Economie

Daniel Bernard : entreprendre et transmettre Energies 329 - Bruno Colombari

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Fondateur de l’entreprise JCT en 1987 (électricité, plomberie, chauffage et climatisation), Daniel Bernard est aujourd’hui à la tête de 40 salariés. Signe particulier : il a toujours formé des apprentis, qui ont gravi les échelons et en ont formé à leur tour.

Sur le mur derrière son bureau, Daniel Bernard a apposé un autocollant qui affirme “J’aime mon métier, je forme un jeune.” Plus qu’un slogan ou qu’un effet d’annonce, c’est pour lui un véritable credo. Car Daniel Bernard, 52 ans, titulaire d’un CAP d’électrotechnique au lycée professionnel Saint-Eloi à Aix, aime passionnément son métier. Et il a formé des jeunes, beaucoup. Mieux même, il les a embauché. Et quand, suite à un accident cardiaque il y a trois ans, il a préparé sa succession, c’est à certains d’entre eux qu’il a pensé.

« En 23 ans, j’ai gardé entre 25 et 30 apprentis. J’en ai formé moi-même une dizaine. Mes gars sont restés parce qu’ils sont payés correctement. C’est ce que je leur dit : “Il faut travailler pour gagner sa vie, mais il faut aimer ce que l’on fait. Et en contrepartie, être bien payé”. » Lui-même est salarié de son entreprise. « Quand j’étais jeune, j’ai été gravement malade. J’ai besoin d’une bonne protection sociale, de la Sécu. Je ne suis pas là pour m’en mettre plein les poches. »

En 1987 il crée avec Claude et Josiane Tagliaferri la société JCT, dont il est le gérant. Ses premiers clients sont des chauffagistes et des entreprises du bâtiment, pour qui il fait l’installation électrique, essentiellement en soustraitant. Puis il commence à répondre aux appels d’offres, à rencontrer des architectes. « Si on fait bien notre travail, on est vite connus, c’est très important dans ce métier. »

“Je donne une chance à tout le monde”

En 1992, JCT ouvre un département plomberie. Suivront plus tard le chauffage et la climatisation, avec à chaque fois de nouvelles embauches, des techniciens confirmés mais aussi des apprentis venus des CFA environnants.

« Soyons clairs : avec les apprentis, les six premiers mois, on perd du temps. Après, s’ils sont bien formés, ils travaillent comme des ouvriers, tout en étant payés comme des apprentis [entre 25 et 78 % du Smic en fonction de l’âge et de l’ancienneté, NdlR]. C’est une contrepartie pour l’entreprise qui a accepté de les prendre. Je donne une chance à tout le monde, on a tous des aptitudes. Et le matin, je fais la bise à toute l’équipe, salariés et apprentis. Je suis un peu paternaliste, je sais que ce n’est pas bien, mais ça marche. Les jeunes, je les considère un peu comme mes enfants. »

Et pour cause : la moyenne d’âge de l’équipe est de 26 ans... Dans huit ans, Daniel Bernard prendra sa retraite. D’ici là, il accompagnera les six salariés qu’il a choisi pour diriger la SAS(société par actions simplifiée), lui étant salarié unique de la SARL. Transmettre, toujours.