La rue est à nous ouvrira la saison culturelle

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La rue est à nous ! c’est le festival des arts de la rue qui ouvre habituellement la saison culturelle à Gardanne. Cette année, ce sera le samedi 19 septembre, une semaine après le forum des associations. Une édition grand format avec sept spectacles gratuits en plein air précédé par un préambule, L’Arapède, la comédie de Jean Jaque jouée le vendredi 18 à 20h30 à la Maison du Peuple.

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La rue est à nous ! Programme 2020 à télécharger

L’inauguration aura lieu à 11h30, mais la journée aura commencé dès 9h30 avec un atelier Parent-Enfant autour du bien-être par le mouvement, proposé par les danseurs de la Compagnie Mouvimento, dans le cadre de leur projet Sois sage et tais-toi !, création chorégraphique en deux temps, avec un atelier d’1h (sur inscription) et le spectacle proprement dit à 11h et 15h. En ville tout au long de la journée, un espace Origami (oui, c’est l’année du Japon quand même !) est proposé par l’association Des plis et vous, ainsi que L’embarca’son, spectacle musical à bord d’un manège naval et à pédales.

Le projet chorégraphique qui questionne la relation Adultes-Enfants, avance de pair avec le projet pédagogique qui cherche des outils et des moyens de fonctionner autrement. Une danseuse est « remise à sa place » sur sa chaise. Une relation douce et ludique s’établit entre les deux partenaires. Progressivement cette relation se transforme jusqu’à ce que le plus infime des gestes soit arrêté. L’une des interprètes est replacée dans une même position encore et encore jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus, « sage comme une image ».

Figée dans une immobilité, elle tente alors de se déployer dans l’espace : en composition instantanée, elle analyse en temps réel ses chemins de mouvement qui sont contredits par une aspiration à retourner sur sa chaise. Cette contrainte sculpte son corps qui tente de s’extraire de cet espace circonscrit. Des états proches de ceux que l’on peut ressentir face à la coercition émergent de cette matière chorégraphique qui met en lumière un mouvement qui ne peut aboutir : frustration, colère, révolte…

L’après-midi, la Compagnie Arthéma présentera La voie de la souplesse, conte japonais pour petits et grands (14h).

Alain Vidal fait découvrir au public une part de son enfance, dans le dojo du club des Cévennes où son père l’avait emmené pour qu’il apprenne à devenir grand et fort. Lui, petit garçon timide et calme, y est resté surtout pour écouter les légendes des samouraïs peints sur les murs. Ces histoires sont ainsi le point de départ du voyage vers le Japon.

Le conteur a transporté l’auditoire vers le parcours du samouraï Kasaï et du pêcheur Boshu, ces maîtres guerriers qui utilisaient la sagesse et la ruse pour vaincre leurs adversaires. Alain contera aussi la belle rencontre du pêcheur avec sa sirène à la queue de dorade. Cette belle créature a donné du courage à Boshu dans sa quête de poissons. Comme souvent, cette dorade-sirène s’en est allée un jour, après avoir donné du baume au cœur à son héros.

Puis ce sera au tour de la contorsionniste et équilibriste Kerttu (compagnie Biscornue) d’interpréter L’hiver en juillet (15h30).

On l’a chiffonnée, écrasée puis jetée comme un vulgaire papier. Regardez- la ! Celle qui jadis était la reine des soirées, ressemble désormais à une étrange araignée en talons. Mais tremblez ! Car Kerttu - Katariina Inkeri Anneli Henriikantytär Ylä - Töyrylä, cette professionnelle du tricot, nous revient de sa forêt gelée, et elle n’a pas dit son dernier mot.

Le spectacle s’articule autour du langage corporel de l’artiste Jatta Borg. Cette créature au corps tordu, coincée dans des postures improbables nous parle d’abord avec son corps. La voix et les mots arrivent ensuite, sous forme de chansons finlandaises ou de petites histoires absurdes qui au passage rétabliront la vérité au sujet du Père Noël et de la vodka ou encore des lutins et des femmes. C’est une femme qui brille surtout par ses paradoxes, à la fois unique et terriblement cliché, femme fatale et chaussette en laine. En définitive, Kerttu n’est pas le personnage du spectacle, elle est le spectacle ! L’hiver en juillet est un solo à l’envers où l’absurdité se contorsionne entre équilibres et conneries à roulettes.

Mais l’attraction de la journée sera sans aucun doute... une vache, une vraie vache en chair et en os dans Où est donc passée Myrtille ? (16h30).

Un trio entre une vache, un comédien et un musicien. Boots, vacher de métier est muet, il s’exprime avec sa contrebasse. Avec la vache Myrtille, Il s’enfuit pour ne pas qu’elle soit abattue par les services vétérinaires. Phiphi, éleveur de vaches, propriétaire de Myrtille et patron de Boots part à la recherche et retrouve enfin les deux fugitifs.

Ces retrouvailles sont plutôt houleuses, Phiphi justifie son énervement auprès du public, il est aujourd’hui ruiné, la Vache Folle est passée par là et tout son bétail a été abattu. Son troupeau, c’était toute sa vie. Il ne lui reste que Myrtille, elle devient son seul capital et il doit l’amener à l’abattoir pour renflouer son compte en banque, mais Boots n’est pas d’accord : Myrtille est sa seule amie.

Leur désaccord les amène à demander l’appui du public, lequel des deux ce dernier va-t- il soutenir ? Myrtille, cette grosse bête à l’apparence passive, nous montre qu’elle peut être aussi un enjeu déterminant pour l’équilibre des Hommes. Le public regardera-t il autrement le monde agricole et ces vaches qu’on appelle bétail ?

Avec Le Concert pour petites oreilles, concert participatif, vous ferez de la percussion corporelle et pourrez essayer des instruments (17h30).

Enfin, La rue est à nous ! s’achèvera par un magnifique théâtre de feu dont la compagnie Karnavires a le secret (20h) avec Et si c’était ça la vie. Un grand moment spectaculaire, poétique et étincelant.

Cinq personnages, les « Picabias », au passage des portes du temps, se retrouvent emportés par un grand tourbillon poétique aux confins du réel et de l’irréel… Danser un tango avec les anges bleus jusqu’à frôler le soleil, jouer au ping-pong avec les comètes, projeter les ombres sur les murs de tous les jours ou pédaler sur les nuages à force d’étincelles, telles sont les étapes de cette drôle d’aventure à rêver debout.

 

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