Une plaque pour la libération de Gardanne le 20 août

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Le 21 août 1944, les fantassins américains de la 3e DI arrivent dans Gardanne par l’ancienne route de Gréasque, suivis quelques minutes plus tard par une trentaine de blindés débouchant sur le cours par la route de Nice.

C’est là, au 10 avenue de la Libération, que sera inaugurée le 20 août 2018 à 19h30 une plaque commémorative en souvenir de cet événement. Deux Jeeps d’époque et huit figurants en tenue de GI seront présents pour l’occasion.

A l’occasion du cinquantenaire de la Libération, à l’été 1994, nous avions publié un supplément historique en recueillant des témoignages de Gardannais qui avaient vécu ce jour inoubliable.

En voici un extrait :

Joseph Barre, artisan peintre (il était notamment chargé de peindre en bleu les fenêtres à cause du couvre-feu), habitait alors au 32, cours de la République. Il raconte : “Le 19, les Allemands commençaient à partir et ils avaient besoin de véhicules, ils fauchaient tous les vélos qu’ils pouvaient. A un moment, j’ai vu un jeune Allemand s’approcher avec son cheval. A mon collègue et à moi, il nous a dit en français : " je suis Alsacien, je ne veux plus me battre. Je vous donne mon cheval en échange de vêtements civils". On a dit non, c’était trop risqué.”

Le matin du 21, Gardanne est une ville morte. Les gendarmes ont fait évacuer les habitants par crainte d’un bombardement de l’usine d’alumine. A l’aube, trois petits obus sont tirés par les Américains. L’un tombe près de l’ancienne Caisse d’Epargne, un autre à l’angle de la rue Thiers, un dernier se fiche dans un platane devant la mairie. Quelques minutes plus tard, des parlementaires à moto s’en vont à la rencontre des Américains. “Il y avait un curé à l’arrière, avec sa robe noire et un drapeau blanc”.

A ce moment-là, il ne reste plus que cinq Gardannais au centre-ville, dont Joseph Barre, son fils Henri, 11 ans, et le frère de Victor Savine. “Les premiers Américains arrivent par la route de Gréasque (l’actuelle avenue Léo-Lagrange, NDLR). Ils avaient dû passer à travers champs. C’était des fantassins, ils avaient le fusil au bras comme s’ils allaient à la chasse. Nous les avons embrassé, puis j’ai couru prendre mon appareil photo. Ils étaient très fatigués, ils se sont assis sur le trottoir. C’était à peu près huit heures.”

Dix minute après, la ville se remplit subitement. Les jeeps entrent en ville par le quartier Saint-Roch, puis, un peu plus tard, les blindés. “Tout Gardanne tremblait quand les chars sont passés, raconte Henri Ranguis, ils étaient une trentaine”. C’est évidemment l’euphorie, les cloches sonnent à la volée, les chewing-gums, les cigarettes et le chocolat pleuvent.