Accessibilité

Rendre la ville accessible à tous Energies 341 - Stéphane Conty

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Dans nos articles d’énergies traitant des travaux effectués dans les bâtiments communaux, il est régulièrement question d’aménagement PMR, pour personnes à mobilité réduite. En effet, depuis 5 ans Gardanne s’est engagée dans un projet pluriannuel de mise en accessibilité des bâtiments recevant du public pour les personnes handicapées.

Une loi du 5 février 2005 stipule que les bâtiments publics recevant des visiteurs doivent être accessibles aux personnes handicapées d’ici 2015. Si l’on peut s’étonner qu’il n’y a que 5 ans qu’une telle loi existe, il est encore plus surprenant de constater que des communes rechignent à y adhérer comme le regrette Didier Touat, élu en charge de la place des handicapés dans la ville.

« Je suis toujours effaré d’entendre des maires dire qu’ils ne sont pas concernés car il n’y a pas de handicapés dans leur commune. En France nous avons un retard énorme dans ce domaine par rapport à certains pays du nord de l’Europe ou aux États-Unis où cela fait plus de 30 ans qu’ils se sont penchés sur la question. »

Dès 2005 Gardanne a lancé un diagnostic afin d’évaluer les actions à mener pour être en conformité avec la loi en 2015. Outre des aménagements de voirie, une centaine de bâtiments communaux recevant du public est concernée par cette mise aux normes. Le coût de l’ensemble de ces aménagements a été évalué à environ 1,8 million d’euros.

« Dès que nous réalisons ou restaurons des installations communales recevant du public, nous intégrons l’accessibilité aux personnes handicapées dans le projet, explique Christian Gora, technicien municipal qui planifie et suit la mise en oeuvre de ces chantiers. Si pour du neuf ça ne pose pas de problème, c’est parfois plus délicat dans les bâtiments déjà existant. »

Lorsque l’on parle d’accessibilité, les possibilités d’entrer et de se déplacer à l’intérieur d’un bâtiment ne sont pas les seuls éléments pris en considération. En effet tous les handicaps sont pris en compte avec leurs problématiques spécifiques. Entrent donc aussi en jeu des éléments aussi divers que les hauteurs des poignées de portes et des interrupteurs, la qualité des sols ou l’aménagement des sanitaires.

« Pour nous la priorité c’est l’éducation et tout ce qui peut concourir à la participation citoyenne et à la vie dans les associations, souligne Didier Touat. C’est pour cette raison que nous commençons par la mairie et les écoles. »

Ainsi cet été la mairie a été équipée d’un ascenseur spécifique, de picots au sol pour faciliter le cheminement des non-voyants, les sanitaires ont aussi fait l’objet d’une mise en conformité. Un système de boucle magnétique destiné aux malentendants équipe désormais l’accueil, l’état-civil et la salle du conseil municipal. Il permet notamment d’amplifier le son via les appareils d’audition. L’accès externe prendra sa forme définitive dans le cadre de la 3e tranche des travaux du Cours qui concernera justement le boulevard de la République.

Le bâtiment Bontemps dont la salle d’exposition a été remise à neuf cet été a aussi fait l’objet d’une mise aux normes en matière d’accessibilité, de même que les vestiaires du gymnase de Fontvenelle. Dès le mois d’octobre c’est le bâtiment du service enfance-scolaire qui va être revu, avec une livraison prévue pour mars-avril 2011. Sur certains dossiers, le Conseil général qui gère la Maison départementale du handicap, apporte un soutien financier. Pour 2011 il a ainsi accordé 60 000 € de subventions pour des projets de mise en accessibilité qui vont concerner la mairie annexe de Biver, le parking Font du Roy, le complexe sportif de la Palun ainsi que les locaux municipaux faubourg de Gueydan qui accueillent l’association Contacts.

Toujours pour 2011, trois écoles vont bénéficier de la mise en accessibilité, Château-Pitty au quartier Notre-Dame avec révision de la hauteur des interrupteurs, lavabos et toilettes aménagés et installation d’un ascenseur, ainsi que les Terrils Bleus et Frédéric-Mistral à Biver. Des chantier scolaires qui représentent environ 120000€ de travaux, subventionnés pour moitié par le Conseil général. « Ces projets ont été pensés en relation avec les équipes éducatives afin de voir ce qui pouvait poser problème et ce qu’il fallait privilégier, » souligne Didier Touat.

Parmi les projets qui sont à l’étude il y a les vestiaires du foot et du rugby au stade de Fontvenelle, l’accès à la salle d’escrime qui se trouve à l’étage de même que le Cosec du Pesquier. Si pouvoir entrer et se déplacer à l’intérieur des bâtiments est une bonne chose, encore faut-il pouvoir y accéder. La voirie est donc elle aussi prise en compte avec notamment les places de stationnement réservées et les hauteurs des trottoirs aux arrêts de bus adaptées.

« Avec les associations de personnes handicapées nous avons établi des parcours partant de points clé comme la gare par exemple. Cela nous permet de voir où il y a des problèmes vis à vis de tous types de handicaps, pas seulement celui des personnes en fauteuil, explique Didier Touat. Ce qui me désole c’est que 35 ans après la loi d’accessibilité on a encore des aménagements faits en dépit du bon sens. Ainsi à la gare c’est une catastrophe. Il a fallu revoir les cheminements des quais au parking, les distributeurs de billets ne respectent pas la hauteur légale, l’ascenseur d’accès à la passerelle est régulièrement en panne et le revêtement de celle-ci est une calamité en fauteuil. Nous avions donné un avis avant la construction, mais les plans initiaux n’ont pas été respectés. »

Si la situation évolue et que les projets de mise en accessibilité se multiplient, c’est probablement au niveau des mentalités qu’il y a un travail à faire comme l’indique Didier Touat. « Il y a une nécessité de prendre conscience que l’accessibilité est un confort pour tout le monde et qu’à un moment donné tout le monde peut être concerné que ce soit à cause d’un handicap, d’une maladie ou de l’âge. Le jour où la différence fera partie des mentalités, alors nous aurons gagné. » A méditer...