Emploi : la ville se mobilise Energies 443 - Stéphane Conty

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Dans un contexte plus que morose pour l’économie et l’emploi en France, la Ville multiplie les actions pour aider les Gardannais en recherche d’emploi. Recensement des demandes et accompagnement, organisation de matinées de recrutement, formation, autant de pistes explorées.

La question de l’emploi est complexe : la Ville a perdu cette compétence depuis son entrée dans la Communauté du pays d’Aix début 2014. De plus, pour Roger Meï, c’est un problème national qui exige une rénovation de la société : « Aujourd’hui, mécanisation et robotique aidant, trente heures de travail hebdomadaire suffisent à assurer nos besoins. Il faut 2% de croissance avant que l’économie ne puisse significativement créer de l’emploi. On ne règlera rien tant que l’on ne partage pas plus équitablement le travail et les richesses. » Néanmoins, devant les difficultés que rencontrent nombre de Gardannais pour trouver un emploi, la commune continue de s’investir.

Une problématique à plusieurs niveaux

Avant toute chose il convient de recenser les demandes et les besoins, autant des personnes en recherche que des entreprises en manque d’employés. À leur service, des élus et le service municipal Emploi & insertion sont mobilisés et sont en contact avec un réseau d’employeurs potentiels, sur Gardanne mais aussi plus largement sur l’ensemble du bassin. Pour les demandeurs d’emploi, outre les permanences de l’élu dédié, la municipalité met maintenant à disposition des Gardannais un formulaire en ligne sur le site internet de la Ville. Et pour ceux qui n’ont pas accès à internet, des postes informatiques sont accessibles à la médiathèque, au service Jeunesse et à l’AAI rue Borély, à la MAIO rue Jules-Ferry et à Pôle emploi à la cité administrative.

Le service Emploi & insertion et le service Formation organisent régulièrement des matinées d’information et de recrutement sur des secteurs qui recrutent comme l’aide à la personne et l’armée. L’occasion de s’informer et de postuler directement auprès des entreprises qui recrutent. Pour les personnes éloignées de l’emploi qui ont besoin d’une aide pour remettre le pieds à l’étrier, la Ville accueille des chantiers d’insertion, dont deux sont permanents, la Ressourcerie et les ateliers de Gaïa. Dans le cadre des marchés publics, notamment sur les travaux publics, la commune ajoute également une clause d’insertion qui engage l’entreprise retenue à prévoir l’embauche de Gardannais sur la durée du chantier. S’il s’agit de contrats à durée déterminée, ils peuvent parfois être un tremplin pour une embauche en CDI, et dans tous les cas une acquisition d’expérience et de qualification.

La formation, un facteur clé

Le manque de formation et de qualification constitue souvent l’un des principaux freins à l’embauche. Pour les jeunes de 16 à 25 ans sortis sans diplômes du système scolaire, la Ville travaille à leur insertion professionnelle via la Maison de l’accueil, de l’information et l’orientation (MAIO) qui les accompagne vers des parcours de formation adaptés. Plus largement, la Maison de la formation à Biver accueille plusieurs organismes de formations pour adultes et organise, selon les besoins, des formations tout au long de l’année. Elle informe sur les formations existantes, leur financement et les interlocuteurs à contacter.

Tous les quinze jours elle propose un atelier sur les techniques de recherche d’emploi au Point cyb rue Borély, pour six personnes maximum, avec un travail de trois heures sur le CV et la lettre de motivation, ainsi que des points complémentaires.

Questions à Maurice Brondino
Conseiller municipal délégué à l’économie, la formation et à l’insertion

Énergies : Vous devez gérer une délégation particulièrement sensible dans un contexte de l’emploi difficile. Votre propre expérience professionnelle est-elle un plus dans ce cas ?

Maurice Brondino : Je suis actuellement à la retraite, mais je pense que oui. J’ai débuté ma carrière professionnelle comme ouvrier, puis ensuite j’ai créé mon entreprise qui était implantée à la zone Avon et qui comptait 45 salariés, dont 35 Gardannais. J’ai travaillé partout dans la région, et à Gardanne mon entreprise a notamment participé à la construction de la médiathèque et du lycée Marie-Madeleine-Fourcade. J’ai également été président pendant six ans du génie climatique à la fédération du BTP, président du groupement apprentissage des CFA et administrateur du foyer de jeunes travailleurs des Milles. J’ai été employé et patron, je connais pas mal de métiers, j’ai un réseau de contacts conséquent. Je pense que c’est un plus pour assurer ma fonction d’élu.

É : Lors de vos permanences vous recevez beaucoup de demandeurs d’emploi. Quels enseignements en tirez-vous et comment les aidez-vous ?

