Non, cela n’arrive pas qu’aux autres…

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Depuis le mois de juillet, le Docteur Jean-François Garcia, adjoint à la santé et Magali Scelles, conseillère municipale, préparatrice en pharmacie, ont tissé un lien permanent avec l’ensemble des professionnels de santé de la commune. Ce travail de fond s’est rapidement concrétisé par l’ouverture de deux centres de dépistage, à Gardanne et à Biver. Une initiative municipale coordonnée par nos adjoints, Antonio Mujica et Arnaud Mazille, qui n’aurait pu exister sans le soutien de Citoyens Solidaires, de l’association gardannaise des infirmières libérales, du SDIS et des Sapeurs-pompiers du Centre de Secours de Gardanne, du CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) ainsi que des laboratoires Synlab et Eurofins. Depuis le 21 septembre, les deux centres ne désemplissent pas.

Au total, en 7 semaines ce sont près de 2500 tests qui ont été réalisés avec un taux de positivité variant de 4,5 à 22 % selon les semaines. Depuis quelques jours, certaines pharmacies pratiquent également des tests. Comme l’explique Magali Scelles, « chaque pharmacie a son propre fonctionnement. Certaines pratiquent les tests sur rendez-vous, d’autres pas. Ces tests dits antigéniques, par prélèvement nasal, permettent d’avoir un résultat dans la demie-heure. Il existe également des tests appelés Trod (tests rapide d’orientation diagnostique), réalisables en pharmacie. Cela consiste à prélever une goutte de sang à l’extrémité du doigt et les résultats permettent de savoir si on a développé des anticorps. »

Et même si les chiffres que l’on nous sert au quotidien semblent être optimistes, la prudence reste de mise. N’oubliez jamais que cela n’arrive pas qu’aux autres…
Nous avons rencontré Jean-Luc Ginoux à sa sortie de réanimation. Gardannais de longue date, Bivérois plus précisément, il a longtemps travaillé au service environnement de la Ville de Gardanne puis a rejoint la Métropole avant de prendre sa retraite en août dernier. Sapeur pompier volontaire, passionné de chasse, de pêche, et de nature, Jean-Luc était pourtant en pleine forme.

- Service communication : Où et quand pensez-vous avoir contracté le virus ?
Jean-Luc Ginoux : Chaque année en octobre, nous partons avec un petit groupe d’amis pour un mini-séjour où l’on partage notre passion. En rentrant, nous étions tous fatigués. J’ai pris rendez-vous pour me faire tester au centre de test de Gardanne deux jours plus tard. Le matin même avant d’aller à mon rendez-vous, j’ai fait un malaise à la maison. Je ne me sentais pas bien du tout et je me doutais du résultat avant même de l’avoir. Là-bas, ils ont été formidables… quand je vois tout ce personnel exposé au risque chaque jour, nous recevoir avec le sourire, nous rassurer, ça fait chaud au cœur. En sortant du test, je suis allé directement consulter un médecin à la permanence médicale de la Plaine.

- Service communication : Quels ont été les premiers symptômes ?
Jean-Luc Ginoux : Je ne me sentais vraiment pas bien, très fatigué, j’avais du mal à lever un verre d’eau. Là encore, j’ai été pris en charge par une équipe extraordinaire. La saturation en oxygène, qui en temps normal est au dessus de 95 % commençait à descendre en deça. Ils ont appelé les pompiers qui m’ont transféré à l’hôpital Nord. Le soir, mon état étant stable, j’ai pu rentrer chez moi, équipé d’un saturateur d’oxygène pour que je puisse me surveiller. J’ai passé le lendemain extrêmement fatigué. Le surlendemain, ma saturation en oxygène était à 91 %, mon épouse a rappelé le Samu, les pompiers m’ont ramené à l’hôpital Nord sur le champs, j’en ressortirai le soir, mon état étant stabilisé. Pour une courte durée. Le lendemain, je n’avais plus aucune énergie, j’avais du mal à respirer, ma saturation est tombée à 88. Je suis donc reparti une troisième fois à l’hôpital Nord, sous oxygène. Après une bonne série d’examens, j’allais y rester...

- Service communication : La réanimation, comment ça se passe ?
Jean-Luc Ginoux : J’ai été rapidement placé en réanimation. Je n’étais pas seul, le personnel courait partout, je me suis retrouvé dans une chambre remplie d’appareils. Là on prend conscience de la gravité de son état de santé. Même avec l’oxygène j’avais l’impression que l’air me manquait, je ne pouvais plus bouger. Un soir, le médecin m’a dit M. Ginoux, on va vous placer sur le ventre, il va falloir faire tout ce que l’on vous demande pour éviter l’intubation. Toutes les heures le personnel venait me voir, des gens motivés, un engagement sans faille. Je me sentais en confiance, je savais que mes proches avaient des nouvelles au quotidien, ça aide beaucoup. J’ai eu la chance d’éviter l’intubation ce qui n’est pas le cas de tout le monde… Au bout de 8 jours je suis sorti de réanimation, mais je suis resté encore deux jours à l’hôpital.

- Service communication : Après cette épreuve, on voit la vie autrement ?
Jean-Luc Ginoux : On voit la vie oui. Lorsque j’étais à l’hôpital, mon épouse a été testée positive à son tour. Je suis conscient de faire partie des privilégiés. Je suis là. Je tiens à souligner le professionnalisme de tous ceux que j’ai croisé durant cette épreuve, leur engagement, leur gentillesse, leurs paroles, ils ont été omniprésents, au centre de test, à la permanence médicale, lors de mes transports par les sapeurs-pompiers, à l’hôpital. On se dit tous ces gens, pour moi ? Ils ont risqué leur vie chaque jour pour sauver la mienne, toujours avec le sourire. Je ne leur exprimerai jamais assez ma gratitude.

Aujourd’hui, près d’un mois après les premiers symptômes, Jean-Luc est encore faible, essoufflé, il sait qu’il lui faudra encore attendre avant de retrouver un bon état de santé. Puis les examens ne sont pas terminés, il va falloir se surveiller. Souhaitons-lui comme à tous ceux qui sont touchés un bon rétablissement.

Pratique :
- Tests Covid : A la salle polyvalente de la Halle Léo Ferré, les mardis et jeudis, de 8h à 12h et à la mairie annexe de Biver, les lundis et mercredis, de 8h à 12h.
Les tests se feront uniquement sur rendez-vous en appelant, entre 8h et 12h du lundi au vendredi, le 04 42 16 93 60.
- Numéro vert mis en place par la commune : 0800 880 950 du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30.
- Site de l’agence régionale de santé

 

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