Polémique Jean Roucas : mise au point de la municipalité

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Le maire de Gardanne Roger Meï et l’adjoint à la culture Mustapha El Miri reviennent sur la polémique liée à l’annonce de la déprogrammation du spectacle de Jean Roucas Le secret de l’abbé Taillère. Il n’y a jamais eu volonté de censurer l’artiste ou son spectacle, lequel pourra avoir lieu dans les conditions prévues si les trois acteurs se mettent d’accord. Les propos suivants sont issus d’une conférence de presse tenue le 19 septembre à 19h.

« La décision n’était pas politique, il y a eu une incompréhension »

Roger Meï : Ayant interprété que les acteurs ne joueraient pas le spectacle, la Ville a compris que la programmation ne pouvait être maintenue dans ces conditions. La société de production, en accord avec les acteurs, se tenait prête à proposer à la ville un spectacle de remplacement. Mais ce jeudi après-midi, les acteurs ont confirmé leur participation au spectacle, dès lors, la programmation est bien évidemment maintenue, sous réserve, qu’avec la production, les acteurs formalisent par écrit leur participation. Ceci dit il va va être difficile pour Jean Roucas de faire rire le public après tout ce ramdam.

« L’humanisme de la ville ne s’oppose pas à un homme, mais contre des idées nocives »

Roger Meï : Le combat pour l’égalité, ça fait longtemps que nous le menons : quand Bruno Mégret a viré le Sous-Marin, la ville qui l’a accueilli, c’est Gardanne. Je citerai aussi l’accueil de la Maison soins palliatifs, l’accueil des Roms... La ville se bat pour l’humanisme, pas contre un homme mais contre des idées nocives. La pièce de Jean Roucas est donc maintenue, si les acteurs décident tous de monter sur scène, et à condition qu’il y ait un contrat signé. Ce qui, par ailleurs, n’était pas le cas au moment où l’échange de mails litigieux s’est produit. Nous sommes pour la liberté d’expression, on combat les idées, et pas les hommes. La décision n’était pas politique, il y a eu une incompréhension sur ce qui allait se passer.

« Filtrer les artistes à l’entrée de la Ville selon leur couleur politique n’est pas souhaitable, ni pour la culture, ni pour la démocratie... »

Mustapha El Miri : Cet après-midi, nous avons eu la confirmation de la part des deux acteurs Yves Pujol et Macha Orlova qu’ils se désolidarisaient totalement des prises de position politiques de Jean Roucas, mais qu’ils peuvent jouer en tant qu’acteurs avec lui. C’est sur eux que nous mettons notre confiance pour la suite des évènements. Faut-il interdire des acteurs Front National ? Ça n’est pas la bonne solution, même s’il faut combattre le FN. Gardanne développe une politique culturelle sur le brassage, l’ouverture, l’intelligence collective, qui est aux antipodes de ce parti soutenu par Jean Roucas. Nous avons accueilli des dizaines et des dizaines de troupes de théâtre, et peut être que parmi elles il y avait des gens qui votaient FN, à gauche, à droite, à l’extrême-gauche... Si on commence à interdire l’un ou l’autre, cela voudra dire qu’il faudra demander à tous les acteurs qui viendront chez nous quelle est leur obédience politique, quel est leur point de vue, et ça, ce n’est pas souhaitable, ni pour la culture ni pour la démocratie locale.

« Si Jean Roucas se limite à jouer son rôle d’artiste, pas de problème, il pourra monter sur scène »

Mustapha El Miri : « La pièce n’aborde absolument pas des thématiques politiques, et ce qui est gênant, au fond, ce n’est pas le fait que Jean Roucas s’affiche avec le Front National, c’est qu’il le fasse dans une période électorale, car à partir de là il devient porteur médiatique d’un message politique. Si Roucas se limite à jouer son rôle d’artiste, il n’y a pas de problème, il jouera sur scène. En revanche nous serons vigilants sur tout prosélytisme, et pas seulement envers Jean Roucas. La pièce n’aborde absolument pas des thématiques politiques. La ville de Gardanne a toujours eu pour principe de ne pas interdire des spectacles. Sinon on sera obligés d’aller à la médiathèque et de sortir les livres de Céline ou d’autres... Et puis prenons l’exemple du Sous-Marin de Vitrolles, censuré par le FN à l’époque. Il est hors de question de répéter ce que nous avons combattu il y a une dizaine d’années.

« J’espère que Jean Roucas est plus drôle sur scène »

Mustapha El Miri : Nous avons reçu toute la journée des mails de militants d’extrême-droite qui ne font pas honneur du tout au Front National. Je ne sais pas si Marine Le Pen soutient des propos racistes et xénophobes, ou si elle estime que l’ouverture du FN s’exprime par des mots tels que "sale arabe", "on va vous mettre dehors". Si c’est cela que soutient Jean Roucas, j’espère qu’ils sera plus drôle sur scène.

 

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