Troc Nature

Un jardin dans la ville Energies 419 - Bruno Colombari

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La quatrième édition de Troc Nature a été l’occasion pour des centaines de jardiniers amateurs d’échanger des plants et des conseils pratiques. Les conférences à l’espace Bontemps ont fait le plein.

IL Y AVAIT VRAIMENT DE TOUT À TROC NATURE CE SAMEDI 7 JUIN, Y COMPRIS UNE CHALEUR ÉTOUFFANTE QUI FAISAIT APPRÉCIER L’OMBRAGE DES PLATANES DE LA PLACE DULCIE-SEPTEMBER.Beaucoup de stands de trocs de plants, bien entendu, mais aussi du land-art, des jeux surdimensionnés, des bouquets garnis, des poules, des croqueurs de pommes... Et, nouveauté cette année, des conférences dans l’espace Bontemps tout proche. Il y aura été questions d’hirondelles et de martinets, de panneaux photovoltaïques (avec les élèves ingénieurs du site Charpak) et de safran, où l’on a pu comprendre pourquoi cette épice tirée d’une variété de crocus est si chère. Le mode de récolte, intégralement à la main, est en effet le même qu’au 18e siècle quand elle a été introduite sur la colline du Cativel. Et la production annuelle se compte en centaines de grammes...

A l’extérieur, sur le stand des Croqueurs de pommes, Michel Blondelet raconte à qui veut l’entendre le verger à Puyricard où sont conservées et préservées des variétés rares de pommes donc, mais aussi de poires, d’amandes ou de prunes. « Dans la grande distribution, on trouve cinq à six variétés de pommes, alors qu’il en existe 3500 dans le monde ! C’est un patrimoine qui fond à vue d’oeil. »

UN PEU PLUS LOIN, DANS UNE CAGE, DEUX GROSSES POULES ATTIRENT L’ATTENTION. « Avoir des poules dans son jardin, c’est intéressant, explique Armand Bardivia, de la LPO. Elle fournissent des oeufs, bien sûr, mais elle nettoient le sol des parasites et des insectes nuisibles. » Martine Coste, jardinière amateur, s’émerveille du temps d’échange non marchand qu’est Troc Nature. « Parfois, des gens viennent nous voir et n’ont rien amené, mais c’est pas grave, on donne. On en cultive pas que des plantes, on cultive aussi des relations. Jardiner, c’est cultiver l’espoir. »

AU STAND DE CITOYEN SOLIDAIRE QUI ORGANISE LA MANIFESTATION, on peut trouver des dizaines de pots préparés depuis l’hiver. Mais pas uniquement : un bénévole a recherché sur internet de bonnes idées pour recycler tout et n’importe quoi et en faire des pots. Ça va des palettes en bois aux emballages tétrapak en passant par des boîtes d’oeufs, des ampoules électriques, des rouleaux (vides) de papier toilette ou même des bottes en caoutchouc ! Et en invitée d’honneur sur le stand, il y avait Fifi du Montaiguet. A plus de quatre-vingts ans, elle arpente inlassablement les collines pour y ramasser de quoi faire de très jolis bouquets garnis qu’elle distribue bien volontiers. « Le romarin, ça va, il y en a toute l’année. Mais le thym, il vaut mieux le ramasser en hiver. Le feu de 2005 a détruit beaucoup de choses dans la colline. Mais maintenant je ne peux plus aller bien loin, je ramasse ce qu’il y a près de ma maison.  »

A propos de collines, il est question dans les projets de Citoyen solidaire de relancer l’opération Collines propres dans les prochains mois. A suivre...

Antoine Virzi* : « Avec la participation active des bénévoles »

Après une édition au cours de la République, Troc Nature est de retour à Bontemps. Pourquoi ?

Parce que nous avons mis en place des conférences pour lesquelles nous avons besoin d’une salle, et l’Espace Bontemps est très agréable. On a pu voir que le public était attiré par les sujets évoqués qui les concernent au quotidien, comme la production d’énergie solaire, par exemple. C’est aussi l’occasion de diversifier ce que propose Troc Nature. Il y a toujours l’échange de plants, mais on essaie d’aller plus loin. C’est un gros travail qui est mis en place avec la participation active des bénévoles.

* Conseiller municipal délégué à Citoyen solidaire.