Alteo : le maire écrit à Ségolène Royal

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Vendredi 19 septembre, Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a reçu le responsable de l’entreprise Altéo, (ex-Péchiney) qui a demandé l’autorisation de déverser les résidus liquides de l’exploitation d’alumine dans la Méditerranée, au large de Cassis.
Autorisation donnée par le Parc national des Calanques et aujourd’hui remise en cause par Madame la Ministre.
Le maire de Gardanne Roger Meï a envoyé une lettre ouverte Ségolène Royal, (texte ci-dessous) défendant une démarche de co-préservation de l’environnement et des emplois avec l’industriel. Son point de vue est partagé par le député EELV, François-Michel Lambert.

 
 

Lettre de Roger Meï, maire de Gardanne, à Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

Le 22 septembre 2014

 

Madame la Ministre,

Il y a 20 ans, avec Corinne Lepage, alors Ministre de l’environnement, nous avions obtenu un délai pour que l’arrêt du rejet des boues rouges de l’usine Pechiney dans la baie de Cassis soit fixé en 2015. Cette décision permettait à une industrie de poursuivre sa recherche pour devenir un leader dans le domaine des alumines techniques et donc de pérenniser les emplois ; mais également de forcer Pechiney à investir pour préserver l’environnement.

La municipalité a toujours fait pression sur les entreprises pour que l’environnement soit pris en compte. C’est grâce à cette attitude systématique que nous avons obtenu par exemple la technologie du lit fluidisé à la centrale thermique avec la désulfurisation des fumées, et que deux filtres presse (bientôt, un troisième) vont permettre à Alteo de séparer les matières solides des liquides pour ne rejeter que des eaux dans la baie de Cassis.

D’énormes progrès ont été réalisés, des investissements conséquents ont été engagés pour que le process industriel d’Alteo perdure et que les 700 emplois du bassin soient préservés.

Préserver environnement et emplois, travailler ensemble

La ville de Gardanne soutient Alteo et l’incite à développer la recherche et les partenariats (y compris avec la centrale thermique), pour que les résidus d’exploitation de l’usine ne soient plus rejetés en mer. Aujourd’hui, des débouchés existent pour ces résidus solides : comme matériau de couverture ou de filtrage, la bauxaline présente aujourd’hui une belle perspective de revalorisation respectueuse de l’environnement et des hommes et de leur emplois, qui nous semblent aujourd’hui aussi cruciaux que la préservation de la planète.

Bien sûr, vous avez raison de demander que l’on tende vers zéro émission de métaux lourds et d’arsenic dans les eaux de Cassis. Mais l’exiger immédiatement c’est contraindre Alteo à mettre la clef sous la porte.

Madame la Ministre, poursuivons ensemble notre pression sur les industries pour qu’elles intègrent l’environnement, mais dans un délai raisonnable économiquement, comme l’ont compris la majorité des membres du parc national des calanques et le député Europe Ecologie les Verts François-Michel Lambert.

Je soutiens votre démarche et je vous invite, comme vous l’avez fait pour Cassis à venir prendre connaissance du dossier à Gardanne.

Pourquoi pas à l’occasion des 120 ans de l’usine cette année ?