Culture : La nouvelle collection est arrivée Energies n°467 - 25 janvier 2017 - Jeremy Noé

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N’écoutez pas les petites voix mesquines qui murmurent qu’il ne se passe rien à Gardanne : jusqu’à fin avril, plus d’une vingtaine d’événements culturels sont programmés par la Ville. Théâtre, expositions, concerts, conférences...

A l’heure des budgets contenus, la culture devrait être le parent pauvre des politiques municipales ? À d’autres.

Aller dire à Jean-Marc La Piana, adjoint à la culture, que l’argent est le nerf de la guerre, c’est se voir répondre tout de go que sans l’engagement des hommes et des femmes au quotidien, on ne va pas bien loin . Et il est vrai qu’une nouvelle fois pour 2017, dans un contexte budgétaire difficile, le secteur culturel, la médiathèque, les écoles d’arts et de musique, se sont retroussés les manches pour offrir de quoi se divertir et apprendre pour tous les goûts.

DES TÊTES D’AFFICHE AUX ARTISTES AMATEURS

Pour ces premiers mois, la programmation compte trois belles têtes d’affiche.

Le 18 mars, Aurélie Cabrel, fille d’un chanteur français “assez” connu en France nous dit-on dans l’oreillette, viendra chanter l’amour, munie de deux albums et d’un joli pep’s.

Marc Pistolesi, lui aussi “fils de” (fils de boulangers gardannais  !) fera son retour dans sa ville avec Léonard, une pièce de théâtre directement inspirée des Gardannais le 3février.

Le 19 mai, les Wackids se déchaîneront sur la scène de la Maison du Peuple pour réinterpréter des standards du punk, rap, grunge, new-wave... avec les couleurs de Bioman et leurs instruments “géants.” Un show que les papas et les mamans ne manqueront pour rien au monde, sans oublier d’y amener leurs mômes dès 6 ans.

À l’autre bout de la lorgnette, car la Ville a toujours encouragé les pratiques amateurs, l’espace Bontemps continuera d’afficher les artistes du cru (vingt expositions par an !) parfois issus de l’école d’arts plastiques municipale, laquelle fera son salon Regard’arts du 8 au 13 mai pour exposer des oeuvres d’artiste de 3 à 107 ans, des crèches de Gardanne aux élèves les plus âgés de l’école.

CONFÉRENCES SCIENTIFIQUES

Concerts, théâtres, expos, jeune public, classique... difficile de tout citer, mais impossible de ne pas souligner une programmation de conférences particulièrement qualitative.

La médiathèque accueillera une demi-douzaine de ces rendez-vous d’ici fin mars ; qu’il s’agisse de découvrir les logiciels libres (le 31 janvier), d’interroger le lien entre nouvelles technologies et menaces sur la démocratie -une conférence en partenariat avec la Quadrature du net le 21 mars- ou de phosphorer autour d’un exposé de philo : Le tragique n’est-il qu’un indésirable intrus ? le 7 mars.

Vous pouvez retrouver le programme complet sur le site de la ville, www.ville-gardanne.fr et en version imprimée dans divers lieux publics de la ville ainsi que dans les structures concernées.

LES POINTS CLÉS

• La Ville milite pour une programmation culturelle riche et variée.

• Les spectacles vivants réunissent chaque année de 25 à 30000 spectateurs entre les spectacles en salles et les événements extérieurs organisés par le service Culture.

•Du côté de la médiathèque, c’est 248 jours d’ouverture annuels, 3426 emprunteurs, 100 événements publics avec 2700 participants et plus de 8000 pour les actions hors les murs.

• L’école d’arts plastiques réunit 260 inscrits, adultes et enfants, son “Salon des arts” annuel fédère un millier de personnes.

• L’école de Musique est elle aussi fortement impliquée dans la ville et compte 300 inscrits, adultes et enfants

QUESTIONS À Jean-Marc La Piana, Adjoint au Maire délégué à la culture

Énergies : Quel bilan étape effectuez-vous après deux années passées sur la délégation culturelle ?

Jean-Marc La Piana : Je pense que mon rôle est d’être là pour donner aux services municipaux les moyens de faire les choses. Certes, je peux donner un ton particulier, mais je suis plutôt dans la confiance, et je me suis vite rendu compte que c’était tout à fait possible.

