Sécurité

Délinquance : des reculs significatifs Energies 408 - Jeremy Noé

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Les membres du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance se sont réunis mi-décembre pour une analyse de l’année 2013. Retour sur le travail d’un an par une cinquantaine d’institutionnels, élus, associatifs, gendarmes, travailleurs sociaux. Avec une bonne nouvelle : moins 28% de cambriolages depuis 2012.

LE CONTRAT LOCAL DE SÉCURITÉ ET DE PRÉVENTION DE LA DÉLINQUANCE, CLSPD pour les intimes, c’est un peu la grosse Bertha de la Ville pour assurer la tranquillité et la sécurité publique. Un organe stratégique de coordination, où gravitent autour du maire, de sa première adjointe Yveline Primo (déléguée à la sécurité) Christelle Cavaleri, coordinatrice du CLSPD, quantité de partenaires institutionnels et associatifs.

Difficile ici de tous les citer, et d’évoquer toutes les actions menées sur un an. Pour faire bref, et s’il ne fallait retenir que deux choses de ce bilan 2013, tenu mi-décembre dernier, c’est d’abord que tous ces acteurs sont unanimes sur la bonne tenue du CLSPD, sur la capacité de la Ville à assurer le relais entre tous, et sur la pertinence des actions.

Ce qui permettait en fin de réunion à Olivier Poulet, Procureur adjoint d’Aixen- Provence, de déclarer : « Cette réunion bilan du CLSPD a été extrêmement fructueuse. Sur le volet sécurité, la Gendarmerie a rappelé que grâce à ses efforts, la délinquance est stable, voire en baisse, il y a une vidéo-protection qui montre de bons résultats, tandis que sur le volet prévention, tous les acteurs présents aujourd’hui ont montré ce qu’ils savaient faire et doivent être encouragés dans ce sens. » Le colonel Gilles Rougeaux, conseiller du Préfet de police Bonnetain, ajoutant : « Je vais avoir l’occasion d’expliquer au préfet en rentrant tout le dynamisme de ce CLSPD. J’ai pu ce matin noter tout l’intérêt et la volonté pour qu’il fonctionne parfaitement. »

DEUXIÈME INFORMATION, ET NON DES MOINDRES, exposée par le Capitaine Gobillard, de la compagnie de Gendarmerie d’Aix (dont dépend la brigade de Gardanne), « avec 198 faits constatés du 1er janvier à ce jour (le 17 décembre NdlR), les cambriolages enregistrent une baisse de 28%. Du 1er novembre dernier à ce jour, la baisse va jusqu’à 36%. »

SI LE FLÉAU DES CAMBRIOLAGES EST UN PHÉNOMÈNE NATIONAL, la baisse gardannaise est due à plusieurs mesures complémentaires. Il y a d’abord une coopération accrue entre Police municipale et Gendarmerie nationale (signature en mars 2012 d’une convention entre la Ville et la Préfecture pour une meilleure coopération et circulation des informations, des centaines de logements surveillés pendant les vacances par les deux services...). Il y a ensuite l’indéniable bouffée d’oxygène apportée par le passage de Gardanne, Bouc-Bel-Air et Meyreuil en Zone de Sécurité Prioritaire  : la brigade de Gardanne s’est vue renforcée de cinq effectifs supplémentaires, un peloton de seize gendarmes mobiles tourne 24h/24 sur la zone, plus huit détachés expressément à Gardanne par le Capitaine Gobillard. « Nous mettons tout en oeuvre pour sanctuariser Gardanne et faire que les bons résultats se pérennisent, explique- t-il. En 2012, on a cherché à rapprocher au maximum les gendarmes des citoyens et des commerçants, lesquels sont des bons relais d’information. »

Entendez : en mettant le paquet sur les contrôles et la visibilité des hommes en bleu. Tandis que courant 2013, « il s’est agi de favoriser l’effet de surprise et la détection des délinquants locaux sur Gardanne au plus tôt. » C’est à dire : d’oeuvrer discrètement, en civil. Un « mode opératoire assez nouveau » qui a fait son petit effet chez les gendarmes, habitués à leur uniforme jusque là obligatoire. Bref, on est passé de la dissuasion à la frappe chirurgicale. « Ce travail porte ses fruits. Que ce soit sur les interpellations, ou le démantèlement de réseaux, puisque on a réussi à démanteler deux trafics de stupéfiants sur Gardanne. »

