Enfance

Bébés, le plaisir est dans l’assiette Energies 375 - Stéphane Conty

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Comme chaque année la Médiathèque a fêté les bébés lecteurs. Au menu de cette édition 2012 dont le thème était “des bébés bien dans leur assiette” figuraient dessins animés, ateliers, dégustations, spectacles et conférences. Un véritable régal pour les enfants... mais aussi pour les parents qui n’en ont pas raté une miette.

Du fait même de la thématique retenue, la cuvée 2012 de La fête des bébés-lecteurs a cette année donné lieu à une étroite coorganisation entre la Médiathèque et les services municipaux de la Petite-enfance et de la Restauration. Du 14 au 21 avril ils ont mis les petits plats dans les grands, alternant moments récréatifs pour les enfants et informatifs pour leurs parents, autour des questions d’alimentation et de santé pour les bébés. Une manifestation qui s’intègre d’ailleurs parfaitement dans le cadre de la charte du Programme national nutrition santé (PNNS) que la ville a signé cette même semaine (voir page 8).

Tout a débuté le samedi 14 avril à 10h30 avec la boîte à histoires, une animation régulièrement proposée par la Médiathèque durant laquelle une animatrice raconte des histoires aux enfants, qui a été reconduite le vendredi 20 avril avec une cession spécialement destinée aux enfants des crèches de la ville.

Les mardi 17 et jeudi 19 avril, nos bambins ont pu se régaler d’une projection de dessins animés, ainsi que d’un spectacle le mercredi 18 avril. Intitulé À la bonne soupe, il s’est poursuivi par un Kim goût pour les enfants de la crèche La souris verte qui leur a permis de découvrir de nouvelles saveurs.

Le samedi 21 avril a été l’occasion pour les parents d’approfondir leurs connaissances sur tout ce qui touche à l’alimentation de leurs enfants. Dans la matinée, une conférence intitulée Les bébés ont du goût a été co-animée par Christelle Tiberge, diététicienne du service Restauration de la commune et Véronique Moussier, éducatrice de jeunes enfants.

« Ce matin nous allons parler du goût comme facteur d’éveil des tout-petits. Initier les enfants au goût c’est leur permettre d’apprendre à savourer, à apprécier et à reconaître ce qu’ils mangent. L’enfant mange pour calmer sa faim et parce que c’est bon, pas pour sa santé. Il est physiologiquement attiré par le sucre. Au départ il va apprécier les saveurs simples, puis va développer son goût pour les saveurs plus subtiles et plus complexes. Plus un enfant aura eu accès à une large palette d’aliments, de textures et de saveurs, et plus son alimentation sera variée une fois adulte, » a ainsi expliqué Christelle Tiberge.

Elle a ensuite abordé la question de la qualité des aliments et de ses conséquences pour l’enfant. « En 1960 environ 20 % de l’alimentation d’une famille française était d’origine industrielle, aujourd’hui ce chiffre est de 80%. Dans ce type d’alimentation, souvent très salée ou très sucrée, beaucoup de produits ont des goûts très proches. Dans notre société d’abondance alimentaire, malgré la qualité des aliments, l’alimentation est devenue un enjeu de santé publique. J’encourage les gens à privilégier la cuisine de choses simples, ce qui permettra aussi d’éviter à l’enfant d’avoir un goût trop formaté et de limiter son répertoire alimentaire. »

Véronique Moussier a pour sa part détaillé l’évolution sensorielle de l’enfant par rapport au goût, et quelle conduite est conseillée pour les parents vis à vis de leur enfant. « Il ne faut pas hésiter à être original et à proposer de tout. Il faut diversifier le goût, les textures, les saveurs. Il faut aussi solliciter très tôt la mastication. Il est également important d’avoir une attitude neutre lorsqu’on propose un aliment à l’enfant, ne pas être négatif ou trop en faire dans le positif. Enfin, il faut laisser l’enfant toucher et manipuler les aliments, c’est une étape dont il a besoin. »

Interrogée par des parents présents sur la manière de faire face à certains comportements des enfants, Christelle Tiberge a précisé que « vers 3 ans on note souvent chez les enfants une tendance à refuser de goûter ce qu’ils ne connaissent pas. Ça arrive c’est normal, ça s’appelle de la néophobie alimentaire. En grandissant ils redeviennent curieux par rapport à l’alimentation. Ce n’est pas grave non plus si l’enfant ne mange pas un repas ou s’il ne veut pas de légumes pendant une petite période. Ça doit rester une question de faim, pas de goût. Donc, s’il ne veut que le dessert, il faut lui faire comprendre que soit il a faim et il doit manger un peu de tout, soit il n’a pas faim et donc le dessert n’est pas nécessaire. Plus les parents paraissent détachés vis à vis des questions alimentaires, et plus vite l’enfant cessera ce type de comportement. De même, avant 6 ans l’enfant n’est pas en capacité de choisir son dessert par exemple. Donc il ne faut pas le lui proposer. »

L’après-midi du samedi 21 avril place à la pratique avec les trucs et astuces de Sébastien Marquet, chef cuisinier, lors d’un débat-dégustation intitulé De la carotte à la mousse... d’un goût à l’autre. Pour l’occasion l’auditorium de la Médiathèque a été transformé en cuisine et décoré d’ustensiles de cuisine et de cagettes de carottes. Était également présent Patrice Pilati qui réalise de magnifiques sculptures sur légumes, tel un pingouin plus vrai que nature sculpté dans une aubergine. Sébastien Marquet a cuisiné plusieurs préparations à base de carottes, depuis les carottes râpées nature puis agrémentées d’épices, jusqu’à la confiture de carottes, en passant par la brunoise, la purée ou encore la mousse.

L’assistance, petits et grands, a ensuite été invitée à goûter chaque plat afin de bien voir comment les goûts peuvent varier suivant la préparation à partir d’un même aliment de base. Et force est de constater à leur mine réjouie, que les bébés ne sont pas les derniers à apprécier la formule. Qui a dit que les enfants n’aimaient pas les légumes ?