Environnement

Le biogaz de la Malespine valorisé Energies 325 - Loïc Taniou

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La ville vient de signer avec Verdesis un contrat de valorisation du biogaz produit à la décharge de la Malespine. Cette filiale d’Edf aura en charge l’installation et la gestion d’une centrale qui produira l’équivalent d’une consommation électrique de 2600 habitants.

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Terre d’énergies positives

Le 20 octobre, le biogaz et sa valorisation ont fait l’actualité avec la signature entre Verdesis, filiale d’Edf pour les énergies nouvelles et la Semag, la société d’économie mixte de Gardanne qui gère notamment la décharge de la Malespine. « L’idée de valoriser le biogaz par la création d’une centrale électrique est l’aboutissement d’un projet né il y a dix ans, a souligné Roger Meï, maire et président de la Semag. On a essayé différentes solutions mais c’est celle proposée par Verdesis qui a retenu notre attention. Elle va permettre de produire l’équivalent de la consommation quotidienne de 2 600 personnes. »

La centrale ainsi construite sur le site de la décharge de Malespine utilisera le biogaz issu des lixiviats (liquides provenant de la percolation de l’eau à travers les déchets) pour produire de l’électricité. Quarante mille tonnes de déchets ménagers et industriels banals sont enterrés chaque année au centre d’enfouissement de la Malespine et produisent un débit moyen de biogaz de 500 nanomètres cube par heure.

Un ensemble d’avancées en faveur des énergies renouvelables

« Cette initiative s’inscrit dans un ensemble d’avancées de la commune en faveur du développement durable et des énergies renouvelables, a précisé Roger Meï, parmi lesquelles on retrouve l’installation d’un futur parc photovoltaïque de 5 hectares sur les anciens terrils des Sauvaires et le possible recours à la géothermie dans un proche avenir. Gardanne a été une terre d’énergie avec le charbon, elle sera aussi une terre d’énergies renouvelables.  »

Mais qu’est réellement le biogaz ? C’est un gaz qui est produit par la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l’absence d’oxygène. Cette fermentation appelée aussi méthanisation se produit naturellement (dans les marais par exemple) ou spontanément dans les décharges contenant des déchets organiques. Il peut être aussi fabriqué artificiellement à partir de boues d’épuration, de déchets organiques industriels ou agricoles... Le biogaz est un mélange composé essentiellement de méthane (50 à 70%), de dioxyde de carbone avec également un peu d’eau, et de sulfure d’hydrogène. L’énergie du biogaz provient ainsi du méthane que l’on retrouve notamment dans le gaz naturel.

Auparavant, le biogaz de la Malespine était simplement brûlé à une torchère située sur la décharge, sans utilité propre. Avec la construction de la centrale, ce dernier va connaître un nouveau développement en servant de support à la production d’électricité. « Nous allons rechercher une plus grande qualité du gaz que l’on capte et une amélioration de la performance du site, a rappelé Jean-François Velly, directeur de la Semag, avec des réseaux de drainage plus performants et la construction de nouveaux puits. La signature d’un contrat de quinze ans avec Verdesis, suite à une appel d’offre, concrétise un projet de qualité. »

Verdesis est une filiale d’EDF pour les énergies nouvelles spécialisée dans le développement de projets de biogaz en France et à l’international. Elle développe la filière avec le double objectif de valoriser cette énergie durable et d’en devenir un acteur majeur. À ce jour, elle a équipé plus de 30 sites en Europe dont un à Orange et un autre à La Ciotat. Elle fournira l’équipement et son installation, soit une centrale électrique et une amélioration du système de captage du biogaz pour un investissement d’environ 2 millions d’euros.

Une intégration paysagère et un respect du voisinage

La puissance de la centrale sera de 834 kW. L’électricité produite ira rejoindre le réseau Edf. Elle sera payée par EDF à Verdesis qui, en retour, reversera à la Semag (qui exploite le site de la Malespine) une redevance en fonction de la qualité du biogaz fourni. Les travaux vont durer entre 12 à 14 mois. Les “petits plus” qu’offrent Verdesis sont un traitement exclusif du gaz qui préserve l’environnement, grâce à des équipements qui permettent par exemple le séchage du biogaz par condensation ou l’élimination des polluants du biogaz par un système de cuves. Le système d’exploitation proposé évitera la production d’environ 1 950 tonnes de CO2 par an.

Les autres points forts du projets sont aussi l’isolation acoustique, une réelle intégration paysagère dans le site et le respect du voisinage. De plus, un emploi à plein temps pour la maintenance et la gestion de l’équipement est créé. C’est un Gardannais, fils et petit-fils de mineur qui a été recruté par Verdesis comme technicien d’exploitation et de maintenance. Il est titulaire d’un BTS électrotechnique obtenu au lycée Fourcade. Il a travaillé à la centrale thermique de Gardanne. Il sera associé aux travaux d’installation avant de prendre ses fonctions.