Economie

La centrale investit dans l’environnement Energies n°340 - Stéphane Conty

Mis à jour le

A la centrale thermique de Gardanne, de lourds investissements sont régulièrement réalisés pour réduire les nuisances qu’elle génère. Une nécessité pour les riverains, mais aussi pour assurer la pérennité du site.

La centrale thermique, à cheval sur les communes de Meyreuil et de Gardanne, emploie 183 agents répartis de manière égale en trois branches : exploitation, maintenance et fonctionnels, c’est à dire rattachés à des sites extérieurs. Actuellement deux tranches sont encore en fonctionnement, la tranche 4 mise en service en 1967 et modernisée en 1995, ainsi que la tranche 5 mise en service en 1984.

La tranche 4, d’une puissance de 250 MW a donc depuis 1995 adopté un LFC (Lit Fluidisé Circulant) qui permet de réaliser simultanément la combustion du charbon et la dépollution des fumées par injection de calcaire ayant pour effet de minimiser les émissions de NOx et de SO2. La direction de l’entreprise indique avoir mis en oeuvre un plan d’action pour rechercher des conditions de rentabilité de cette tranche au-delà de mars 2014. Cette tranche ne sera plus aux normes environnementales à partir de 2016. Parmi les pistes envisagées il y a notamment l’usage de combustibles alternatifs et l’augmentation de la part de coke de pétrole pouvant entrer dans le mix combustible actuellement utilisé.

La tranche 5 a fait l’objet d’investissements lourds ces dernières années et notamment de 81 millions d’euros en 2007-2008 avec l’adoption d’un LFC. Un nouvel investissement de 5 millions d’euros dans les installations et la salle de contrôle est programmé et devrait être réalisé sur deux ans.

Pour lutter contre les poussières, 5 millions d’euros ont été investis pour moderniser le dépoussiéreur et pour l’achat de la route qui séparait la site de production du parc à charbon et qui est maintenant intégrée au site. 300000€ ont permis de faire des installations dans le parc à charbon qui est équipé d’un système d’arrosage. Cet arrosage qui est permanent, utilise de l’eau déjà présente dans la centrale. Une eau maintenant en provenance du canal de Provence, alors qu’avant étaient pompées des eaux souterraines (et potables).

En cas de fort vent, les tas de charbon sont “encroûtés” avec un produit biodégradable. Enfin, une nouvelle haie est prévue au Sud- Ouest du parc. La lutte contre le bruit est une préoccupation permanente sur le site qui est équipé d’un système de surveillance du bruit qui fonctionne en continu. Lors des travaux de 2007 - 2008 une installation qui s’était avérée plus bruyante que prévue a été enfermée dans un bunker antibruit composé de 180m3 de béton massif, 55 tonnes d’acier charpente et 1 400m2 de bardage antibruit composé de laine de roche et d’acier. Pas moins !

Enfin, un nouveau plan de gestion des déchets est à l’oeuvre, avec la valorisation des cendres (120 000 tonnes par an) et du gypse (20 000 T/an) issus de la production qui sont recyclés dans le béton, l’industrie ou encore le traitement des sols.

Au-delà de tous ces dispositifs, demeure cependant l’incertitude sur le devenir de la tranche 4 et, par extension, celui du site et de ses employés dans la décennie à venir. Le syndicat CGT devrait prochainement diffuser les résultats d’une étude sur la question. Nous y reviendrons.