J’ai rencontré des gens investis, compétents, d’autant plus qu’à mon arrivée j’ai dû leur annoncer que nous étions contraints de baisser le budget de 30 %. L’équipe a fait le job et ils ont essayé de construire un programme culturel qui tienne la route, avec de la créativité. L’argent, c’est une chose, on en a besoin.

Mais on peut en avoir et être incapable de faire des choses qui tiennent la route, comme on peut avoir moins d’argent et pouvoir continuer à faire émerger des choses. Évidemment, il y a peut-être moins de quantité, mais nous ne cessons jamais de travailler sur la qualité.

É. : Vous n’êtes jamais tenté de vous imposer ?

J-M L.P. : Non, car je considère que les agents municipaux concernés font ça depuis des années et connaissent mieux la fréquentation et les désirs de la population. En revanche je peux donner parfois un ton, faciliter certaines choses, comme la retransmission prochaine de l’opéra Carmen en plein-air en partenariat avec le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence.

Sachant que nombreux sont ceux qui veulent aider la ville. Gardanne jouit dans la Métropole d’une cote d’amour très élevée, grâce notamment à la personnalité du maire, Roger Meï.

É. : Lequel insiste de son côté sur l’importance de la culture scientifique, avec un gros projet de centre culturel au puits Morandat...

J-M L.P. : La question de la culture scientifique est un gros projet. On a aussi un avantage, c’est la situation de la ville dans le territoire, puisque la culture scientifique déborde largement au-delà de Gardanne, et en même temps c’est la seule ville où le sujet est autant avancé.

Cette culture scientifique est intégrée au projet Morandat, il y a des entreprises qui ont déjà commencé à s’installer, grâce à l’expertise de la Semag et le soutien de la Ville. C ‘est un partenariat vraiment extraordinaire auquel je crois très fort. Nous en avons la capacité, l’espace, l’énergie, cela va juste demander du temps.

POINTS DE VUE CROISÉS

Lawrence Caudie Directeur du secteur Culture et Vie associative

Le travail sur la culture, c’est quelque chose qui est en perpétuel mouvement, qui demande à nous, agents, de constamment nous adapter à nos publics. Il est effectivement beaucoup plus question de créativité que d’argent.

On arrive à faire des choses grâce aux équipes qui sont très impliquées, qui se posent toujours la question de se renouveler, de trouver l’étincelle. Le tout dans une sorte d’équilibre entre prise de risque et fidélisation du public.

La situation actuelle avec les budgets restreints donne peu droit à l’erreur. C’est une source de stress, mais ce n’est pas rédhibitoire. Le vrai blocage serait le manque d’envie, le manque de réponse du public... or j’insiste, l’envie des agents est toujours là et c’est le plus important.

Marc Pistolesi Comédien

J’ai grandi à Gardanne jusqu’à 19- 20 ans. La ville m’a inspiré la création théâtrale “Léonard” (vendredi 3 février à la Maison du Peuple, NdlR). Je ne nomme jamais la ville dans le spectacle, mais j’ai puisé dans mes souvenirs de fils de boulanger, au contact des bars, de la culture ouvrière, des manifestations de mineurs.

“Léonard” conte l’histoire d’un jeune homme qui hante le bar de ses parents morts dans une ville elle-même désertée après la fermeture de son industrie. Léonard ne se sent pas à sa place dans sa vie et reconvoque ses rêves d’enfants par l’intermédiaire d’un personnage imaginaire, M. Arnold, qui va l’aider à rebondir. C’est une pièce à la fois noire et optimiste.

Paul Giancaterina Directeur de l’école municipale de musique

Nous programmons huit rendezvous jusqu’en juin... mais tout aussi importants qu’ils soient, pour nous ces événements ne sont que la partie émergée d’un travail quotidien.

C’est l’occasion pour les élèves de mener un travail beaucoup plus fin que dans le cadre des cours (car il y a la pression, le trac de monter sur scène) et montrer à la population le travail qui est fait. Le tout à des prix défiant toute concurrence et dans une émulation que des leçons privées chez soi ne permettent évidemment pas.

Cette année il y a un rendez-vous plus particulier, “Un concert pour Dorian,” en hommage à un ancien élève de l’école atteint d’autisme sévère dont les soins sont très coûteux pour la famille. Les professeurs ont souhaité organiser une soirée dînerspectacle de soutien qui aura lieu le 25 mars.

 

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