Economie

De nouvelles entreprises à Gardanne Energies 388 - Stéphane Conty

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Malgré un contexte économique national difficile, de nouvelles entreprises s’installent à Gardanne. Cette année encore, certaines ont même bénéficié d’une aide au financement de la part de PACI, une plateforme d’initiatives locales à laquelle Gardanne est adhérente.

Depuis 2003 la commune de Gardanne est adhérente de la plateforme d’initiatives locales Pays d’Aubagne La Ciotat initiatives (Paci) qui assure une mission d’accompagnement technique et d’orientation des porteurs de projets économiques tels que la création ou la reprise d’entreprises. Le 13 décembre dernier à la tuilerie Bossy, le Paci a procédé à une cérémonie de remise de chèques à treize entreprises gardannaises. « Cela va faire dix ans que nous sommes engagés avec le Paci pour aider à développer des entreprises à Gardanne, une ville qui compte quand même 1300 entreprises. Pour 21 000 habitants, ce n’est pas mal ! » a expliqué le maire Roger Meï en ouverture de la cérémonie.

« Récemment nous avons réussi à ce que le gouvernement accepte la transformation de la centrale à charbon en centrale au bois. Suite à la disparition de la Taxe professionnelle et face aux difficultés économiques de ces dernières années, nous avons différé l’aménagement du puits Morandat. Pour l’heure nous accueillons des entreprises innovantes, par la suite nous allons développer le site. »

Parmi ces nouvelles entreprises certaines ont déjà très bien démarré comme SMPCS, qui oeuvre essentiellement dans le service aux entreprises dans le domaine de la plomberie et du chauffage. Lancée en juillet 2011, l’entreprise a déjà créé quatre emplois, formé deux apprentis et cinq stagiaires, et prévoit l’embauche de deux salariés supplémentaires pour 2013.

D’autres ont des activités plus inhabituelles comme Dimension corde, centre de formation pour cordistes, que l’on pourrait définir comme les alpinistes du bâtiment. Démarrée début 2012 l’entreprise a déjà formé dix-sept personnes qui n’ont eu aucune difficulté à trouver un emploi, et va prochainement entrer au Plan régional de formation.

Ayant également bénéficié d’un financement du Paci, le laboratoire In’Oya, travaille sur le développement et la commercialisation de produits pour la protection des peaux noires et métissées. Installée dans l’hôtel d’entreprises du puits Morandat, cette toute jeune société créée en septembre 2011 est d’abord passée par l’incubateur Impulse installé à Marseille, à Château-Gombert.

« In’Oya a été créée en partant du constat que dans le commerce il n’y avait pas réellement de produits de protection de la peau contenant des molécules spécifiquement développées pour les peaux noires, explique Abd Haq Bengeloune, fondateur et président de l’entreprise. Or il faut savoir que contrairement à ce qu’on pense souvent, les peaux noires et métissées sont plus fragiles que les autres, notamment à cause d’une surproduction de mélanine en cas d’agressions physique ou chimique. Jusqu’à présent on ne trouvait dans le commerce que des produits à base de molécules hydroquinone ou de corticoïdes qui pouvaient avoir de graves effets secondaires en cas d’usage dépassant deux à trois semaines.  »

Grâce à un partenariat avec la Faculté de Saint-Jérôme CNRS-Crops, la Faculté de pharmacie de Marseille et l’Inserm-Cro2, et à un soutien financier du Dispositif d’amorçage de Provence, In’Oya a été créée et a pu développer des molécules spécifiquement adaptées à la protection des peaux noires.

Trois produits doivent êtres commercialisés dès le mois de février 2013, notamment dans les pharmacies, un serum anti-tâches et deux crèmes unifiantes ayant une action préventive. Dès sa création l’entreprise a recruté quatre chercheurs et doit prochainement embaucher deux ingénieurs commerciaux pour accompagner le lancement des produits de la marque.

L’entreprise accueille également des stagiaires et des étudiants chercheurs, Abd Haq Bengeloune étant très attentif au fait de travailler avec des partenaires locaux. « Ici à Gardanne nous avons notre siège administratif et commercial. Nos chercheurs sont sur Marseille et la production se fait avec une PME de la Fare les Oliviers, Probionat Provence. Pour le packaging nous recherchons également un partenaire sur la région. »

In’Oya a déjà reçu plusieurs récompenses telles que le Prix du meilleur projet du concours Le Phare d’Euromed Marseille, le Prix Émergence de la 1ère édition du prix de l’entrepreneur Africain de France et a été lauréat des trophées de l’économie de la Région Paca.

In’Oya est une entreprise qui semble promue a un bel avenir et qui illustre parfaitement la vocation innovante que la commune souhaite donner au pôle économique Morandat.