Scolaire

Une rentrée 2012 au rabais Energis 372 - Carole Nerini

Mis à jour le

La dernière réunion du Comité technique spécial départemental (CTSD) de l’Éducation nationale qui s’est tenue le 24 février dernier a confirmé la suppression de 159 postes dans le département pour la rentrée prochaine, dont une majorité de postes de Rased (accueil des enfants en difficulté).

La carte scolaire de la rentrée prochaine devrait battre tous les records. Tristes records. A la demande du Ministère de l’Éducation nationale, l’Inspecteur d’académie Jean-Luc Bénéfice l’a lui même avoué, « en quinze ans de carrière, c’est la première fois que j’ai à supprimer autant de postes... » La rentrée 2012 devrait donc voir les fermetures de 116 classes dans le département pour 25 ouvertures, et 98 postes d’enseignement Rased (Réseau d’aides spécialisées aux enfants en difficulté) en moins. Si les fermetures de classes font réagir parents d’élèves, enseignants et élus locaux, la disparition progressive des Rased passe plus inaperçue puisqu’ils touchent un nombre plus restreint d’élèves. C’est la raison pour laquelle le Conseil municipal a voté à l’unanimité une motion pour la défense de ces Rased et contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale lors de sa séance du 16 février. Ce réseau d’aides spécialisées est un dispositif de l’Éducation nationale qui a pour mission de proposer des aides spécifiques aux enfants en difficulté. Il fonctionne en équipe, chacune étant généralement constituée d’un maître E (aide à dominante pédagogique), d’un maître G (aide à dominante rééducative) et d’un psychologue scolaire. Ce dispositif, intervient en complément des aides personnalisées mises en place il y deux ans où les élèves présentant une difficulté scolaire passagère peuvent suivre des séances de soutien, mises en place par leurs enseignants. Le Rased offre une réponse collective de l’école et le personnel qui l’anime travaille en étroite collaboration avec le personnel enseignant ainsi que les familles des enfants pris en charge. Une chance pour les élèves qui en ont besoin, le seul dispositif gratuit proposant une aide, bénéfique pour la plupart d’entre eux. Par petits groupes ou individuellement, les enfants gagnent des salles spécialisées à l’intérieur des écoles plusieurs fois par semaine et le travail s’effectue en fonction des problèmes recensés. Pour Laura, maman de Christophe en CP, quelques séances seulement ont suffi à lui redonner confiance et lui permettre de poursuivre son CP dans de bonnes conditions. « Christophe a connu de gros problèmes d’adaptation lorsque nous sommes arrivés dans la commune. Avec l’équipe enseignante, nous avons décidé d’en informer le Rased pour l’aider. Ces séances lui ont fait beaucoup de bien, nous le sentions mieux après chaque rencontre avec les membres du réseau. C’est une grande chance qu’on offre aux enfants et je regrette que d’autres parents ne puissent en bénéficier sous prétexte d’économie. C’est honteux. Désormais, ceux qui en auront les moyens paieront pour que leurs enfants soient aidés, les autres vivront avec leurs difficultés. » Les dernières décisions gouvernementales annoncent pourtant la suppression de tous les maîtres G (deux postes sur la commune de Gardanne) et le maintien d’un seul poste E pour la circonscription (trois sont actuellement en place à Gardanne). Pour Gardanne, ce sont donc quatre postes sur cinq qui sont supprimés. Mireille Frangin- Benois, Marie Thevenin, Patricia Combalat et Martine Quissoa étaient en réunion d’équipe lorsque l’annonce est tombée le 24 février. « Nous le redoutions. Depuis 2008, des postes disparaissent et nous sommes dans l’obligation de réadapter notre manière de travailler qui est moins souple que ce qu’elle était. On se sera accroché jusqu’au bout et on a beaucoup de mal à penser à ceux et celles qu’on ne pourra plus aider, à ces rencontres avec les classes, avec les enseignants, à ces groupes de parole que nous avions mis en place en-dehors du temps scolaire pour les parents qui en éprouvaient le besoin. Rien ne pourra se substituer au travail mené par les Rased, alors que la pression sur les enseignants et sur les élèves est grandissante, alors que les notions de performances pèsent au quotidien sur les enfants. Nous sommes inquiètes et l’avenir nous prouvera que nous n’avions pas tort. »A aucun moment elles n’ont évoqué leur propre devenir. L’impératif aujourd’hui reste d’essayer de faire prendre conscience aux décideurs de l’erreur monumentale qui va être faite. Guy Pinet, Adjoint à la vie scolaire et enseignant rejoint entièrement ce sentiment. « Nous sommes très touchés de voir à quel point les décisions sont prises en dépit du bon sens, explique-t-il. C’est un coup très dur porté directement aux élèves en difficulté. Nous allons nous retrouver face à des enfants qui ont des problèmes que nous ne sommes pas préparés à prendre en charge et résoudre. Les équipes des Rased sont formées de personnes qualifiées pour gérer les différentes situations.  » Comme le précise le texte de la motion du Conseil municipal, supprimer ces postes d’enseignents spécialisés amène à « laisser des enfants pour lesquels la réponse pédagogique du maître de la classe n’est pas suffisante, s’enfoncer résolument dans l’échec scolaire, la violence ou l’exclusion. »

L’école Georges-Brassens perd une classe

La décision est tombée le 24 février dernier  : l’école primaire Georges-Brassens, située dans le quartier des Aires devrait perdre une classe. Comme l’explique Cécile Arnaud, directrice de l’école, « en novembre, lorsqu’on nous a demandé de donner les effectifs, nous avions 207 élèves, ce qui nous faisait passer au-dessous du seuil pour garder nos neuf classes. Mais en cours d’année, huit élèves sont arrivés, et nous repassons au-dessus du seuil. Mais ces chiffres-là ne sont pas pris en compte. L’école Château-Pitty voisine accueille trop d’élèves, mais plutôt que d’accepter de les faire venir à Georges- Brassens, l’Éducation nationale leur proposerait de rejoindre l’école Prévert, au centre-ville. Je ne comprends pas cette logique. »

Une logique qui devrait être discutée dès la rentrée des vacances de février avec l’Inspection académique. Comme le rappelle Guy Pinet, « la municipalité est attachée au périmètre scolaire et la décision qui sera prise pour la rentrée prochaine sera discutée avec les équipes enseignantes et tiendront compte des remarques des parents. » A suivre...