Logement : Une délégation chez le préfet Energies 453 - 27 avril 2016 - Bruno Colombari

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Le 30 mars dernier, Roger Meï a été reçu en Préfecture pour expliquer la situation intenable de Gardanne sur la question du logement. Et demander que l’État fasse un effort.

À l’appel du maire, une centaine de Gardannais se sont retrouvés devant l’hôtel de ville avant un départ collectif en bus à Marseille, à la Préfecture de région. C’est là que le préfet Stéphane Bouillon a reçu pendant près d’une heure une délégation d’une dizaine d’élus autour de Roger Meï. L’objectif était clair : « Nous demandons à l’État que la Ville dispose de la moitié des attributions de logements sociaux qui sont construits chaque année sur le territoire de la commune. Le préfet s’est engagé à transmettre notre demande à la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, » a indiqué Roger Meï à la sortie de la délégation.

Alors que la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) exige de toute commune de plus de 3500 habitants qu’elle compte au moins 25 % d’habitations à loyer modéré, Gardanne respecte ce seuil et le dépasse même (27%), ce qui n’est pas le cas de 42 villes du département ! Par ailleurs, le gouvernement a annoncé l’an dernier la mise en place d’une aide aux maires bâtisseurs à hauteur de 2000 euros par logement construit au-delà du taux de croissance normal (1% par an). Les communes qui ne respectent pas la loi SRU n’y ont pas droit.

Et Gardanne ? Non plus. Notre ville répond à deux critères sur trois : le respect de la loi et le fait de se situer dans une zone dite “tendue” (où le nombre de logements est inférieur à la demande). C’est le troisième qui coince : il s’agit du potentiel financier par habitant. Depuis l’entrée de Gardanne dans la CPA et la Métropole, celui-ci a monté et dépasse le plafond autorisé. Ce qui ne veut pas dire que les revenus des Gardannais aient suivi le même chemin...

GARDANNE NE BAISSE PAS LES BRAS

« Le préfet va créer une commission d’attribution pour mieux répartir les demandes de logements sur le territoire, explique Nathalie Nerini, adjointe au maire et déléguée au logement. Le problème, c’est qu’on va répartir les demandeurs là où il y a du logement social, à savoir essentiellement Aix, Vitrolles et Gardanne. » Sachant que pendant ce temps, la liste d’attente des demandeurs de logements sur la commune s’allonge, puisqu’elle concernait, en mars dernier, 850 foyers.

Malgré tout, la Ville a mis en place un conseil local du logement qui associe la Confédération nationale du logement, le CCAS, l’Adil (Agence départementale d’information au logement) et des élus de la majorité et de l’opposition. « On analyse les dossiers de demandeurs qui sont très loin dans la liste d’attente et qui sont en situation d’urgence. Comme nous pouvons proposer trois candidats par logement, nous en mettons deux qui sont en liste d’attente et un en situation d’urgence. C’est un système clair et transparent qui permet d’apaiser les tensions. »

La Ville travaille également sur l’accession sociale à la propriété via le PLH (programme local de l’habitat), à un programme de logement pour les personnes âgées rue de François (printemps 2017) et a signé une convention avec l’association HandiToit pour l’accueil de personnes handicapées. Le 18 avril dernier, Roger Meï a été reçu en sous-préfecture d’Aix pour travailler sur la réhabilitation de la cité Oreste-Galetti de Biver. La Préfecture s’est engagée à participer au financement auprès du bailleur.