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Les bénévoles de la Maison

Être là, simplement Geoffrey Dirat

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Petite main. C’est ainsi que Sylvie définit sa mission au sein de La Maison, « mais sans le côté péjoratif du terme » enchaîne-t-elle aussitôt. « En fait, on joue le rôle que le malade veut bien nous donner » précise celle qui coordonne l’équipe des 25 bénévoles indispensables au fonctionnement de la structure. Une demie journée par semaine, ils assurent, une présence attentive et chaleureuse, aux résidents comme à l’équipe médicale. « On est là au cas où on a besoin de nous, parfois on ne fait qu’être présent et c’est déjà beaucoup, explique Sylvie. On s’occupe de ces petits-riens qui font que les résidents se sentent chez eux, à La Maison. Ça va du petit service à rendre comme aller acheter des cigarettes, ou emmener un patient à l’hôpital, jusqu’aux confidences les plus intimes. On n’est absolument pas limité dans nos activités. » Les premiers jours, cette liberté déconcerte un peu. « Comme les bénévoles n’ont pas de fonction définie, ils ont un peu de mal à trouver leur place au début, surtout qu’ils ne savent pas quoi à s’attendre » rapporte la coordinatrice.
Mais ce flottement ne dure qu’un temps, les missions concrètes favorisent les premiers contacts et les barrières tombent progressivement. Si des affinités se créent plus facilement avec certains résidents, les bénévoles travaillent cependant le plus possible en équipe. « C’est important de savoir que quelqu’un va prendre le relais, ça permet de s’épauler, de quitter les lieux plus sereinement, estime Sylvie. Mais on essaye quand même de conserver une certaine neutralité, c’est la seule manière de ne pas s’impliquer outre mesure. » D’ailleurs, une fois par mois, les bénévoles participent à un groupe de parole en compagnie de la psychologue de La Maison, l’occasion de remettre les choses à plat. « Ici, souligne Sylvie, il n’y a pas de faux-semblants, on vit des relations authentiques, si proches de la mort mais résolument ancrées dans la vie. C’est souvent dur quand la maladie décide d’y mettre un terme. »

La Maison à domicile

Favoriser le maintien des malades dans leur foyer. Telle est l’ambition de l’équipe mobile de La Maison. Depuis 1998, les trois infirmières et le médecin qui la compose se déplacent au chevet des patients qui ne souhaitent pas être hospitalisés. Que ce soit à la demande des malades, de leur famille ou de leur médecin traitant, l’équipe apporte chez eux un peu de la philosophie de La Maison. « On essaye de respecter la place de chacun. On collabore avec le médecin de famille, on apaise la souffrance des familles, on leur prête une oreille attentive » explique Michelle, l’une des infirmières. Même si sa mission n’est pas tous les jours évidente, pour rien au monde elle n’échangerait sa place. « Je donne beaucoup, mais je reçois énormément » déclare-t-elle, « notre travail est principalement basé sur l’échange. On respecte par-dessus tout les malades, on ne leur ment pas, on les informe clairement sur le diagnostic, on les rassure sur leurs symptômes. » Une vingtaine de personnes sont ainsi régulièrement suivies par l’équipe. « On vient chez eux une heure par semaine, précise Michelle. Le contact est davantage humain que médical, on essaye de s’adapter à chacun des patients, de répondre à leurs besoins. Cela peut aller d’un massage à la simple convivialité d’un café pris ensemble. » Ce n’est seulement que si la situation devient aiguë que l’équipe leur propose une admission.