Ville de Gardanne
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« Ici, c’est la Californie ! »
Economie / Energies 427 - Jeremy Noé
lundi, 15 décembre 2014
/ Clément Vibert

Drones, containers de tri sélectif intelligents, panneaux photovoltaïques qui tournent pour suivre le soleil, tests de pointe sur la maladie d’Alzheimer... le Pays d’Aix et Gardanne, son hôtel de start-up et le Centre Microélectronique de Provence, sont très actifs dans le domaine des entreprises innovantes... celles qui feront l’économie de demain.

DISPOSITIF D’AMORÇAGE DE PROVENCE ? DAP ? C’EST LE NOM DONNÉ AU FOND COFINANCÉ PAR L’ÉTAT,LE PAYS D’AIX, DES BANQUES ET DES ENTREPRISES PRIVÉES dans le cadre de la reconversion du Bassin minier après la fin de l’extraction du charbon, et pour le développement du Pays d’Aix. Plus précisément, pour l’accompagnement en amont d’une start-up, alors qu’elle n’en est encore qu’au stade de l’embryon : il s’agit de lui permettre de financer études de marché, prototypes... sous la forme de prêts d’honneur. Le dispositif est venu fêter ses dix ans à Gardanne le mois dernier, en compagnie des élus du Pays d’Aix, dont le Maire de Gardanne, et des entrepreneurs.

Dans l’amphithéâtre du campus Georges-Charpak, une quinzaine d’entre-eux sont montés sur scène pour raconter les débuts de leurs boîtes. Domiciliées en Pays d’Aix, elles ont des noms un peu barbares comme Optimum Tracker ou Yaslamen. Elles développent des produits très pointus : Novadem a lancé des drones capables de repérer des fissures de 0,1 millimètre, utilisés pour la surveillances des ouvrages EDF ou du viaduc de Millau. Terradona, qui a son laboratoire au CMP de Gardanne, développe un container de tri sélectif intelligent : connecté à votre smartphone, il vous permettra d’échanger vos déchets contre des bons d’achat, de la même manière que vous engrangez des points sur votre carte de fidélité au supermarché. Les communautés d’Aix et de Marseille ont accepté de le tester l’année prochaine.

S’IL EST ENCORE TROP TÔT POUR PARLER DE SUCCÈS, ces initiatives soutenues par les collectivités publiques (comme le fait Gardanne avec son hôtel de start-ups au puits Morandat) créent de l’emploi et dynamisent la région. Elles sont autant de raisons de positiver dans un contexte économique qui confine trop souvent au “french-bashing,” l’auto-dénigrement national. Il fallait voir Jacques Kools, co-fondateur d’Encapsulix qui a longtemps travaillé aux États-Unis, s’écrier :

« La région a développé une industrie de micro-électronique, un éco-système qui fédère un grand nombre de fournisseurs dont nous avons besoin dans notre activité. Quand il nous manque quelque chose, on peut se le faire livrer dans la semaine. Et ça fait toute la différence avec un type propre sur lui qui nous apporte des solutions... sur des Powerpoint. Et puis vous ne vous rendez pas compte : ici il fait beau, c’est la Californie ! » Tout n’est pas rose, bien sûr : certains chefs d’entreprises regrettent le manque d’accompagnement dans les deux ans en aval après la naissance d’une entreprise. Mais pour l’heure, il n’est pas interdit de lancer un petit cocorico en Provençal.

Dispositif d’Amorçage de Provence, chiffres clés

3 millions d’euros de ressources, majoritairement issues des acteurs publics : fonds de l’État pour la reconversion du bassin minier, CPA… 2,8 millions d’euros engagés en dix ans 81 projets lancés dans les biotechnologies, la robotique, la recherche médicale, les énergies nouvelles et renouvelables… 59 entreprises créées 310 emplois créés Près de 90 % de réussite

French tech ?

Le 12 novembre dernier, le secrétariat d’État chargé du Numérique a décerné le label“French Tech”au territoire Aix-Marseille, dans l’idée d’accélérer la croissance de l’économie des nouvelles technologies et start-ups innovantes. Commentaire de Nicolas Drabczuk, co-fondateur de la start-upAnyces :« On verra ce que ça apportera. Ce qui est certain c’est que tout ce qui permettra de valoriser l’image de la Provence à l’international – autre que la lavande, le soleil, l’huile d’olive et les calissons – est important. Car malheureusement, à l’étranger, quand on parle de Provence, c’est encore trop souvent ça… »