samedi 21 octobre 2017
 
 
 
Ecouter voir à la médiathèque

Nan Goldin, Roni Horn, Martin Parr

avec l’atelier municipal d’arts plastiques
Mis à jour le vendredi 10 mars 2017

mardi 3 juin à 18h30 dans l’auditorium

Martin Parr
2002, 14’.

Passionné par la photographie depuis l’âge de quatorze ans, Martin Parr a fait ses débuts en noir et blanc. Attiré par les églises anglaises non conformistes qui disparaissaient, il en fit un de ses premiers sujets, ce qui était aussi une façon d’observer certaines traditions. En 1982, le photographe est passé à la couleur. Actuellement, il tient à montrer l’ambiguïté et l’embarras qui règnent en Angleterre, pays auquel il est attaché.

Pour Martin Parr, il est tout aussi important d’observer les problèmes de la vie occidentale que ceux du tiers-monde, ces derniers étant bien plus souvent représentés. Il a ainsi effectué des prises de vues de supermarchés, de stations balnéaires ou d’inaugurations, et s’est parfois fixé des thèmes comme "les couples qui s’ennuient" ou "la relation qu’entretiennent les gens avec leur voiture". Après une production de cartes postales "ennuyeuses", qui ont eu du succès, il s’est rendu à Boring, aux États-Unis, où, en résonance directe avec le nom de la ville, il a prolongé sa série de choses ennuyeuses en photographiant "tout", c’est-à-dire rues, maisons et magasins. Au cours de ses nombreux voyages, Martin Parr a visité beaucoup de petits studios aux décors souvent très kitsch. Il y a fait son portrait en gardant toujours la même pose, assis sans sourire, pour souligner les différentes techniques employées et faire la célébration de ces studios un peu partout dans le monde.

Nan Goldin
1999, 13’.

"On a toujours pensé à tort que mon travail portait sur le monde des fêtes, de l’underground’, de la drogue. S’il est vrai que ma ’famille’ a toujours été marginale et que nous refusons les normes de la société, je ne crois pas que mon travail parle de ça. Mes photos parlent de la condition humaine, de la douleur et de la difficulté de survivre."

Boston, début des années soixante-dix : l’adolescente Nan Goldin vit la nuit dans les clubs, la beauté des travestis la trouble par-dessus tout, son appareil photo est déjà pour elle le meilleur moyen de garder les traces de "la vraie vie" et lui fait office de mémoire. Quelques années de dépendance à la cocaïne plus tard, une cure de désintoxication en 1988, elle s’installe à nouveau à New York, rentre dans le champ de ses photographies, découvre l’influence de la lumière naturelle sur la couleur. "Pendant des années, mon travail a traité de la dépendance sexuelle. Je ne suis pas obsédée par le sexe, mais par l’idée qu’on peut être dépendant sexuellement de quelqu’un, qui ne convient pas forcément sur le plan affectif ou intellectuel. Pourquoi ce besoin d’être deux est-il si fort ? J’aime photographier les gens, leur identité sexuelle, leur comportement physique. Je pense qu’il existe bien plus que deux sexes. Tout consiste à avoir le courage de transformer sa propre image."

Roni Horn
2004 , 15’.

"Ricochant" du dessin à la sculpture et à la photographie, Roni Horn se dit avant tout une artiste de la "découverte" et du "paradoxe". C’est le processus, la progression, l’imagination suppléant aux lacunes du réel qui l’intéressent. La diversité de ses travaux sur le paysage et le portrait permet à cette artiste "en fuite" d’approcher le mystère de la vie sans prendre la voie descriptive.

Si les Américains, selon elle, ne croient que ce qu’ils voient, Roni Horn veut, elle, rendre visible ce qui ne l’est pas et qui pourtant existe. Fascinée par l’eau – la prendre en photo est une absurdité qui lui plaît –, elle cherche dans cet élément et les signes lumineux qui en animent la surface la trace d’une intimité qui n’a pas survécu à notre naissance. Pendant de nombreuses années, elle part en Islande en quête du cercle arctique, convention géographique mais métaphore, pour elle, du cycle de la vie. Elle explore le rapport de l’homme à l’infiniment grand et à l’infiniment petit jusque dans sa manière d’exposer. Ainsi, place-t-elle au-dessus du regard du spectateur, pour qu’il ne puisse les voir qu’avec du recul, ses prises de vues de l’océan, les portraits du couple d’Islandais chez qui elle a habité, les photogrammes d’un feuilleton qu’ils regardaient ou encore les visages de jeunes baigneuses reflétant les variations à peine perceptibles du climat.

Auditorim de la médiathèque,
Entrée libre.

 
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