Miquel Barcelo & Josef Nadj
Paso doble, un film de Bruno Delbonnel, d’après la performance donnée au Festival d’Avignon en 2006, avec le peintre Miquel Barcelo et le chorégraphe Josef Nadj
Les Poissons Volants / Festival d’Avignon / Institut Ramon Lull, 2006

Sur la scène, un mur de terre glaise. Deux hommes la boxent, la malaxent, s’y enfoncent, s’en recouvrent. Théâtre de la cruauté, performance physique, transe fascinante, l’œuvre se fait et se défait sous nos yeux, dans une violence créatrice extrême, née de la boue originelle. Dont finissent par faire partie les deux créateurs eux-mêmes, le peintre Miquel Barcelo, et le danseur Josef Nadj, victime consentante de l’ogre catalan.
Hywel Davies
100 nouveaux créateurs de mode
Editions Pyramyd

Se vêtir aussi est un art. Et comme tout art, la mode a ses anciens et ses modernes. Ses Coco Chanel et ses Yves Saint-Laurent, ses Christian Lacroix et ses Garella. Mais la mode est aussi un métier …à la mode, avec ses innombrables jeunes stylistes, créant aux quatre coins du monde. Brouillant les pistes, bousculant les frontières entre masculin et féminin, entre orient et occident, entre kitch et classicisme. Hywel Davies nous en présente cent !
Régis Debray
Vie et mort de l’image (dvd)
un film réalisé par Pierre Desfons, d’après le livre de Régis Debray
Dans l’histoire des images, qui est aussi l’histoire du regard, le philosophe Régis Debray distingue trois grandes périodes. La première va de l’invention de l’écriture à celle de l’imprimerie. C’est l’ère des images divines, ou le temps des idoles. La seconde va de l’imprimerie à la télé couleurs. C’est l’époque du plaisir esthétique. En deux mots, l’ère de l’art. Avec la troisième, celle que nous vivons actuellement, est venu le temps des effets de réalité. C’est l’ère du visuel.
Un document passionnant, brassant toute l’histoire de l’art, pour donner du sens aux images que nous regardons. Qu’elles soient œuvres d’art reconnues comme telles, ou images dans lesquelles nous sommes pour ainsi dire noyés, dans nos vies de tous les jours.
Claude Lévêque
Le Grand Soir
Editions Flammarion

Un, allez jusqu’en Avignon. Deux, montez au dernier étage de l’hôtel particulier qui abrite la Collection Lambert. Trois, ouvrez la porte. Lumière rouge, remplissant intégralement l’espace. Pulsations sonores, comme s’échappant des murs. Ou pire : de vous-même. Néons, perte des repères visuels, vertige. Il est trop tard pour reculer, alors entrez. Vous êtes dans « J’ai rêvé d’un autre monde », une œuvre de Claude Lévêque. Pas devant, mais dedans ! Ou bien, empruntez. « Le Grand Soir », à la Médiathèque. Un livre sur l’oeuvre du même nom, de Claude Lévêque, représentant la France à la Biennale d’art contemporain de Venise 2009
Giuseppe Penone
Catalogue de l’exposition
Centre Georges Pompidou 2004
Au commencement, était l’arbre. A la fin, c’est une œuvre. Du Penone. Dont l’œuvre et l’arbre ne font souvent qu’un. Giuseppe Penone est l’un des artistes emblématiques de l’Arte Povera. Ou Art Pauvre. Pauvre, comme on l’a parfois cru, parce qu’utilisant souvent des matériaux naturels, comme l’arbre, justement, ou de récupération… Pauvre, parce que le temps de la réalisation matérielle de l’œuvre était parfois considéré comme l’œuvre elle-même, plus que l’objet achevé. Art pauvre aussi, parce que se revendiquant comme « attitude » face au marché de l’art et aux galeries, plus que mouvement artistique proprement dit. Mais regardons-le, cet arbre de Penone, exposé au Centre Pompidou, à l’occasion d’une grande rétrospective consacrée à l’artiste, en 2004… Art pauvre ? Pas si sûr…
Catalogue
Picasso Cézanne
Réunion des Musées Nationaux / Musée Granet

