CMP Charpak

Une aventure économique et scientifique Energies 406 - Stéphane Conty

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Depuis dix ans, le site Charpak de l’École des Mines de Saint-Étienne, installé à Gardanne, a accompagné plusieurs porteurs de projets innovants créateurs de la richesse économique de demain en favorisant la création de nouvelles entreprises.

JEUDI 21 NOVEMBRE, le site Charpak de l’École des Mines de Saint-Étienne organisait la deuxième édition de sa journée de l’Espace partenarial recherche et développement (EPRD).

C’est Daniel Ochoa, directeur adjoint chargé de l’innovation et du développement de l’École Nationale Supérieure des Mines de SaintÉtienne (ENSM.SE) qui a ouvert cette journée en rappelant que « L’EPRD est un outil de l’école pour le soutien au développement économique régional. Il aide à la création d’entreprises innovantes, portées par des entrepreneurs du territoire qui viennent s’installer chez nous pour développer leur projet qui doit avoir un lien avec ce que nous développons sur le site. Il met à leur disposition des locaux mais également un accès aux étudiants. L’école apporte à ces start-up ses connaissances métiers sur la recherche et la technologie. Nous travaillons en partenariat avec des incubateurs comme Impulse et Belle de Mai à Marseille. »

IL CÈDE ENSUITE LA PAROLE à Michel Fiocchi, chargé des relations industrielles de l’ENSM.SE, qui dirige et anime l’EPRD et qui pour l’occasion retrace la genèse du projet. « L’école s’est installée à Gardanne en 2003 avec deux missions principales, participer au développement du pôle microélectronique de Paca et concourir à la ré-industrialisation du Bassin minier de Gardanne.  » Une réflexion sur cette deuxième mission a conduit l’école à se positionner sur quatre axes majeurs qui sont l’aide à la création d’entreprises, l’accompagnement d’entreprises innovantes, attirer les étudiants vers la création d’entreprise et l’accueil des projets sur le site même de l’école.

C’EST AINSI QU’EN 2004, une première start-up sélectionnée par le dispositif d’amorçage de Provence, My Back-up (voir énergies 237) s’installe dans les locaux de Perform à Biver, alors occupés par l’école pendant la construction du site Charpak. « Ils étaient positionnés sur un projet de coffre fort numérique. Nous avons travaillé ensemble, nous les avons aidés à recruter et à trouver leurs premiers sous-traitants. Malheureusement pour eux, en 2005 une petite entreprise située de l’autre côté de l’Atlantique est entrée sur le même type de projet... il me semble qu’elle s’appelait Google, » explique Michel Fiocchi avec humour.

En 2005-2006 l’EPRD accueille trois nouvelles entreprises, Inovia, qui depuis a rencontré le succès, Mobilysim, qui est maintenant localisée en Bretagne et Spinroc toujours en activité.

C’EST EN 2008 qu’est officiellement créé l’EPRD, avec la mise en service de nouveaux bâtiments sur le site Charpak. L’EPRD héberge chaque année entre sept et onze projets, avec un positionnement clair sur l’accompagnement technologique. Quand une entreprise est lancée et commence son développement elle peut alors rejoindre une pépinière d’entreprises, comme celles de Meyreuil ou de l’Arbois, ou un hôtel d’entreprises comme celui de Morandat à Gardanne ou encore s’installer dans ses propres locaux. « Nous avons veillé à la mise en place d’un environnement propice à l’entrepreneuriat étudiant pour que nos élèves aient envie de se lancer dans l’aventure. C’est ainsi que sont nés des projets comme iPuP en 2009 et Sobuzz en 2010, » insiste Michel Fiocchi.

MAIS LA TOUTE PREMIÈRE ACCUEILLIE fut Tinteo. Son domaine d’activité était l’audition et notamment la conception de prothèses auditives. Sa fondatrice, Anne Touchain, invitée pour cette journée anniversaire, est revenue sur cette période et sur l’évolution de sa société. « Lorsque je suis arrivée en 2008 dans les locaux de l’EPRD je me sentais un peu seule. Après un premier recrutement en 2009 j’ai dû quitter l’EPRD en 2010 pour m’installer à la pépinière d’entreprises de Meyreuil. Ça n’a pas été facile car quand nous sommes partis de l’EPRD nous n’avions pas encore notre premier produit, Teo, que nous avons lancé en 2011. Entre 2011 et 2013 nous avons trouvé un premier distributeur puis développé notre gamme de produits. Ce qui n’est pas facile c’est que pour lancer un produit il faut compter environ deux ans entre le premier contact avec un distributeur et sa mise en boutique effective. Nous sommes maintenant distribués dans 250 points de vente, pharmacies et magasins Bastide. Pour la période 2014-2017 nous entrons dans une phase de développement, avec de nouveaux distributeurs et de nouveaux marchés. Nous comptons aussi réaliser entre cinq et sept embauches sur cette période. »

Stéphane Boyer, ancien élève ingénieur de l’école qui a reçu son diplôme en 2010 a présenté son entreprise So-Buzz (voir énergies 370), une plateforme de social media marketing qui propose des outils pour faciliter la gestion de sa présence sur les réseaux sociaux. « A notre sortie de l’école nous voulions tenter l’aventure de l’entrepreneuriat en développant des projets sur internet. Nous avons constaté que sur facebook il y avait un manque et des outils à développer pour les entreprises. Notre premier client a été l’OM ce qui nous a rapidement apporté une visibilité nationale. Maintenant nous travaillons pour des sociétés comme le groupe Casino, Eurocopter, Orange. Nous sommes sept dans l’entreprise et avons emménagé dans la pépinière du pôle média Belle de Mai de Marseille Innovation. »

CINQ ENTREPRISES ARRIVÉES SUR LE SITE avant 2013 sont aussi présentées, de même que les trois derniers entrants. Incas it sec, avec son projet Mistic propose des solutions pour la sécurisation des données dans les appareils électroniques, les réseaux physiques et le nuage. Nawa technologies oeuvre dans le domaine du stockage électrique avec une batterie fabriquée à partir de nano structures alignées de carbone, qui se recharge très rapidement, tient des millions de cycles de recharge et est peu sensible à la température. Exemple d’application, un bus électrique qui se recharge en quelques minutes à chaque arrêt.

Terradona s’intéresse pour sa part aux collecteurs des Points d’apport volontaires (PAV), et à la manière de les rendre “intelligents,” capables de reconnaître les usagers et les différents types de déchets afin de développer l’efficacité du tri sélectif. Un projet qui va être prochainement expérimenté sur trente PAV de la CPA et soixante PAV de MPM. La journée s’est conclue par une conférence sur l’entrepreneuriat par Marc Lassus, PDG de Gemplus, devenue Gemalto.