Manifestation

Devant l'assemblée nationale, pour sauver les communes Energies 332 - Loïc Taniou

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Quatre-vingts maires des Bouches-du-Rhône, toutes tendances politiques confondues, ont manifesté devant l’Assemblée nationale contre le projet de loi de réforme des collectivités territoriales et de suppression de la taxe professionnelle. Une étape dans un combat qui gagne en ampleur.

Jeudi 25 février, sous une pluie fine, plusieurs centaines de maires et conseillers municipaux des Bouches-du-Rhône ceints de leur écharpe tricolore manifestent face à l’Assemblée nationale. L’objectif : faire connaître leur ferme opposition au projet de réforme des collectivités territoriales et celui de la suppression de la taxe professionnelle qui, selon eux, signifieraient la mort des communes, notamment par la création de grandes métropoles, et la fin des possibilités d’actions de proximité. D’ailleurs ce jour-là, plusieurs mairies du département sont symboliquement fermées au public, comme celle de Gardanne.

A l’initiative de cette action se trouve le collectif des maires de France Sauvons nos Communes !, créé par une large majorité de maires des BdR au lendemain de la manifestation du 28 janvier où près de deux cents élus (maires, conseillers municipaux, généraux et régionaux) s’étaient rassemblés devant la Préfecture des Bouches-du-Rhône. Ces derniers avaient alors appelé les maires à venir manifester à Paris. La force de ce mouvement réside dans sa diversité puisqu’on y retrouve des maires communistes (Gardanne, Martigues, Aubagne, Arles, Septèmes...), socialistes (Allauch, Fos, Les Pennes-Mirabeau, Gignac-la-Nerthe...), des maires sans étiquette (Plan-de-Cuques) ou encore de droite comme le maire de St-Victoret.

Une délégation est alors reçue à l’Assemblée par Dominique Perben, député UMP et rapporteur du projet de loi du gouvernement pour lui faire part officiellement des graves préoccupations. “Il nous a écoutés mais n’a pas dit un seul mot” déplore Roger Meï au sortir de l’entrevue. Deux heures après, dans le magnifique dédale architectural que constitue l’Assemblée Nationale, une nouvelle délégation (Jean-Paul Bertrand, Roger Meï, Michel Amiel, Patrick Pin, Claude Piccirillo, Daniel Fontaine) rencontre Jean-Paul Lecoq, représentant le groupe des députés communistes et républicains.

“Il faut continuer d’alerter sur les dangers que contient cette réforme re-centralisatrice qui va mettre à mal la démocratie, en éloignant les citoyens des centres de décision, en réduisant le rôle des élus de proximité pour donner aux préfets les pleins pouvoirs, dénonce t-il. La suppression de la taxe professionnelle va nous faire perdre d’importantes recettes fiscales. Il faut continuer la mobilisation de terrain. Notre groupe est prêt à batailler fermement sur ces questions.”

Au même moment, une seconde délégation est accueillie par Élisabeth Guigou, représentant le groupe des députés socialistes. “On dépasse les clivages politiques habituels, souligne Elisabeth Guigou, il y a un large consensus contre cette réforme que le gouvernement veut nous imposer. iI s’agit d’un véritable recul démocratique. Les communes vont se retrouver affaiblies et les impôts des entreprises vont forcement aller vers les ménages. Nous allons relancer la campagne d’explication et de mobilisation publique.” Les représentants des deux délégations rendent compte aux manifestants de la teneur de leurs entrevues. Face aux enjeux, un référendum national est réclamé. Le combat engagé sera forcément de longue haleine.

Gardanne parmi les plus touchées

La très sérieuse Lettre du financier territorial parue en février 2010 a calculé l’effet de la suppression de la taxe professionnelle sur les communes de plus de 10 000 habitants. En tête des principales villes touchées figurent Gardanne, Gennevilliers, Valenton, Aulnay-sous- Bois, Bonneuil-sur-Marne, Poissy... Rien que des communes ayant une activité industrielle importante et majoritairement gérées par des municipalités de gauche. Du côté des heureuses bénéficiaires de la réforme fiscale souhaitée par le gouvernement, on retrouve en bonne place des villes résidentielles comme Puteaux, Neuilly-sur-Seine, Courbevoie, Levallois-Perret, Le Raincy.