !

Monsieur le Conseiller Départemental, vous l’avez rappelé, il a signé certains courriers, mais que depuis quelques mois, il ne les signe plus et d’ailleurs il n’en reçoit plus, puisque sa permanence est fermée. Mais cela permettra de lutter contre les problèmes de logement parce qu’on m’a dit que son local était transformé en logement. Pour terminer, sur la remarque de Monsieur le Conseiller Départemental qui a parlé du Député Laqhila, qui a tenu une réunion publique, tu le sais, le 25 Mars, j’ai refusé de participer à cette réunion parce que justement je suis contre leur position, tu le sais, je suis avec vous, avec nous tous sur la position par rapport à la centrale. J’ai refusé de participer à cette réunion-là. Par contre, nous devons condamner les violences quand elles ont lieu. La violence n’est pas une solution, qu’elle soit syndicale ou autre. Il a répondu par une violence verbale très déplacée…

Monsieur le Maire : Monsieur Amic on est en train de parler de l’avenir de la centrale.

Monsieur Amic : Je réponds à ce qui a été dit tout à l’heure, s’il vous plaît, Monsieur le Maire, j’ai la parole, je suis Conseiller Municipal comme vous et je réponds à ce qui a été dit sur un parlementaire. Donc, ce qu’il a dit sur la dissolution des syndicats, je te le dis c’est inacceptable, personne ne le partage. Il a porté sa parole à titre personnel et en tout cas moi, je ne la partage pas du tout. Voilà, je tenais à clôturer sur cela.

Monsieur le Maire : Je mets la motion aux voix, tout le monde s’est exprimé, donc je vous demande d’approuver cette motion pour laquelle nous sommes tous d’accord pour l’essentiel. Madame Apothéloz, je n’ai pas compris votre vote.

Madame Apothéloz : Mme Karine Martinez vote pour et moi je ne prends pas part au vote, parce que je ne peux pas choisir, je préfère qu’il y ait un consensus global.

Monsieur le Maire : D’accord, Monsieur Rigaud, vous votez pour ou contre ?

Monsieur Rigaud : Je vote, "Abstention" parce que je suis contre le fait que dans cette motion on parle d’autre chose que du charbon.

Monsieur le Maire : D’accord.

Monsieur le Maire demande aux Conseillers Municipaux de procéder au vote.

POUR   ABSTENTION
Majorité Municipale 27
M. Garella 2
Mme Martinez
M. Amic
  M. Rigaud
NE PREND PAS PART AU VOTE
Mme Apothéloz