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Antoine Bienenfeld-Bordage

“La musique est un art impalpable” Energies 336 - Bruno Colombari

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A 18 ans, Antoine Bienenfeld- Bordage vient d’obtenir son diplôme de fin d’études à l’école de musique, avec les félicitations du jury. Ce jeune pianiste très doué envisage désormais de devenir musicien professionnel et d’enseigner.

« Un bon pianiste est celui qui a un discours, qui parle, pas celui qui ne prend aucun risque et qui reste froid. » Selon sa propre définition, Antoine Bienenfeld-Bordage est-il un bon pianiste ? Assurément, si l’on en croit le jury de fin d’études de l’école de musique qui lui a accordé les félicitations en mars dernier.

« C’est la première fois depuis 25 ans qu’un élève en piano termine les douze ans d’études, remarque Paul Giancaterina, directeur de l’école. Quand il a commencé, j’étais professeur de solfège. A sept ou huit ans, on voit vite les enfants qui ont plus d’aptitudes à comprendre, à restituer les bons gestes. Après, ça tient à pas grand chose. Certains vont au bout, d’autres pas. En tout cas, aujourd’hui, l’interprétation qu’Antoine propose va au-delà de ce que l’on attend. »

Pour sa professeur de piano, Florence Cabrita dos Santos, qui le connaît depuis quatre ans, « la différence, c’est qu’il cherche sans arrêt, qu’il peut se remettre en question. » Ce qu’Antoine confirme : « il ne faut pas se figer dans une interprétation, il faut chercher des choses différentes. La musique est un art impalpable, il n’y a pas de vérité absolue. »

Pourtant, atteindre ce niveau exige un travail important et beaucoup de rigueur. Quand il n’a pas cours (à la fac de lettres à Aix où il est en première année de licence de musicologie), Antoine travaille le piano le matin, pendant quatre heures. « C’est un rythme de vie assez sain. J’en ai besoin, je me sens mal si je n’en fais pas. Après, il faut savoir s’arrêter un peu aussi et faire autre chose, voir des amis, sortir. » Quand on lui demande quels sont ses compositeurs préférés, Antoine cite Bach, Chopin, Beethoven (« les incontournables  ») mais aussi Debussy et Prokofiev. A propos de Mozart, il explique : « On le joue beaucoup quand on est jeune, et on le retrouve plus tard, différemment, quand on se rend compte de la complexité de son écriture.  »

Si Antoine se sent si bien à l’école de musique, c’est parce « qu’il n’y a pas d’esprit de compétition, tout le monde se connaît, les rapports avec les profs et les autres élèves sont amicaux, le coût d’inscription est très bas. Et puis on fait régulièrement des auditions.

Quand on joue chez soi, on est toujours le meilleur. Sur scène, avec du public, ce n’est plus pareil ! » Ce que confirme Florence : « on fait cinq auditions par an, quel que soit le niveau, les adultes aussi. C’est sur scène qu’on apprend à se connaître profondément, il faut jouer le jeu, avoir du cran. » Selon Paul, « l’audition, c’est ce qui les motive, c’est un projet, un but, ça apprend aussi à gérer le stress, ce qui est très utile dans la vie courante. La première fois, les enfants ont la trouille, mais ils veulent tous recommencer. »

Pour Antoine, l’avenir passe désormais par la musique. « Depuis l’âge de 15-16 ans, j’ai envie de devenir musicien professionnel. Je pourrais faire de la musique de chambre, de l’accompagnement au chant, et de l’enseignement aussi. » Paul Giancaterina ne se fait pas de souci pour lui : « il est sur la bonne voie. » Vous aurez l’occasion de découvrir Antoine à La Halle lors de la fête de l’école de musique le mercredi 16 juin à 20h30, et le lendemain à 18h pour la dernière audition de piano de l’année.