ENFIN, ET TOUJOURS SUR LE SUJET DES CAMBRIOLAGES, les réunions de sensibilisation menées par la Ville avec la participation de la Gendarmerie auprès des habitants des quartiers identifiés comme sensibles ont très probablement aidé. Près de 400 personnes se sont vus dispenser de précieux conseils et répéter qu’ils devaient, eux aussi, être acteurs de la prévention. « Nous avions quelques inquiétudes quant au déroulement et au résultat de telles réunions, se souvient Yveline Primo, première adjointe déléguée à la sécurité. Au finale elles se sont révélées pratiques et intéressantes. » Une affirmation confirmée par le capitaine Gobillard : « Ça déverrouille les gens quant à leur rapport à la Gendarmerie. Ils vont plus facilement nous contacter au 17 pour signaler une présence suspecte, et ils vont plus facilement être vigilant à l’activité suspecte chez le voisin, chose qu’ils ne faisaient pas avant ! »

Moins 28% de cambriolages depuis le 1er janvier donc. C’est le sommet de l’iceberg d’un travail de fond sur la prévention (la mission première de la municipalité en la matière) mené par quantité d’acteurs coordonnés par le CLSPD, lequel prend le problème à sa source : en réunissant les jeunes collégiens et lycéens autour de problématiques (addictions, harcèlement...) au sein des familles vulnérables, en accompagnant les jeunes en rupture scolaire ou qui ont maille à partir avec la justice pour éviter la récidive – le travail sur les chantiers d’insertion et les Travaux d’intérêt général à Gardanne est à ce sujet salué par les Services pénitentiaires d’insertion et de probation.

MAIS COMBATTRE LA DÉLINQUANCE, C’EST AUSSI PARLER DE MISÈRE ET D’ÉDUCATION. A ce sujet, le maire rappelait en fin de réunion que « Gardanne compte 2000 inscrits à Pôle emploi. Le travail accompli avec le CLSPD butte sur ce problème essentiel qui est le manque de travail. Les jeunes inactifs choisissent parfois une voie qui n’est pas la bonne. » Car, en termes de délinquance, dès qu’on s’attaque à un problème, il semble qu’un autre soit prêt à surgir. Qui dit mutualisation des moyens dit mutualisation de la délinquance. Quand les faits baissent sur Bouc-Bel-Air, ils ne baissent pas forcément sur Gardanne car les délinquants “jouent à domicile,” et quand les faits baissent à Gardanne, on retrouve des auteurs Gardannais à Nice ou Montpellier, enfin quand ils baissent à Marseille, ils augmentent dans le Val de l’Arc : la délinquance change de terrain de jeu mais ne disparaît pas. De plus, quand le travail conjugué permet de faire baisser la délinquance des mineurs (“en sommeil,” selon le Capitaine Gobillard) c’est celle des jeunes majeurs qui augmente. Et que dire des violences conjugales “en recrudescence ?” (34 personnes victimes de violence conjugales reçues par l’Apers en 2012, et 21 personnes ont consulté SOS Femmes à la Maison du droit).

Rendez-vous fin 2014 pour le prochain bilan du CLSPD dont les acteurs, d’ici là, continueront d’oeuvrer.

Pas de Roms de Gardanne impliqués

Le capitaine Gobillard, de la compagnie de gendarmerie d’Aix dont dépend celle de Gardanne, a ouvert une parenthèse de taille à l’occasion d’une de ses interventions. « Le fait que la commune ait décidé d’accueillir un village Rom, je sais que cela fait polémique mais il faut reconnaître qu’avec l’accord moral (la charte, NdlR) passé entre la Mairie et les familles Roms, ces personnes n’agissent pas en pays gardannais, car ils savent que s’ils se font attraper, la commune sera au courant et demandera aux familles incriminées de quitter le camp. Ça a déjà été fait à deux reprises, donc ça marche. Et aujourd’hui je peux vous dire que la situation est calme. »

 

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