Marchands de sommeil : tolérance zéro ! Energies 503 - 28 novembre 2018 - Jeremy Noé

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QUAND VOUS RENTREZ CHEZ VOUS APRÈS UNE JOURNÉE DE TRAVAIL, peut-être que vous décompressez dans un salon suffisamment grand pour avoir un recul correct devant la télévision. Ou suffisamment grand pour pouvoir jouer avec vos enfants. Avec une hauteur sous plafond vous offrant l’espace nécessaire pour ne pas vous sentir oppressé, avec l’envie de fuir votre appartement dès que possible. Cela vous semble naturel  ? Pas pour tout le monde.

À Gardanne on trouve par exemple à la location un logement de 7m2, où l’espace de vie, meubles et électroménager sont assemblés comme dans une (mauvaise) partie de Tetris. Et ce pour la modique somme de 358€ mensuels... Si la Ville combat de longue date l’habitat indigne, elle vient de se doter d’un nouvel arsenal qui devrait donner des sueurs froides aux bailleurs indélicats - dits aussi “marchands de sommeil.” Une délibération votée en Conseil municipal soumet désormais les propriétaires de studios au T2 à une autorisation de la Mairie avant de mettre leur bien sur le marché.

Le dispositif est dans un premier temps circonscrit dans et aux abords directs du centre ancien, et sera étendu après évaluation du nombre de dossiers à traiter. Les logements seront examinés selon des critères de décence élémentaire : superficie, équipements , présence de fenêtre... Les propriétaires devront déposer leur dossier au service urbanisme (bâtiment St-Roch, avenue de Nice, tél. 04 42 51 79 62). Les contrevenants s’exposeront à des sanctions pénales. La Ville se montrera intraitable (lire le mot de l’élue).

CONTRE L’HABITAT INDIGNE En parallèle, la Ville développe ou soutien de nombreuses initiatives pour le droit à tous à un logement décent. Elle est membre du PIG, Programme d’intérêt général qui subventionne les travaux de réhabilitation. Elle-même octroie des enveloppes de 900€ pour la réhabilitation des toitures et des façades. À cela s’ajoutent des aides financières de la Région et de la Métropole.

En outre, une politique volontariste auprès des bailleurs permet à la Ville d’obtenir de belles réalisations, comme la réhabilitation complète de l’hôtel Krim, rue Kruger (six logements refaits à neuf, avec Néolia). Enfin, le label Génération développe des logements spécialement conçus pour maintenir les personnes âgées en centre-ville, avec en ligne de mire la dynamisation du centre-ville (les personnes âgées se déplacent moins et consomment local, auprès des petits commerces).

LE MOT DE L’ÉLUE

« Ce nouveau dispositif de contrôle des biens en location a en premier lieu l’avantage de soulager les locataires de démarches qui ne sont pas toujours évidentes à entreprendre sans se mettre en délicatesse avec son propriétaire. Avoir un toit décent est un droit élémentaire, c’est essentiel à chacun pour qu’il puisse se construire, et construire avec les autres. Nous serons extrêmement vigilants sur chaque dossier, il n’y aura aucune tolérance. »

Nathalie Nerini,
Adjointe au Maire déléguée au logement