Ville de Gardanne
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Josette et Jacques, des noces de lilas
Energies 438 - Jeremy Noé
mercredi, 9 septembre 2015
/ Bruno Colombari

Les époux Mozziconacci se sont rencontrés il y a près de 70 ans. On a passé une heure avec eux pour qu’ils nous racontent tout. Ou presque.

JOSETTE A 83 ANS. JACQUES, 84. RETRACER LEURS 63 ANS DE MARIAGE s’apparente à mener un match amical autant avec leur mémoire qu’avec son propre imaginaire. La leur est forcément fluctuante et patinée par l’affection. Le nôtre se doit avant tout de ne rien brusquer. Aussitôt après qu’ils nous ont raconté s’être rencontrés lors de la fête du 15 août, sur le Cours - le rendez-vous des jeunes à l’époque, se souviennent-ils – on leur demande : « Dites, votre premier baiser, c’était le jour où vous vous êtes rencontrés  ? » Lui, illico : « Ah, ben oui... » Elle, drapée dans sa vertu : « Non, pas le premier jour ! » On éclate de rire. Lui, laissant planer le doute par un sourire : « Disons le quatrième jour... »

Josette tient beaucoup à ses racines gardannaises depuis son arrière-grandpère, avec une date certaine, 1873, naissance de sa grand-mère dans la maison familiale, celle-là même où on rencontre le couple aujourd’hui. Jacques, lui, a une histoire aussi accidentée que le relief de son village d’origine, Propriano, et quelques bribes de souvenirs d’un père, d’un frère et une soeur morts trop jeunes.

Leur premier souvenir à Gardanne ? Josette parle de la guerre, de l’occupation allemande et des tickets de rationnement, « Ma mère qui faisait la queue pour prendre le pain, manger, tout ça. » Jacques se souvient du tas d’ordures qui jonchait un carrefour de la vieille-ville. Alors intérieurement on remercie l’invention du camion-benne et on salue le travail des éboueurs. Ils se rencontrent à 16 ans pour lui, 15 ans pour elle, deux minots qui devront attendre la “majorité” (21 ans à l’époque) pour se marier.

Entre-temps, la vie d’adulte a déjà commencé : il est embauché chez Pechiney - et y fera toute sa carrière- elle apprend la couture. Ils donneront la vie à deux garçons. Difficile de porter de grandes conclusions sur 63 ans à deux après un entretien d’une heure. On remarque de la tendresse mutuelle, on devine un mari un peu plus attentionné envers sa femme que la moyenne de cette génération. « Il n’y a eu aucune dispute, ou alors, quoi, trois heures, » disent-ils. Qui dit mieux ?