Made in Gardanne

Une histoire à quatre pays et une ville Energies 436 - Jeremy Noé

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Rencontre avec un couple de restaurateurs parmi les plus appréciés du centre-ville, le traiteur N’Guyen sur le cours Forbin.

C’est en France que Khamhung et Marie-louise se sont rencontrés et aimés, mais leur histoire commune les précède et couvre quatre pays. La guerre d’Indochine a déplacé leurs parents du Viet-Nam au Laos en 1954, où ils sont nés tous les deux. En 1975, la guerre civile laotienne et la dictature les fait fuir en Thaïlande, dans des camps de réfugiés. Jusqu’à Marseille, quartier Saint-Antoine, où les parents de Khamhung ouvrent un magasin d’alimentation générale.

C’est là, en donnant le coup de main à ses parents le week-end, qu’il fait à 25 ans la connaissance de Marie-Louise. Elle travaille dans un restaurant avec son frère, lui se fait électricien chez Airbus et Eurocopter : « Avec des horaires de travail très différents, on ne faisait que se croiser. Ce n’était pas l’idéal pour la vie de couple. » D’où l’idée d’ouvrir un restaurant.

UN RESTAU, UNE VIE À DEUX

Les débuts se font à nouveau sous le signe du déplacement. « On a fait Marseille, Arles, Montpellier sans rester chaque fois plus de trois ans. C’est finalement à Gardanne qu’on a décidé de poser nos valises en 1997, on a vu que la ville était sympathique, énergique, prometteuse... au bout de deux ans, ça nous a donné envie d’acheter notre chez nous. Ça va faire vingt ans... »

Vingt ans que Hung et Marie-Louise nourrissent les employés d’Alteo, des banques, les instituteurs du centre-ville, en se partageant les tâches indifféremment à la cuisine et au service, du mardi au samedi de 9h à 14h et de 16h à 19h45, et le dimanche matin. Peu de répit le lundi, car il est consacré aux courses. A 58 et 59 ans, ils se voient bien continuer encore deux-trois ans, mais tentent de dissuader leurs enfants de reprendre l’affaire, même si le fiston de 26 ans, qui travaille déjà dans la restauration, montre des velléités de succession.

C’est sûr, si Khamhung et Marie-Louise ne trouvent pas repreneurs, ils laisseront un grand vide. D’ici là, on peut toujours se régaler de leurs plats dont le porc au caramel ou le poulet thaïlandais. « On vient de loin pour les goûter, » précisent-ils dans un sourire.