Parents, enseignants, questions d’autorité Energies 377 - Bruno Colombari

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Votre enfant entre en sixième. Comment l’accompagner ? Le secteur Éducation a organisé au cours du troisième trimestre trois rencontres avec les parents d’élèves de CM2 et les principaux des deux collèges de la ville.

Entrer au collège, c’est franchir un cap important dans la vie, celui qui sépare l’enfance de l’adolescence. Une étape souvent stressante pour les enfants de onze ans, mais aussi pour leurs parents, bien au-delà des questions de l’inscription ou de la liste des fournitures. C’est pourquoi le secteur Éducation de la Mairie, depuis l’an dernier, a mis en place des rencontres régulières avec les parents d’élèves de CM2 sous la forme de discussions-débat avec un intervenant de l’école des Parents et les principaux des collèges du Pesquier et Gabriel-Péri.

Le 14 mai dernier, dans la salle de restaurant de l’école Prévert, il était question d’autorité : comment rester proche et accessible, en tant que parent et enseignant, tout en maintenant une posture d’autorité vis-à-vis de l’adolescent ? L’intervenante, Patricia Lelièvre, connait bien le monde du collège pour y avoir animé pendant six ans un point d’écoute.

« Il faut avant tout distinguer l’autorité de l’autoritarisme. L’autorité implique des règles claires et du respect pour la personne. En famille, on apprend à vivre ensemble, à l’école on apprend un savoir. Il y a d’autres règles, d’autres limites. Par exemple, on entend parfois les enfants parler de balance. Il faut leur expliquer que le mot balance vient du vocabulaire des truands. Or, l’école n’est pas un système mafieux, et quand un enfant est victime, il doit pouvoir être entendu. De même, il arrive que l’enfant cherche à régler ses comptes avec les enseignants, qui ne sont pas des parents de substitution.  »

Odile Pacchini, principale du collège Péri, ajoute que « l’autorité doit être en lien avec la justice. Si on est injuste, on perd son autorité. Mais quel que soit le lieu, en tant qu’adulte nous avons tous une responsabilité vis-à-vis des jeunes. » Pour Philippe Angelini, principal du Pesquier, « l’autorité des enseignants n’est pas la même que celle des parents. Parfois il y a des heurts entre les deux. Mais il faut éviter que les enfants jouent les parents contre l’école. »

Des conflits, selon Patricia Lelièvre, souvent liés à de mauvaises expériences que les parents ont du collège. « Les parents se sentent parfois en compétition avec l’école quand le comportement de l’enfant y est différent qu’à la maison. Le pacte de confiance qui existait entre les parents et l’Éducation nationale s’est effrité, la complémentarité entre l’école et les familles est à reconstruire. Si les parents sont convaincus que l’autorité des enseignants ne leur enlève rien, ça va. C’est pour cela qu’il ne faut pas que les deux autorités (parentale et éducative) soient en concurrence mais plutôt en coopération. »

Ces rencontres où parents, enseignants et éducateurs peuvent échanger librement y contribue en tout cas. La troisième de ces rencontres a d’ailleurs eu lieu début juin au collège du Pesquier.