M.B. : Les personnes que je reçois ont des profils, des parcours et des attentes très différents. Ce sont des femmes et des hommes de tous âges, aussi bien sans diplômes que Bac+5. Beaucoup espèrent décrocher un emploi à la Mairie. Malheureusement la Ville ne peut pas embaucher tout le monde, et encore moins dans le contexte d’importantes restrictions budgétaires auxquelles nous sommes confrontés. Des entreprises du secteur nous contactent régulièrement quand elles cherchent à recruter.

Si les profils de certaines personnes qui nous ont sollicités correspondent, nous les mettons en relation. Si un Gardannais répond à l’offre d’emploi d’une entreprise de la commune car il correspond au profil recherché, il peut aussi nous contacter pour que nous puissions appuyer sa demande.

Après, attention, il faut aussi que la personne soit motivée et comprenne bien qu’il y a des règles à respecter. Par exemple, hier pour ma dernière permanence j’avais dix rendez-vous de prévus. Seulement deux personnes sont venues, les autres n’ont même pas eu la politesse de prévenir qu’elles ne viendraient pas. J’ai aussi le cas de personnes qui refusent de travailler en-dehors de Gardanne alors même qu’elles disposent d’un véhicule. Ce genre de comportements est dommageable à tous, alors qu’à côté de ça beaucoup sont prêts à se donner les moyens d’être embauchés et sont pleins de motivation.

Et actuellement, pour beaucoup d’employeurs, au-delà de la formation et des compétences, c’est la motivation qui fait toute la différence pour décrocher un emploi. Les gens peuvent avoir une opportunité dans un domaine qu’ils n’avaient pas forcément envisagé au départ. Ça ne veut pas dire qu’ils sont condamnés à y poursuivre toute leur carrière. La formation peut leur permettre d’évoluer dans cette branche vers des postes plus intéressants ou d’en changer en cours de route, armés de compétences supplémentaires.

Maurice Brondino reçoit sur rendez-vous le jeudi après-midi. Contacter le secrétariat des élus au 04 42 51 79 15

POINTS DE VUE CROISÉS
Rémi Cochennec,
Responsable du service Emploi & formation
"Nous avons une rubrique emploi formation sur le site internet de la Ville qui nous permet de diffuser de l’information mais aussi d’en recueillir. Ainsi les Gardannais en recherche d’emploi peuvent remplir un formulaire de demande auquel ils peuvent joindre un CV. Pour moi c’est un outil très pratique car il me permet d’avoir des profils très précis. Quand une entreprise ou une association me contacte quand ils cherchent quelqu’un, ça me permet de sélectionner des profils correspondants et de les mettre en relation.

Dans cette rubrique nous mettons aussi certaines offres d’emplois que nous font parvenir des entreprises locales, et que nous relayons également sur la page Facebook de la Ville. On y trouve également des informations sur l’emploi, la formation ou encore la création d’entreprise."

Maxime Martineau,
Responsable de l’agence Shiva à Gardanne, spécialisée dans le ménage à domicile
J’ai participé à deux des matinées de recrutement qui ont été organisées par la Ville, avec pour chacune une embauche dont je suis très satisfait. C’est difficile de recruter. J’ai ouvert l’agence en septembre 2014 et depuis je suis toujours sur le fil pour répondre à la demande de mes clients. Je suis sur des profils d’employées de maison. Je recherche des personnes motivées et sérieuses, avec un minimum d’expérience et qui soient véhiculées.

Je passe une demi journée avec les personnes que je recrute pour voir avec elles les points importants à respecter lors d’une intervention chez les clients. Concernant les conditions, j’essaie de m’adapter à la demande des employées sur les volumes d’heures hebdomadaires et le rayon géographique de leurs interventions, en général d’environ dix kilomètres autour de chez elles. En moyenne je suis sur des contrats de 20h hebdomadaires.

Alain Vernay,
Travaille à l’Agafpa
Je me suis rendu à la matinée d’information et de recrutement sur les métiers des services à la personne du 8 septembre dernier. Je me suis présenté au stand de l’Agafpa pour un entretien d’embauche. Pour l’heure, j’ai été recruté sur un CDD de 16h hebdomadaires d’un mois renouvelable pendant un an, pour aider des personnes âgées à leur domicile. Avant cela j’avais travaillé dans la grande distribution, la comptabilité, l’immobilier, et j’avais aussi créé mon entreprise en vente de confiseries. Suite à des problèmes de santé j’ai du arrêter de travailler en 2012. En janvier je souhaite intégrer une formation d’assistant de vie, pour me former et progresser dans cette branche qui me convient tout à fait. Si ça se fait l’Agafpa me prendra pour les stages en entreprise.