Morandat

Pôle Morandat, le mariage de la culture et de l'économie Energies 411 - Stéphane Conty

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Quand la commune a fait l’acquisition du puits Morandat, outre le développement de l’activité économique, l’objectif était de créer un site pilote sur la culture scientifique et l’innovation technologique et industrielle. Voici les grandes lignes de ce projet ambitieux.

DÈS L’ACHAT DU PUITS YVON-MORANDAT À CHARBONNAGES DE FRANCE, la municipalité avait annoncé son intention d’y développer un pôle culturel. Restait à en déterminer le fond et la forme. Une démarche qui a été collaborative comme le souligne Mustapha El Miri, adjoint délégué à l’action et aux équipements culturels : « Il y a trois ans nous avons mis en place un comité de pilotage réunissant la ville, l’État, la région ainsi que des partenaires institutionnels comme la Drac, et différents experts et citoyens gardannais. L’idée a été d’en faire un site pilote sur la culture scientifique et l’innovation technologique et industrielle, un lieu de production dans le domaine scientifique, ayant vocation à être un équipement régional. Il doit aussi permettre une émulation autour de ces questions d’innovation et favoriser le développement du pôle d’entreprises innovantes. »

De ces trois années de réflexion est né un projet présenté lors d’un récent comité de pilotage tenu sur place en présence des représentants de l’État, de la région Paca, de la Communauté du Pays d’Aix, de l’Éducation nationale, de l’École des Mines de SaintÉtienne, de la Semag, projet qui s’articule autour de six fonctionnalités.

TOUT D’ABORD POUR GARDER LA MÉMOIRE DU LIEU, le projet prévoit d’y installer un centre d’interprétation de la mine. C’est la salle dite “des pendus” qui va être dévolue à cette mission. Le visiteur pourra y découvrir un parcours qui retrace l’histoire de la mine et ses techniques.

EN LIEN DIRECT AVEC CE VOLET, le chevalement va accueillir un parcours muséographique sur les géo-sciences, c’est à dire les sciences de la terre, baptisé Géoscopia. S’il ne sera pas possible de descendre dans les anciennes galeries, le visiteur pourra en revanche monter dans le chevalement, avec à chaque étage la présentation d’un aspect comme la nature du sol, la vie dans le sol, les ressources dans le sol, les énergies... Parvenu en haut, il pourra découvrir la magnifique vue panoramique qu’offre la structure, et y trouver des outils lui permettant de lire le paysage.

TROISIÈME DIMENSION, UN PLATEAU DE DIFFUSION MULTIFONCTIONS, qui pourra, selon les besoins, accueillir des salons, être salle d’exposition ou salle de spectacle. « C’est dans les anciennes douches de la mine, là où s’est tenue l’exposition sur le parcours d’une goutte d’eau l’été dernier dans le cadre de Marseille Provence 2013, que va être aménagé cet espace qui pourra devenir une salle de spectacle d’environ 400 places. Bien située à un quart d’heure de Marseille et d’Aix-en- Provence, elle va permettre de répondre à l’objectif assigné à ce pôle de rayonner audelà de Gardanne. Sa situation en périphérie de l’espace urbain permet d’atténuer d’éventuels désagréments pour le voisinage en termes de nuisances sonores et de stationnement. C’est aussi un lieu qui sera ouvert à toutes formes de structures et de spectacles, » souligne Mustapha El Miri.

QUATRIÈME FONCTIONNALITÉ, l’aménagement d’un espace où seront organisés conférences et séminaires. Réalisé sur deux étages à l’emplacement des anciens vestiaires des ingénieurs de la mine, il y aura au rez-de-chaussée un auditorium d’environ 130 places assises, et à l’étage une salle de réunion. Un lieu adapté aussi pour répondre aux besoins des entreprises en locaux de ce type pour l’organisation de journées de rencontres et d’échanges avec d’autres acteurs de leur secteur d’activité.

CINQUIÈME AXE DE DÉVELOPPEMENT DE L’ENDROIT, UN LIEU D’ACCUEIL D’ARTISTES EN RÉSIDENCE, mais également d’ingénieurs, de scientifiques, d’informaticiens, qui pourront éventuellement croiser leurs pratiques, notamment dans le cadre de la sixième fonctionnalité prévue, l’offre d’ateliers de médiation et de création consacrés aux pratiques autour des sciences et des technologies. L’endroit, qui prendra place dans les anciens vestiaires des mineurs, va accueillir cinq ateliers réalisés sous formes de modules indépendants. L’un sera consacré à un laboratoire sur les sciences de la vie et de la terre qui regroupent chimie, biologie, géologie...

Un autre, le CréaLab concernera la création numérique et sera équipé en matériel numérique (ordinateurs, écrans, caméras, vidéoprojecteurs...) et sera complété par un studio de post production. Il pourra aussi bien accueillir des projets numériques conduits par des professionnels que des activités pédagogiques dédiées aux initiations et formations pour un public amateur de tous âges. « Ce projet CréaLab pourrait faire l’objet d’une préfiguration en partenariat avec l’École des Mines de Saint-Étienne et des acteurs du Pays d’Aix, » explique Isabelle Miard, chargée de mission par la Ville pour la création du pôle culturel. Un atelier studio concernera la conception et la réalisation d’outils d’information et de diffusion pour la scène et les réseaux. L’atelier FabLab sera quant à lui axé sur la conception et la fabrication d’objets et de dispositifs, d’automates, de robots, l’usage d’imprimantes 3D...

ENFIN, VA ÊTRE CRÉÉ UN ATELIER ENFANTS POUR LES 3-6 ANS, proposant tous les ans un parcours découverte constitué de petites manipulations interactives. Une programmation qui sera développée pour les écoles maternelles et élémentaires. Le projet ayant été validé, il entre maintenant en phase de mobilisation des financements auprès de différents partenaires, et de programmation de sa mise en oeuvre. Un dernier point sur lequel nous ne manquerons pas de revenir au fur et à mesure de son évolution.