Les jeunes et nous, et nous... Energies n°475 - 30 mai 2017 - Jeremy Noé

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Une association aixoise, le service Jeunesse de la ville et le cinéma 3 Casino ont recueilli la parole de jeunes Gardannais sur leur ville.

LE TRAVAIL MENÉ PAR LA VILLE ET SES PARTENAIRES DANS LE CADRE DE LA POLITIQUE DE LA VILLE -DES MOYENS RENFORCÉS PAR L’ÉTAT POUR DÉVELOPPER CERTAINS QUARTIERS PRIORITAIRES- donnent des résultats parfois aussi inattendus qu’intéressants.

Illustration avec la présentation des ateliers audiovisuels menés par l’association aixoise Anonymal, avec la collaboration du service Jeunesse et du 3 Casino. Lequel accueillait fin avril une soirée projection-débat, avec à l’honneur un film de quinze minutes, Regard des jeunes sur Gardanne, tourné par et avec des jeunes Gardannais de 12 à 18 ans.

Le but de la manoeuvre ? Favoriser la parole des habitants, éduquer à la citoyenneté, contribuer à tisser des échanges dans les quartiers par l’image et le son. Un domaine dans lequel Anonymal excelle, et cher à la Ville. « Avec ce film, on a cherché la sincérité, la franchise, on a fait sans masques, » prévenait Djamal Achour, directeur de l’association, avant la projection. « Il s’agit d’un instant T, à un moment de Gardanne, avec un groupe de jeunes, » complétait Rémi Rongier, réalisateur qui a supervisé les ados en question.

Des précautions qui avaient pour but de préparer les esprits à des témoignages effectivement tous azimuts : « L’hiver il y a rien à faire. » « Moi je veux trouver des filles.  » «  La piscine de Gardanne elle est bien mais elle est trop fréquentée par les Marseillais et les Aixois, enfin surtout les Aixois, c’était mieux quand elle était municipale. » « On veut faire du shopping à Gardanne comme à Aix, des Zara et des H&M. » « Pour sortir avec une fille de Gardanne c’est trop la galère, elle veulent la voiture, l’argent. » « Moi les filles de Gardanne c’est trop la galère, j’ai abandonné. » «  Il faudrait une discothèque. » « Il faudrait plus de bus en soirée... »

« SOYONS PARTENAIRES »

S’ils savent apprécier certaines animations de la ville (Arts & Festins du Monde...) l’implication du service Jeunesse, s’ils en reconnaissent l’esprit solidaire (« Nous ici on a une bonne mentalité, on accepte tout le monde quelle que soit leur religion ou leur vie sociale. ») force est de constater que nos jeunes on la dent dure !

Or en face, ce soir-là parmi le public
- dont les jeunes témoignant dans le film - trois élus n’en ont pas perdu une miette, et se réjouissent d’écouter leurs critiques :

« Toutes ces initiatives menées dans le cadre du “Contrat de ville” sont une manière pour les élus de sonder les administrés. Ne vous censurez pas, demandez, et nous verrons ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, tandis que de notre côté avec le service Jeunesse on va travailler ensemble de manière à renforcer ces échanges pour développer la ville. Comme vous, j’ai envie qu’elle se développe dans le bon sens. Soyons partenaires ! » lancait Nathalie Nerini, adjointe à l’urbanisme.

« Ce que vous avez démontré ce soir, c’est l’effet participatif de la ville : une ville qui permet aux gens de travailler en coopération dans tous les domaines. C’est une dynamique très forte, » se réjouissait Jean-Marc La Piana, adjoint à la culture.

« On m’avait dit qu’il y aurait des surprises ce soir, alors moi j’aimerais vous dire : Jeunes, bravo d’avoir osé parler, être acteurs de votre ville, votre fraîcheur, spontanéité, sincérité, on voit que c’est sorti du fond du coeur. Toutes ces paroles vont être la source d’échanges et de suivi, » commentait Jocelyne Masini, adjointe à la jeunesse, en proposant la mise en place d’une boîte à idées au service Jeunesse.

Vous avez dit “Éducation à la citoyenneté ? ” Nous suivrons en tous cas ça de près.

 

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