mercredi 16 août 2017
 
 
 

Safari à la Fête de la science

Mis à jour le vendredi 10 mars 2017

Un safari insolite au pays des autochtones

Vous ne saviez pas que la science avait le sens de l’humour ? C’est pourtant ce qu’a démontré, preuves à l’appui, le Safari ici proposé dans le cadre des Voyages insolites de Marseille Provence 2013. Mettez votre casquette, embarquement immédiat !

Safari ici ! Heiko Buchholz

C’est un drôle de bonhomme avec un accent allemand et une cravate vert pomme. Il s’appelle Heiko Buchholz, artiste du collectif grenoblois Un euro ne fait pas le printemps, mais aujourd’hui, c’est Monsieur Martin. Son rôle, c’est servir de guide à nous autres, touristes embarqués dans le safari ici avec sur la tête une casquette jaune en guise de reconnaissance.

Nous voilà plongés dans le monde étrange et fascinant des autochtones. C’est-à-dire “ceux qui sont là où ils sont déjà...” Dans la grande salle du site Charpak, une trentaine de chaises alignées comme dans un bus nous permettent de prendre connaissance des consignes de sécurité : évitez de venir tout nu, n’utilisez pas vos bombes atomiques personnelles, inutile de vous raser le ventre ou les hanches, évitez d’avaler d’autres participants, laissez les globules rouges circuler librement dans votre corps...

Il s’agit aussi de bien comprendre les moeurs étranges des autochtones : ainsi, quand ils montrent leurs dents, ce n’est pas pour vous mordre, c’est juste qu’ils sont contents d’être dans le même espace-temps que vous. Il est conseillé de rester groupés, car les autochtones ont une fâcheuse tendance à se reproduire. Et quand ils se déplacent, ils aiment à le faire dans leur autopropulseur creux, quinze fois plus rapide qu’un chat qui court.

Ceci étant posé, nous voici transportés grâce à un autopropulseur géant (un autobus, donc) jusqu’au puits Morandat. « Là, les autochtones ont creusé la terre pour en sortir de la pierre noire. Mais ils ne l’ont pas fait avec leurs pattes, c’était trop profond, plus de trois mille fois la hauteur d’un chat ! » Car, il faut le savoir, les autochtones ont peur de cesser d’exister dans le noir. C’est pour ça que la nuit tombée, ils éclairent leur nid avec une lumière artificielle... Qu’il faut bien produire. Désignant une multiprise, Heiko Buchholz nous met en garde : « C’est un orifice énergétique qui permet de chauffer de l’eau ou de soulever des vaches. Mais je vous déconseille de mettre votre langue dedans. »

Soyons sérieux cinq minutes, voulez- vous ? Après tout, nous sommes à la Fête de la science... Dans la grande salle d’archives du BRGM, les participants du safari peuvent découvrir les plans des mines de bauxite, de charbon et même d’or, de 1840 à 2003, dans tout le quart Sud-Est de la France. Le plan d’une mine d’or ! Les yeux des enfants brillent. On y découvre aussi des photos de chevaux dans les galeries, on apprend ce qu’était un soutènement marchand, un mineur continu ou le principe des chambres et piliers.

On remonte dans l’autopropulseur et nous voici dans le centre de recherches d’Altéo, juste en face de l’usine d’alumine. Vêtus d’un tablier blanc et chaussés de lunettes de protection, les touristes en herbe ont le privilège rare d’entrer dans un laboratoire où l’on apprend qu’il faut quatre tonnes de bauxite pour faire une tonne d’aluminium, et que l’alumine entre dans la composition d’un tas de choses très utiles à l’autochtone, du dentifrice au gilet pare-balles en passant par le carrelage ou l’écran LCD. Dans ce labo, on expérimente des alumines réfractaires capables de résister à de très hautes températures (plusieurs centaines de fois celle du corps d’un chat) pour la fabrication des canettes aluminium ou de l’acier des carrosseries d’autopropulseur. L’alumine fine est aussi utilisée dans des bétons pour ses qualités de résistance et de dureté.

Il est déjà temps de repartir. Pendant le trajet de retour à Charpak, nous apprenons que l’autochtone utilise des machines à penser à sa place, ce qui est particulièrement pratique pour compter les chats. Et ici, à Gardanne, il y a même des autochtones qui pensent les machines à penser à leur place. Vous suivez toujours ? Bien. Vous êtes donc prêts pour la dernière épreuve, celle du chiffrement de César. Pour illustrer la recherche sur la sécurité électronique, un élève ingénieur nous initie aux secrets des messages codés, en reprenant la technique utilisée par le dictateur romain. Évidemment, à l’heure de l’internet, il est préférable de complexifier un peu le procédé, avec notamment le principe du couple clé publique-clé privée.

Mais voilà que le safari s’achève par une question hautement philosophique : ces autochtones que nous avons observé sont-ils heureux d’exister ? Nous vous laissons le soin d’y répondre.

Merci à Bruno Colombari pour cet article, publié dans Energies.

 
Haut de page   |    Plan du site   |    Flux RSS   |    Twitter  |    DailyMotion  |    Calaméo  |    Nous contacter   |   Retour accueil
Mentions légales
Retour