Tout grand peintre s’est un jour confronté aux maîtres qui l’ont précédé. Greco à Titien. Manet à Velazquez. Van Gogh à Millet. Et bien sûr, Picasso à Cézanne. Au point de s’approprier, jusque dans la mort, la Montagne Sainte-Victoire de son illustre prédécesseur. L’exposition du Musée Granet s’est achevée. Reste le catalogue de ce dialogue essentiel des œuvres, d’une génération à l’autre, et qui nourrit depuis toujours l’histoire de l’art.
Pablo Ruiz Picasso
Le Mystère Picasso, un film de Henry-Georges Clouzot (dvd)
Réunion des Musées nationaux, Arte Video
L’un des « mystères Picasso » réside dans l’évidence des oeuvres créées : quoi qu’il peigne, dessine, sculpte, assemble, ça tient debout ! Evidence qui passe bien sûr par une habileté diabolique et une inspiration de tous les instants. Mais peut-être surtout par une sûreté de trait absolue. Qui n’a alors rêvé de voir la main du maître à l’œuvre ? Ce fascinant petit film du cinéaste Henry-Georges Clouzot soulève un coin du voile.
Tim Richardson
Jardiniers d’Avant-Garde
Editions Actes-Sud

D’habitude, on réserve le mot Avant-Garde aux disciplines artistiques dites « nobles ». Comme la littérature, la musique, l’architecture ou le cinéma. C’est oublier un peu vite que modeler l’espace du jardin, qu’il soit potager ou d’agrément, privé ou public, urbain ou campagnard, c’est aussi un art. Avec ses architectes paysagistes, ses inventeurs de formes nouvelles, ses designers, ses conceptualistes ou ses minimalistes. Bref, avec ses artistes.
Jean Rustin
La peinture de Jean Rustin, un film de Isabelle Rèbre
Senso Films, Télessonne, 2007
Il est des œuvres considérables, mais rarement vues. Parce qu’elles font peur, et provoquent l’indignation, la honte ou le dégoût. Ou pire, l’hilarité. Jean Rustin peint la décrépitude des corps. Souvent, lorsque l’esprit vient à manquer. Lorsque l’asile, isole du monde, et donne à voir une autre image de soi. Jean Rustin peint la nudité des corps sans âge. Ou qui ont passé l’âge, soi-disant, de se montrer. Jean Rustin peint la nudité qu’on dit obscène, parce que sans alibi esthétique, sans bonne raison académique, et définitivement privée de mise en scène. Jean Rustin peint les corps comme ils sont, lorsque désir sexuel et plaisir immédiat, sur fond de cellule ou d’hôpital, ne font plus qu’un. Jean Rustin dit qu’il peint ce que tout le monde refuse de voir. Jean Rustin est un très grand peintre. Qu’il faut voir.
Daniel Spoerri
Daniel Spoerri, un film de Camille Guichard
Ministère de la Culture, 1998

Ancien danseur et chorégraphe, acteur, metteur en scène de théâtre, éditeur de poésie et poète lui-même, le roumain Daniel Isaak Feinstein, dit Daniel Spoerri, s’installe en France en 1959. Plasticien, il se pose en « recréateur » d’objets courants qu’il détourne de leur fonction et environnement premiers, pour en faire des œuvres à part entière. Tenté par une nouvelle approche artistique du réel, il adhère au mouvement des Nouveaux Réalistes, créé par le peintre Yves Klein. Cet inventeur de langages inédits qu’est Daniel Spoerri en devient vite l’un des artistes-phares, notamment avec ses Tableaux-Pièges , ses Détrompe-l’Oeil et ses Pièges à Mots .
Zhang Huan
Editions Phaidon

L’art contemporain, jusque dans ses oeuvres les plus radicales, notamment lorsqu’elles mettent en scène (et parfois en péril) le corps même de l’artiste, n’est pas l’apanage du seul monde occidental. On connaissait Orlan, Gina Pane ou les actionnistes viennois. Voici venir toute une génération d’artistes explorateurs de limites, venus d’un monde qu’on croyait voué aux arts dits traditionnels. Comme le performer/vidéaste chinois Zhang Huan. Exilé de son propre pays, il est vrai.








