La ville locomotive carbure à l’économie Energies 413 - Carole Nerini

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Lancé en 2010, le Plan d’actions globales sur les énergies (Page) s’inscrit dans la Charte de l’environnement initiée par la municipalité. Le bilan annuel et les actions à venir ont été présentés le 15 mars. Une occasion de mieux comprendre pourquoi Gardanne est devenue ville pilote en matière d’énergie.

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Terre d’énergies positives

MIS EN PLACE PAR LA MUNICIPALITÉ DANS LE BUT DE MAÎTRISER LES CONSOMMATIONS ÉNERGÉTIQUES DE LA COMMUNE et de mettre en oeuvre différentes actions permettant de faire des économies, le Page a révélé de bons résultats sur l’année 2013. « Depuis quatre ans, les économies d’énergie générées grâce à la création du Page sont encourageantes, explique Anthony Pontet, conseiller municipal en charge de cette question. Aujourd’hui, les chiffres sont parlants, clairs et nous poussent à poursuivre nos efforts dans les bâtiments communaux, les constructions à venir comme la maison de la Vie associative ou le foyer du 3e âge, sur la voie publique mais également dans les résidences privées.  »

Historiquement, le Page a été créé pour réduire les consommations des bâtiments communaux. Un travail de longue haleine où il a fallu dans un premier temps dresser un bilan des dysfonctionnements dans chaque structure. Après la nomination d’un économe de flux, des référents énergie ont été choisis dans chaque service municipal. Dès 2011, la consommation avait déjà baissé de 10%. Si la sensibilisation se poursuit, agrémentée de travaux permettant de maîtriser les consommations le Page s’est rapidement étendu à une démarche plus globale. Dans le cadre du programme Agir (Action globale innovante pour la région), Gardanne a été nommée Ville locomotive pour ses différentes actions.

COMME L’A RAPPELÉ LE MAIRE LORS DE LA PRÉSENTATION DE CES RÉSULTATS, « nous mettons tout en oeuvre afin que la Ville produise autant d’électricité qu’elle en consomme. Dernièrement, plus de 38000 panneaux solaires ont été installés sur le terril des Sauvaires couvrant les besoins de 2600 foyers. Une mini centrale photovoltaïque vient de voir le jour au groupe scolaire du centre (lire en détail p.8). Le projet de couverture en panneaux des grands bâtiments de la ville se poursuit. Tout comme le travail de réflexion sur la récupération des eaux tièdes de la mine. Il y a là un potentiel énorme avec une eau à 24°C. »

Ce principe de géothermie actuellement à l’étude par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) consisterait à pomper les eaux d’ennoyage, de stocker les calories afin qu’elles puissent être réutilisées pour le chauffage urbain, par exemple. Le résultat des études et les différentes possibilités offertes par ce procédé devraient être présentées dans les semaines à venir.

LA QUESTION DE L’ÉCLAIRAGE PUBLIC RESTE UNE PRIORITÉ DU PAGE. Comment éclairer la ville ? Quand ? Avec quels moyens techniques ? Sur le tronçon communal du CD6, le seul à rester éclairé la nuit, la Ville a récemment fait le test d’une extinction de minuit à 5h du matin. Différents essais pour réduire l’éclairage du boulevard urbain ont également été réalisés. Anthony Pontet poursuit  : « nous avons décidé de remplacer au fur et à mesure toutes les ampoules par des Leds ce qui permet de réduire la consommation par cinq, tout en mettant un tronçon à l’étude car nous n’avons pas beaucoup de recul sur ce matériel. Des horloges astronomiques ont en parallèle été installées. Nous prévoyons également d’aider les lotissements privés au remplacement des luminaires par des ampoules moins consommatrices, puisque c’est la Ville qui paye ces consommations. Nous menons l’expérience avec le lotissement Van Gogh dans un premier temps avec l’objectif d’étendre ce projet aux autres. »

PUISQU’IL ÉTAIT QUESTION DE BILAN ANNUEL, c’est Yazid Chebah, économe de flux qui a présenté les différentes actions menées en 2013. « La priorité a été donnée aux travaux dans les écoles avec les remplacements de menuiseries, l’isolation de plafonds afin de lutter contre les déperditions. Nous avons commencé l’installation de robinets thermostatiques sur le groupe scolaire du centre-ville. Dans d’autres bâtiments, notamment dans les gymnases de Fontvenelle et Léo-Lagrange, nous avons posé des régulations avec réduit de nuit et relance toutes les quatre heures. La mairie annexe de Biver ainsi que la crèche ont été raccordées au chauffage urbain. Rappelons que la commune a remplacé les chaudières à charbon du complexe de Fontvenelle et de Biver par des chaudières à bois. Depuis l’an dernier, ces deux chaudières fonctionnent au bois plaquettes en provenance de Pertuis favorisant les circuits courts. »

La consommation de carburant des véhicules municipaux a enregistré une baisse de 4% malgré l’augmentation des prix de l’essence. En effet, un suivi kilométrique ainsi que la rationalisation du parc automobile a permis cette économie. La Ville a acquis un véhicule électrique et prévoit d’en acheter un par an. Des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires, auprès de la population et des employés communaux constituent un autre volet important du Page. En collaboration avec l’association

Les verts terrils (demandez à vos enfants s’ils connaissent Gilles Campana !), des interventions liées à l’environnement ont régulièrement lieu dans les classes. Des réunions mensuelles sur les économies d’énergie afin de vous aider à maîtriser vos factures d’électricité et de chauffage vous sont proposées à l’espace Parents (près du square Veline). Ces séances d’informations ont lieu en partenariat avec la Caf, la maison de la Solidarité, l’AAI, le CCAS et GDF Suez. Les prochaines séances se dérouleront les lundis 14 avril, 12 mai et 16 juin de 14h à 16h. L’entrée est libre.

Le Smed aidera directement les communes

Créé à l’initiative de l’Union des Maires des Bouches-du-Rhône en 1994, le Smed 13, organisme de coopération intercommunale, intervient dans le domaine de l’électrification et des services liés à l’électricité et aux réseaux électriques pour le compte des communes qui en sont membres. « Jusqu’à présent, explique Bernard Bastide, vice-Président du Smed, les communes encaissaient une taxe de 8% maximum sur les consommations EDF. A compter de janvier 2015, cette taxe sera dévolue au Smed qui à travers la création d’une commission, reversera une partie de cette taxe aux communes membres pour des travaux ou des projets ayant un lien direct avec les économies d’énergie. »